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Test dvd

La Rue rouge

DVD - Région 2
Carlotta
Parution : 4 / 6 / 2008

Image

Tombé dans le domaine public et ainsi libre de droit, La Rue rouge n’avait pendant longtemps pas été la priorité des éditeurs, et des copies médiocres s’étaient donc multipliées, y compris sur le net ; copies qui, si elles permettaient de découvrir le film, n’en étaient pas à la hauteur. Cela semble sur le point de changer, et en attendant d’éventuelles éditions concurrentes, Carlotta livre - fidèle à son habitude - une édition référence de très belle tenue. S’il subsiste ponctuellement des raies ou des griffures, le master restauré est d’une grande propreté, la définition n’y est que rarement prise en défaut et quelques scènes en particulier proposent une image véritablement de toute beauté.

Son

Le film n’est visible qu’en version originale sous-titrée français. Là encore, d’une grande propreté, la bande-son ne souffre aucun défaut notable, si ce n’est quelques ondulations mineures. En particulier, dans les scènes finales où Christopher est hanté par les murmures de Kitty, le rendu est assez saisissant.

Suppléments

Un premier supplément est consacré à la restauration du film : le master de cette édition a été fabriqué à partir d’un élément nitrate conservé à la Bibliothèque du Congrès américain, qui fut ensuite entièrement restauré. Sans autre commentaire qu’une image qui parle d’elle-même, sont proposés successivement un extrait avec image et son non restaurés (la copie n’étant d’ailleurs pas exécrable) ; un comparatif sous forme de split-screen entre les images avant et après restauration (de nombreux cadres rouges venant souligner les imperfections du matériau initial) qui permet d’apprécier l’incontestable gain de contraste et de netteté ; et enfin le même extrait avec image et son restaurés.

Du coup, la bande-annonce française - tirée d’un contretype sans trucage pour le moins brut - permet de mesurer l’étendue du chemin parcouru jusqu’à la copie restaurée. Son qui grésille et image jaunasse épouvantable, elle devient quasi-irregardable pour qui a jeté un œil au bonus précédent. D’autant que les doublages et les commentaires au lyrisme désuet ne font que renforcer l’obsolescence d’un supplément qui n’a guère pour lui que l’argument du pittoresque.

Bien plus copieux, et conformément à son admirable usage, Carlotta propose sur cette édition une remarquable analyse du film, La Trivialité stylisée, signée Serge Chauvin (maître de conférences à Paris X) lequel fait preuve d’une incontestable pédagogie pour aborder tour à tour la production du film, ses différences avec le film de Renoir, et cette étrange oscillation entre la trivialité et la stylisation qui fait tout le sel de l’œuvre. Le regard est pertinent, l’élocution claire, et le supplément joliment réalisé.

Enfin, les crédits du DVD sont accessibles sur le menu des suppléments en allant dans le coin inférieur gauche du portrait de Kitty.

Par Antoine Royer - le 13 décembre 2009