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Test dvd

Fatty se déchaîne

DVD - Région 2
Tamasa
Parution : 28 / 3 / 2017

Image

Fatty se déchaîne est un programme composé de trois courts-métrages d'un peu plus de 20 minutes, réalisés entre 1917 et 1919 par Roscoe Arbuckle. Par, d'un côté, la grande ancienneté des films, et de l'autre, la diversité des provenances (les trois films ne sont pas issus du même type de support), il ne fallait pas forcément attendre de miracle, et de miracle, il n'y en a que peu, en effet, sur Fatty boucher, le premier film : l'image, très sombre, souffre d'une définition assez estompée, malgré la relative propreté de l'ensemble. Quelques plans - notamment des gros plans - sont de meilleure qualité dans la deuxième partie.

L'impression d'ensemble est meilleure sur le second segment, Fatty à la clinique, avec une image mieux définie et un rendu plus homogène, même si quelques scories demeurent inévitablement : la résolution d'un gag, par exemple, passe complètement à la trappe à cause de photogrammes manquants (la scène où Fatty "lévite", qui bascule immédiatement sur la bataille de polochons).

Le dernier film, Fatty amoureux, est celui qui a manifestement sollicité le plus de sources (les intertitres sont en danois !), et, pourtant, ne s'en tire pas trop mal. Quelques gros plans d'intérieur, en particulier, sont assez joliment définis.

Son

Plusieurs possibilités s'offrent : visionner les films tels qu'ils sont, c'est à dire totalement muets ; avec le simple ajout d'une voix off qui lit les intertitres (d'ailleurs, ceux-ci diffèrent parfois légèrement soit de ce qui est lu, soit des sous-titres) ; ou avec la partition originale composée pour l'occasion par Airelle Besson, jeune trompettiste de jazz notamment lauréate du Prix Django-Reinhardt de l'Académie du jazz en 2015.

Pour témoigner de notre propre réception, éminemment subjective, avouons avoir un peu tiqué, dans le premier film, sur le registre de cette partition, à la fois pour sa trop grande modernité (avec quelques scratchs pas forcément bienvenus) et son recours, parfois, au mickeymousing. Soit parce que les effets parasites sont ensuite moins présents, soit parce qu'on s'y est habitué, la suite nous a toutefois semblé assez plaisante, avec de jolis effets dans le troisième segment.

Suppléments

En supplément, un module intitulé Enorme ! (18 minutes), titre dont on ignore s'il s'agit d'une référence à la corpulence de Roscoe Arbuckle ou à l'enthousiasme de Serge Bromberg. Le créateur de Lobster Films y décrit le parcours mouvementé d'Arbuckle, quelques unes des caractéristiques de son style (par exemple la pratique du travestissement, assez courante à l'époque) puis finit par parler du processus qui a été mené pour retrouver et restaurer les films. Cette dernière partie est d'autant plus intéressante que Bromberg y pose un peu le ton : dans ce qui précède, il a parfois tendance à outrer ses mimiques ou à chercher des punch-lines les plus percutantes possibles, ce qui hache assez son propos.

L'autre module, Musique ! (13 minutes) met en lumière le travail d'accompagnement sonore d'Airelle Bresson, qui y parle de sa découverte d'Arbuckle, puis de ses intentions dans la mise en musique des aventures de celui-ci. 

Par Antoine Royer - le 28 mars 2017

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