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Test dvd

La Planète des singes

DVD - Région 2
FPE
Parution : 27 / 2 / 2002

Image

Alors que nos yeux sont désormais habitués à la haute définition, ainsi qu'aux restaurations récentes que même les DVD actuels parviennent peu ou prou à retranscrire (à condition d'être correctement réalisés), que peut nous inspirer aujourd'hui un master numérique SD datant de quinze ans ? Surtout s'agissant d'une gros spectacle hollywoodien des années 2000. Lors de sa sortie, ce disque de La Planète des singes représentait le nec plus ultra de l'offre DVD. Force est d'avouer que si l'on a fait bien du chemin depuis, la qualité technique reste au rendez-vous avec certes toutes les limitations du support (comme l'usage de l'accentuation des contours et la compression bien visible en basse lumière). En revanche, la copie est propre, les contrastes bien charpentés (même si l'on perd du détail dans les ombres), la définition aux petits oignons (pour un DVD) et les nuances de couleur toujours impeccablement rendues. De la belle ouvrage en somme, même si aujourd'hui un master plus récent rendrait davantage justice au film de Tim Burton (mais celui-ci en a-t-il réellement besoin, c'est une autre affaire).

Son

Les spectateurs coutumiers des pistes HD pétaradantes des blockbusters actuels auraient pu se sentir lésés à l'écoute des trois pistes multicanales proposées, il n'en est rien ou presque. Quinze ans après, les bande-son de ce DVD - Dolby Digital 5.1 pour la VO et Dolby Digital 5.1 et DTS 5.1 pour la VF -, claires et dynamiques,  impressionnent toujours autant. C'est un festival d'effets sonores en tous genres qui nous arrive aux oreilles et nous enveloppe pour permettre une expérience immersive de haute tenue. De même, la musique composée par Danny Elfman, avec ses percussions constantes et ses instrumentalisations métalliques, profite à plein de ces mixages. En 2002, les technophiles exigeaient la présence d'une piste DTS pour leur langue et les éditeurs, quand ils réagissaient, offraient souvent ce mixage prioritairement destiné à la version française ; et les cinéphiles frustrés, qui se contentaient du Dolby Digital, faisaient la moue. Aujourd'hui, on est loin de ce débat suranné. Mais il était vrai qu'une piste DTS plein débit surpassait alors sa concurrente en Dolby Digital mi-débit. Qu'en est-il ici ? Certes, la bande-son VF DTS offre un peu plus de précision et de détail dans ses effets (à condition de posséder un équipement sonore performant) mais il faut accepter un doublage qui ne permet pas le même équilibre que la VO. De plus, celle-ci ne démérite absolument pas dans son rendu multicanal et peu de spectateurs sentiront de différences à ce niveau.

Suppléments

Si l'on a choisi des tester le DVD du film plutôt qu'un Blu-ray, c'est que les disques haute définition ont hélas fait l'impasse (quasiment) sur les très nombreux suppléments que proposait cette magnifique édition collector 2 DVD. En 2002, nous étions encore à la grande époque du DVD, ce nouveau format qui stupéfiait les cinéphiles par ses qualités techniques et ses choix éditoriaux. Les grands éditeurs proposaient des bonus à tire-larigot et basaient une grande part de leur communication sur le "gavage" de disques. Ce collector aux menus 3D et à l'interactivité impressionnante faisait alors partie des meilleurs DVD du marché, et ce n'est pas sans une certaine nostalgie que nous nous y sommes replongés le temps de ce test technique.

DVD 1

Vision Plus
L'activation de cette option génère l'affichage de vignettes pendant la lecture du film. Ces vignettes permettent d'accéder à diverses informations sur la conception de La Planète des singes. Il s'agit de quelques vidéos constituées d'interviews - principalement - et d'images du tournage en version originale avec sous-titres optionnels. Une fois, le film s'interrompt pour laisser apparaître un court module vidéo (en 4/3) de 3 minutes concernant l'élaboration de la scène de crash du pod. On compte en tout une vingtaine de vignettes sur toute la durée du film, la plupart ayant un intérêt franchement très limité. Bref, il vaut mieux se reporter directement sur les compléments du second disque du DVD.


Commentaire audio du réalisateur Tim Burton (VOST)
On connaît la réputation peu flatteuse du cinéaste en matière de commentaire audio. Celui enregistré pour La Planète des singes ne fait pas exception à la règle. Entre plusieurs blancs, Burton se montre généralement très vague sur ses explications et peu à l'aise dans l'exercice oral. Même ses tentatives d'humour tombent souvent à plat. On n'apprend finalement pas grand-chose dans ce bonus et l'on pourra aisément sans passer.

Commentaire audio du compositeur Danny Elfman (VOST)
Le camarade fidèle du réalisateur semble bien plus à l'aise et plus disert dans la pratique de cet exercice. Même parsemé de trous, son commentaire parvient à livrer des informations intéressantes sur le travail de l'artiste, sur ses choix musicaux et les instrumentations, ainsi que sur sa collaboration (en général et sur ce film) avec Tim Burton.

