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Test dvd

Général Idi Amin Dada: Autoportrait, Koko, le gorille qui parle

DVD - Région 2
Carlotta
Parution : 3 / 10 / 2006

Image

Les deux films ne peuvent cacher leurs origines, à savoir le 16 mm, toutefois on ne peut se plaindre d’une présence excessive de grain, et surtout les couleurs sont éclatantes, rendant justice au travail de Nestor Almendros. On note ici et là quelques rayures, mais vraiment rien de très important.

Son

Général Idi Amin Dada est présenté en version anglaise, avec sous-titres lors des interviews d’Amin Dada, et un doublage français par-dessus la voix off du journaliste. Koko existe quant à lui dans deux versions ; l’une avec un commentaire en anglais, l’autre en français. C’est cette dernière, écrite par Barbet Schroeder et Marguerite Duras, qui est proposée ici – le reste du film étant bien entendu en version anglaise sous-titrée. Ces deux pistes sont proposées dans un mono d’origine tout à fait correct.

Suppléments

Disque 1 :

- L’Ouganda au Temps de Dada – 5 mn 29 : Un excellent bonus pour se rafraîchir la mémoire concernant l’histoire récente, à voir éventuellement avant le film de Barbet Schroeder ; cinq minutes illustrées de diapositives pour expliquer l’itinéraire d’Amin Dada et le contexte géopolitique de l’Ouganda. Concis et édifiant.

- Entretien avec Barbet Schroeder par Jean Douchet – 21 mn 02: Après avoir brièvement retracé le début de la carrière de Schroeder, Jean Douchet interroge le cinéaste sur les conditions de tournage d'Idi Amin Dada ; il explique qu’à l’origine il devait s’intégrer dans une série de portraits d’hommes d’Etat pour la télévision, d’une durée de 52 mn, mais qu’il espérait pouvoir en tirer plus, ce qui s’est concrétisé au-delà de toute espérance. Il évoque ensuite les pressions pour exiger des coupes qui, plus tard, seront réintégrées dans le film, ainsi que les violentes réactions d’extrémistes juifs et africains. Pour conclure, il explique qu’il ne sait toujours pas aujourd’hui dans quelle mesure Amin Dada était ou non fou.

- Idi Amin Dada, Général Ubuesque – 15 mn 30 : Auteur, entre autres, de Mobutu, Roi du Zaïre, le documentariste Thierry Michel décrypte la méthode de tournage de Barbet Schroeder, qu’il pose en précurseur de certaines émissions comme Striptease. Il explique ensuite qu’il s’est refusé à tout contact direct avec Mobutu pour ne pas risquer de perturber son enquête – son film est une biographie filmée, contrairement au film de Schroeder qui est un instantané portant sur quelques semaines. Il s’interroge enfin sur les différentes définitions de ‘cinéma vérité’.

Disque 2 :

- Entretien avec Barbet Schroeder par Jean Douchet – 18 mn 49 : Le réalisateur explique ici qu’à l’origine Koko devait être un film de fiction produit par Saul Zaentz ; mais ce dernier s’est heurté à des difficultés lorsque les propriétaires du gorille ont exigé un salaire aussi élevé que celui de Jack Nicholson dans Vol Au-dessus d’un Nid de Coucous. Fort heureusement, Schroeder avait commencé à tourner des images, il continua donc son film, mais cette fois sous l’angle documentaire, ce qui lui a également permis de ne pas s’encombrer d’une histoire et de se concentrer sur la question de la définition d’une personne qui le préoccupait essentiellement. Il nous informe également que Koko, en véritable star, était consciente de la présence de la caméra qu’elle allumait parfois elle-même.

- Koko Qui ? Que ? Quoi ? – 15 mn 43 : Frédéric Joulian, ethologue et enseignant à l’EHESS, nous parle de sa perception du film, et surtout de la façon dont le spectateur reçoit l’image de Koko. Cinéphile, il établit également un intéressant parrallèle entre le personnage d’Ann Darrow dans King Kong et celui de Penny Patterson. Il soulève le problème de l’anthropomorphisme : Koko est un hybride, élevé en milieu humain selon leurs valeurs, et n’a rien de commun avec un gorille issu d’un milieu ‘naturel’. Il dénonce également le problème de la démagogie dans le milieu de l’écologie, où l’on oublie des dizaines d’espèces menacées au profit d’une seule, plus facile à vendre. Et de conclure d’un « contre un Nicolas Hulot, il faut un Barbet Schroeder ».

- Bande-annonce – 1 mn 58 : bande-annonce en VF et en bon état.

Ces deux films font partie d’un coffret que Carlotta consacre à Barbet Schroeder, et qui comprend aussi Tricheurs (1984). Les trois disques sont présenté dans un beau digipack, joliement illustré.

Par Franck Suzanne - le 16 octobre 2006