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Test dvd

Espions sur la Tamise

DVD - Région 2
Carlotta
Parution : 4 / 7 / 2007

Image

Avec l’annonce d’un nouveau master restauré, on pouvait peut-être attendre mieux d’une copie qui, par instant, semble laisser le brouillard londonien s’insinuer… Mais ne faisons pas la fine bouche, l’image est globalement tout à fait acceptable, mettant en valeur la photo extrêmement contrastée d’Henry Sharp (qui fut le chef op’ de Leo McCarey et des Marx Brothers sur Soupe de Canard) et tout le travail d’opposition lumière/obscurité qui soutient le film.

Son

Très belle performance pour ce son mono d’une grande limpidité, qui permet de réaliser la spécificité "langienne" du traitement sonore, des bruits de fond démarrant ou s’effaçant de manière impromptue, comme pour projeter le spectateur avec les personnages dans des environnements nouveaux.
Le film n’est disponible qu’en version originale sous-titrée français, lesquels sous-titres se permettent parfois (rarement, soyons précis) d’occulter des éléments de dialogue pas toujours insignifiants, voire même des traductions infidèles (lors de la séance de spiritisme, les sous-titres sur les propos de la voix « d’outre-tombe » sont bien moins accusateurs envers Neale que la version audio : par exemple, « tu attendais la mort » au lieu de « you waited for me to die »…). Remarque évidemment anodine compte tenu de l’ampleur et de la qualité du travail sonore effectué à l’occasion de ce nettoyage de piste.

Suppléments

Carlotta préfère la qualité à la quantité, et le démontre une nouvelle fois ; le film n’est disponible qu’en version originale sous-titrée français (qu’il est possible de désactiver, mais tant pis pour ceux qui aiment mettre des sous-titres slovènes), n’offre aucun accès direct aux chapitres et ne présente « que » deux bonus.

Tout d’abord, une bande-annonce originale offrant un bel effort d’écriture, notamment dans ses premiers instants (par ailleurs, alors que le nom de Graham Greene - l’auteur du roman - s’y affiche sur tout l’écran, celui de Fritz Lang est relégué à un discret sous-titre). Mais surtout, L’esprit émietté, un documentaire analytique de vingt minutes écrit et réalisé par Jean Douchet, qui offre notamment une analyse poussée, tant géométrique que symbolique, du générique de début. Le phrasé de la voix-off ou le style parfois un peu emphatique de la prose pourront dans les premiers instants rebuter certains spectateurs, qui passeraient alors à côté d’un regard extrêmement pertinent sur plusieurs séquences (scène d’ouverture, fête foraine, salon de couture), replaçant et illustrant de nombreux éléments du film en perspective de certaines obsessions "langiennes" (les personnages « affrontés » au temps ; l’opposition cercle/carré ; l’implacable système logique «de cause à effet» ; les choix nécessaires entre logique fictionnelle et logique réelle…). Pour finir, toute la scène de recherche du gâteau disparu sur le lieu du bombardement est analysée de manières dramatique, narrative, symbolique, géométrique… dans une leçon illustrée d’une grande pédagogie. Du bonus fin, pertinent et pas anecdotique comme on aimerait en voir tout le temps… et partout !

Par Antoine Royer - le 31 juillet 2007