En bonus caché au centre de la page des commentaires, on trouvera un module de 43 secondes censé être un commentaire audio exécuté par des primates. Il s'agit en fait de cris de singes montés sur quelques images du film, que les animaux taquins font avancer à la façon d'une touche forward d'un magnétoscope (une idée inspirée d'un gag conçu par Joe Dante pour ses Gremlins). Amusant et heureusement court car évidemment sans aucun intérêt sinon de surprendre.

Cast & Crew Profiles
Le bouton cast nous amène à des brèves biographies (en anglais) de 13 comédiens du film. Sur les pages de trois comédiens (Estella Warren, Erick Avari et Luke Eberl), on peut accéder à un extrait de leur première audition. Linda Harrison, Glenn Shadix et Charlton Heston n'ont droit, quant à eux, qu'à de simples filmographies. Le bouton crew nous amène à la page de l'équipe du film, avec accès aux filmographies (en anglais) des 12 membres.

DVD 2

LES COULISSES DU TOURNAGE : DE L'HOMME AU SINGE (4/3 - DD 2.0 - VOST - 2001)
Ce long making of d'environ 1 h 45 min, écrit et produit par David Prior, est ici décomposé en sept segments thématiques consultables indépendamment. Il s'avère très riche en images de tournage.

- L'Académie des singes (24 min 11)
Cette section se concentre sur l'entraînement des acteurs, qui est destiné à leur faire acquérir la gestuelle et les comportements des primates. A cet effet, une "école de singes pour humains" a même été créée. De nombreuses images montrent les principaux comédiens s'entraîner (tant avec sérieux qu'avec humour) sous la direction de Terry Notary. On apprend qu'environ 150 figurants ont été sélectionnés pour devenir des singes, et l'on assiste à leur apprentissage puis à leurs répétitions sur les lieux extérieurs du tournage (avant puis après leur transformation grâce au maquillage et aux costumes). Ce document nous montre également deux dresseurs travailler avec les chimpanzés pour qu'ils se familiarisent avec les costumes, les accessoires et les décors du film. Sont interviewés Terry Notary (cascadeur et entraîneur), les acteurs Paul Giamatti et Helena Bonham Carter, Charlie Croughwell (coordinateur des cascades) et les dresseurs de singes Mike Alexander et Nerissa Politzer.


- Ressembler à un singe (29 min 47)
Ce module est consacré à l'incroyable travail accompli par Rick Baker et son équipe au sein de son atelier. Le grand chef maquilleur nous explique son approche (le choix des comédiens, le naturalisme, la priorité donnée au jeu d'acteur) et se dévoile comme un grand passionné qui entend surpasser les superbes maquillage du film original. On découvre plusieurs étapes de la création des maquillages (le moulage de la tête des acteurs, les sculptures, les finitions, les mains, les dents). Puis on assiste aux séances de maquillage de nuit (avant le tournage) vécues par les acteurs Tagawa et Giamatti (d'une durée de 4 heures !) Enfin, on suit le préparation et le tournage de la scène de la bataille finale, avant le retour dans la loge pour une séance d'une heure de démaquillage. Un document particulièrement instructif et richement illustré. Sont interviewés Rick Baker, Tim Burton et les comédiens Michael Clarke Duncan, Helena Bonham Carter et Cary Tagawa.


- Singes et haute couture (6 min 34)
Colleen Atwood, la créatrice des costumes, nous donne ici un aperçu de son travail. Nous sont proposés des extraits des essais costumes de Mark Whalberg et des essais costumes et maquillages de Helena Bonham Carter. On nous montre aussi la transformation de la tenue d'astronaute, l'évolution du look d'Ari durant le processus de création et l'élaboration de l'armure des singes. Ce département a été incroyablement actif puisqu'un millier de costumes ont dû être fabriqués en l'espace de 4 mois. Atwood nous parle enfin de sa collaboration avec Tim Burton et de leurs échanges d'idées particulièrement constructifs.

- Tests à l'écran
Ce bonus est constitué de 5 courts modules : Essais de maquillage (3 min 39), Bouts d'essais en groupe (2 min 33), Tests de mouvement (1 min 45), Essais de costumes (1 min 32) et Essais de cascades (4 min 15 - sur la musique originelle de Jerry Goldsmith). Complémentaires des documents proposés ci-dessus, ces tests sont aussi des moments propices à beaucoup d'humour de la part des comédiens.


