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Test dvd

L'Étrangleur de Boston

DVD - Région 2
Carlotta
Parution : 17 / 4 / 2013

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L’Étrangleur de Boston a été édité une première fois en DVD en 2004 par 20th Century Fox dans sa collection Classics. Après comparaison entre cette précédente version et celle proposée par Carlotta, on avoue ne pas constater de différence notoire entre le DVD de 2004 et celui désormais proposé par l’éditeur français. La copie proposée par ce dernier a manifestement été restaurée et s’avère globalement propre. Mais tel était déjà le cas pour ce qui est du DVD de la Fox. Sans doute les couleurs sont-elles un peu plus franches et un peu plus lumineuses sur le le DVD de Carlotta. Quant à la définition de ce millésime 2013 de L’Étrangleur de Boston, elle ne nous semble guère plus précise que celle - assez correcte - affichée par la version 2004. Et l’on tend à retrouver sur le DVD de Carlotta les mêmes (relatifs) défauts dont souffrait l’édition 2004. La séquence consacrée au dialogue nocturne entre Bottomly et son épouse souffre, par exemple, du même tremblement sur le DVD de la Fox et sur celui de Carlotta. Comme si ce dernier avait utilisé le même master... En bref : une transposition visuelle somme toute correcte de L’Étrangleur de Boston mais qui ne s’impose pas véritablement par rapport à sa précédente édition.

Son

Les deux bandes-son sont également propres et claires. Mais là encore, la différence par rapport à l’édition précédente du film ne saute pas véritablement aux oreilles. On préfèrera la version américaine, en stéréo, d’une présence plus affirmée que le doublage français (d’époque) en simple mono.

Suppléments

Hormis la bande-annonce américaine d’époque, Carlotta propose deux documentaires réalisés par Robert Fischer.

Le premier, intitulé L’écran schizophrène donne la parole pendant une quinzaine de minutes à William Friedkin. On y apprend que le réalisateur de French Connection, passionné par le cas DeSalvo qui inspira le film, fut pressenti pour réaliser L’Étrangleur de Boston. Mais Richard Fleischer lui fut finalement préféré car plus expérimenté, William Friedkin n’ayant alors réalisé qu’un seul long métrage. On avouera ne pas avoir été autrement passionné par l’intervention du cinéaste, oscillant entre l’enthousiasme hagiographique et des rappels historiques sur le fait-divers à la base du film. Notons tout de même un intéressant commentaire de William Friedkin sur l’utilisation par Fleischer, lors de la séquence finale de L’Étrangleur de Boston, d’images apparaissant à la manière de flashes visuels, formant ainsi des images quasi subliminales. William Friedkin croit y voir l’influence d’Alain Resnais qui utilisa ce type d’effet dans Nuit et Brouillard (1955) et Hiroshima mon amour (1959), établissant ainsi une intéressante filiation entre l’avant-garde cinématographique européenne et le Hollywood de la fin des années 60. William Friedkin précise en outre qu’il s’est lui-même inspiré de ce procédé dans L’Exorciste (1973), mettant ainsi à jour une seconde filiation, cette fois-ci entre le Hollywood classique incarné par le vétéran qu’était Richard Fleischer et le Nouvel Hollywood dont le réalisateur de French Connection fut un des représentants les plus fameux.

 

Le deuxième documentaire, Faux nez, vrai tueur, en apprendra beaucoup plus au spectateur désireux de percer quelques-uns des secrets de fabrication de cette singulière entreprise visuelle qu’est L’Étrangleur de Boston. Si l’on met de côté les propos dénués d’intérêt de Sally Kellerman - qui confesse avec franchise ne pas avoir revu le film depuis de longues années... - et les propos perpétuellement enthousiastes de Mark Fleischer (le fils de...), ceux du troisième intervenant sont des plus intéressants. Robert Fischer a en effet interviewé Richard H. Kline, le directeur de la photographie de L’Étrangleur de Boston. Encore alerte, le plus qu’octogénaire évoque avec précision aussi bien son travail de prise de vues pendant les deux mois que dura le tournage in situ à Boston que la mise en œuvre de la technique du split-screen, découverte par Richard Fleischer dans le cadre de l’Exposition Universelle de Montréal en 1967. Ces considérations techniques de Richard H. Kline font de ce Faux nez, vrai tueur un précieux complément à L’Étrangleur de Boston.


Concluons par un constat un peu étonné : si chacun des deux documentaires salue - à juste titre - la prestation hors normes de Tony Curtis dans L’Étrangleur de Boston, aucun de ces bonus n’évoque la composition - certes plus sobre mais à sa manière tout aussi impressionnante - de Henry Fonda, le grand absent de ces suppléments proposés par Carlotta…

Par Pierre Charrel - le 16 avril 2013