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Test dvd

Le Christ interdit

DVD - Région 2
Tamasa
Parution : 3 / 4 / 2012

Image

Tamasa a disposé d’une copie splendidement restaurée, offrant une image de très grande qualité. La photographie de Gabor Pogany, des plus élaborées, est restituée au mieux. Il en va ainsi lors des séquences nocturnes voyant Bruno évoluer dans la semi-obscurité des ruelles de son village ou dans la pénombre du souterrain où se tient la célébration païenne des vendanges. Et le DVD reproduit de manière tout aussi réussie et nuancée les plans diurnes, pourtant parfois violemment illuminés par le soleil toscan. Tout au plus signalera-t-on de légers effets d’escalier à l’occasion de certains travellings latéraux. Mais heureusement ponctuels, ces légers défauts ne remettent pas en cause le plaisir visuel procuré par ce DVD.

Son

La bande-son, elle aussi restaurée, s’avère globalement fort satisfaisante. Dialogues et musique - composée par Curzio Malaparte lui-même, maître d’œuvre quasi-total de ce Christ interdit - sont pour l’essentiel clairs et exempts de souffle. Et si certains des échanges entre les comédiens sonnent parfois de manière un peu caverneuse, la faute en incombe sans doute plutôt à la prise de son d’alors - en postsynchronisation - qu’au DVD lui-même.

Suppléments

Si l’on se félicitera que Tamasa mette à la disposition du public français un film rare, qui plus est dans de très bonnes conditions techniques, on pourra en revanche regretter le caractère pour le moins succinct des suppléments. Ceux-ci se limitent à un diaporama, combinant photos de tournage et affiches du Christ interdit, ainsi qu’aux filmographies des principaux interprètes. Mais ces maigres bonus audiovisuels sont heureusement complétés par un bon livret intitulé Le regard de Jean A. Gili. Le critique de Positif, spécialiste reconnu du cinéma italien, offre en une douzaine de pages richement illustrées une éclairante synthèse sur le film de Curzio Malaparte. Jean A. Gili y évoque aussi bien la genèse du Christ interdit que sa réception pour le moins polémique, en Italie comme en France, et ses principales caractéristiques formelles et thématiques. À propos des premières, il salue « un style baroque fait de travellings et de cadrages audacieux » tandis que, concernant les secondes, il voit dans Le Christ interdit « une œuvre étrange dans laquelle se lisent les contradictions de lendemains de guerre sans apaisement possible. »

Par Pierre Charrel - le 9 mai 2012