- La symphonie des chimpanzés - "Opus 37" (9 min 41)
Nous sont proposées ici des images du 1er jour d'enregistrement de la musique du film par l'orchestre du studio, en présence de Danny Elfman qui donne de nombreux conseils et oriente les musiciens sur le rendu qu'il attend. Le compositeur, interviewé, nous parle de l'approche émotionnelle et viscérale de Tim Burton, proche de la sienne, des ses choix de composition (avec des cuivres et beaucoup de percussions) et de l'utilisation d'objets insolites pour donner un tonalité métallique à sa bande originale. Sans surprise, Elfman nous entretient de sa passion pour la composition de génériques marquants, et témoigne enfin de l'énorme respect qu'il éprouve pour la musique ultramoderne et intemporelle de Jerry Goldsmith. Ce document, hélas trop court, permet un peu de voir comment prend forme la musique à son dernier stade.

- En extérieur : le lac Powell (12 min)
Cette section nous amène en novembre 2000 au lac Powell, là où a été tourné le début de La Planète des singes de 1967, comme un hommage voulu par l'équipe de la nouvelle version. Sont abordés le ressenti par rapport à ce paysage particulier, l'organisation complexe du tournage sur cet endroit éloigné uniquement accessible par l'eau. On observe Tim Burton travailler et diriger les comédiens, en particulier lors des tournages de jour et de nuit du raid sur le campement. Sont interviewés le producteur Ralph Winter, les acteurs Luke Eberl, Michael Clarke Duncan, Mark Whalberg et Tim Roth, et le chef décorateur Rick Heinrichs. Ce document est particulièrement intéressant et propose de nombreuses images du cinéaste au travail. On aurait pourtant souhaité l'entendre sur ses choix de mise en scène, ainsi que le chef opérateur français Philippe Rousselot que l'on ne fait qu'apercevoir.


- Se balancer de branche en branche (9 min 34)
Ce dernier segment aborde l'entraînement et les techniques permettant les déplacements spectaculaires des primates, comme les sauts avec câbles et divers dispositifs servant à lancer les singes. On y aborde donc principalement l'élaboration de la gestuelle et des mouvements des singes dans les scènes d'action ; on apprend d'ailleurs une technique assez ingénieuse basée sur l'utilisation de tapis mobiles pour accélérer les déplacements à quatre pattes. A noter que de nombreuses images font doublon avec celles contenues dans le quatrième segment de ce long making of. Sont interviewés Terry Notary (cascadeur et entraîneur), Charlie Croughwell (coordinateur des cascades) et Sonny Tipton (cascadeur et entraîneur).

DOCUMENTS MULTI-ANGLES

Parmi les nouveaux gadgets qui enflammaient la planète DVD, l'option multi-angles était l'une des plus étonnantes, même si rares étaient les éditeurs à en tirer vraiment profit. Ici quatre séquences son présentées en multi-angles : Chez Limbo, La maison de Sandar, Evasion de la Cité des Singes et Dans la forêt. Chaque page correspondante à ces quatre séquences propose de un à trois extraits avec quatre options de consultation : la lecture multi-angles / des photos de production / la scène du film / le script. La lecture multi-angles permet de choisir plusieurs vues (l'une étant la juxtaposition des deux ou trois autres). Dans le cas présent, ces documents multi-angles permettent de jongler entre plusieurs points de vue durant le tournage (dont celui du réalisateur).

SCENES INTEGRALES

Cette section propose cinq séquences du film dans leur intégralité, c'est-à-dire avant qu'elles aient été raccourcies au montage. Elles sont issues d'une copie de travail étalonnée mais avec les dialogues comme seule piste sonore. Leurs appellations sont les suivantes : Le décollage du singe (1 min 13), Le dîner (1 min 17), Tuez-les tous (58 s), Ari dans les arbres (41 s) et C'est un chimpanzé (54 s). Pour dire les choses honnêtement, ces bouts de scènes n'ont aucun intérêt.

OUTILS PROMOTIONNELS

- Clip "Domptez la planète - Remix" sur un thème de Danny Elfman remixé par Paul Oakenfold.
- Bandes-annonces et spots TV. On trouve ici une pré-bande-annonce (1 min 02), un film-annonce (2 min 19) et six spots télés de La Planète des singes, une bande-annonce du coffret CBS/Fox de la saga originale en vidéo (2 min 43), ainsi que la bande-annonce de Moulin Rouge (2 min 28) et un teaser de Docteur Dolittle 2 (32 s).
- Affiches et dossier de presse. Cette section comporte 4 affiches en petit format (sans intérêt) et surtout de le dossier de presse (en anglais) sur une cinquantaine de pages.
- Promotion de la B.O. Il s'agit d'un clip promotionnel de 34 s présentant la bande originale du film.

GALERIE

Cette section comporte plusieurs galeries d'images fixes consacrées d'une part à des scènes et de l'autre à des accessoires. On y trouve des esquisses, des croquis, des dessins de production des éléments de story-boards et des photos. Cette dernière partie des suppléments est très impressionnante puisqu'elle contient des centaines de documents. On regrettera seulement que ces derniers ne soient pas présentés en mode plein écran...

Par Ronny Chester - le 3 avril 2017

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