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Test dvd

Coffret Bresson 4DVD

DVD - Région 2
Mk2
Parution : 16 / 3 / 2005

Image

Les trois films ont vu leur copie restaurée pour la sortie DVD. Pour Pickpocket et Le Procès de Jeanne d’Arc, les masters sont ainsi d’une propreté irréprochable, exempts de tout défaut. La restauration de L’Argent n’est pas aussi satisfaisante, la copie présente à de nombreuses reprises des griffures ou encore des taches. Pour Pickpocket et Le Procès de Jeanne d’Arc, les contrastes sont bien appuyés. Pour L’Argent, il est difficile de bien se rendre compte de la qualité du contraste, tant la photo de De Santis et de Machuel est un travail d’à-plat qui n’a que peu d’équivalent dans le cinéma. Leur utilisation de la lumière qui tend à aplanir l’image du film, peut passer pour un défaut de compression. Il ne me semble pas que ce soit le cas, mais seuls les spectateurs de l’époque pourraient nous éclairer ! L’encodage et la définition des trois films sont très bons. Le transfert du Procès est tout particulièrement splendide.

Son

Les bandes-son des trois films, elles aussi restaurées, sont parfaites et l'on peut goûter le travail de Bresson dans tous ses détails et sa profondeur.


Suppléments

Suppléments de Pickpocket

Proposés sur un second disque, ils sont constitués de :

Interview de Robert Bresson (Cinépanorama, 1960, 6'20'').
France Roche et François Chalais présentent Bresson de la même manière, toujours convenue. Certains le portent aux nues, d’autres ne le comprennent pas. Heureusement la parole de Bresson est toujours là, dans sa limpidité et son évidence. Extraits : « Sentir un film avant de le comprendre, que les sens interviennent avant l’intelligence » , « Faire sentir cette atmosphère qui règne autour d’un voleur, cet air qui donne de l’angoisse, du malaise », « Cette horrible solitude dans laquelle s’enferme le voleur » , « Je me sens très seul, et je n’ai aucun plaisir à me sentir seul. »

Les Modèles de Pickpocket (2003, 52’).
Babette Mangolte part à la recherche des trois modèles de Bresson : Pierre Leymarie (Jacques), Marika Green (Jeanne) et Martin Lassalle (Michel). Dans ce documentaire passionnant réalisé à la manière d’un journal de bord, la réalisatrice partage en voix off ses impressions et explique la fabrication de son propre film tout autant que les rapports de Bresson avec ses acteurs. Chaque modèle raconte son travail avec le cinéaste et si Pierre Leymarie est celui qui a le plus de recul avec son rôle de modèle, Marika Green et surtout Martin Lassalle, sont sortis transformés à vie de cette expérience unique.

Autour de Pickpocket (13’).
Débat en présence de Marika Green, Paul Vecchiali et Jean-Pierre Améris suite à la projection du film au reflet Medicis en 2000. Si l’intervention de Marika Green est redondante avec celle du documentaire précédent, Vechialli et Améris défendent avec brio le cinéma de Bresson, son importance, sa finesse et sa force.

Kassagi : roi des pickpockets (La Piste aux étoiles, 12’).
Le spectacle du premier complice (le second étant Pierre Etaix) et maître de Michel dans Pickpocket. Un numéro de Music-Hall absolument bluffant de virtuosité.

Bande-annonce (2’27'').

Suppléments du proces de jeanne d'arc

Interview de Robert Bresson (Page cinéma, 1962, 5’10"").
Mené par Mario Beunat, cet entretien accompagne la sortie du film en 1962. Extraits : « En 1840, il y a déjà 500 ouvrages sur Jeanne d’Arc. Cinquante ans plus tard, ce chiffre a quintuplé (…) Jeanne d’Arc est un trésor inépuisable » ; « J’avais espoir de la rendre actuelle » ; « Elle était très élégante (…) je la voie comme une jeune fille de maintenant » ; « Je ne crois pas que jamais la complication et le désordre aient été une source d’émotion. je crois au contraire que quand on veut faire une œuvre, quand on lie plusieurs choses ensembles, il faut que ces choses soient nettoyées, très dépouillées » ; « Dans un film il faut croire au personnage, et non tantôt à l’acteur, tantôt au personnage. L’acteur est quelqu’un qui se cache continuellement derrière son jeu, derrière son art » ; « Le cinéma peut être autre chose qu’un moyen de photographie. Il peut être un moyen de découverte. »

Robert Bresson et Jean Guitton (1962, 4’10'').
Jean Guitton, historien membre de l’Académie Française, monopolise quelque peu la parole à côté d’un Robert Bresson très peu à l’aise.

Florence Delay (Le Jour du seigneur, 200, 20’).
Le modèle revient 40 ans après sur le lieu de tournage où ont été filmées les scènes dans la cellule. Elle explique son travail avec Bresson, explicite ses méthodes. Les souvenirs sont clairs, l’émotion sensible. La topographie des lieux compte beaucoup dans ces souvenirs, marquant l’importance que Bresson accordait à chaque élément. Elle glisse ensuite sur sa vision de Jeanne d’Arc. Ce qui l’a marqué tout d’abord, c’est la familiarité de Jeanne avec le monde des saints, la manière dont elle décrit leurs apparitions comme quelque chose de complètement naturel. Elle parle ensuite de ce qu’évoque pour elle la sainteté.

Georges Duby et Laure Adler (Les Brûlures de l’histoire, extraits, 39’).
Cet interview se consacre uniquement à l’Histoire et n’évoque à aucun moment le film de Bresson. Pour passionnés seulement.

Discours d’André Malraux (1961, 21'). Dans ce discours radiophonique, Malraux retrace l’histoire de Jeanne d’Arc.

Bande-annonce (2’20’').
« Ce n’est pas seulement le procès de Jeanne qui se joue, mais tous les procès perdus d’avance au tribunal de l’histoire. C’est une contestation des juges, de la justice, du concept même du procès. » Ce texte défile tandis que la première scène du film se déroule, où la mère de Jeanne vient accuser le jugement et la condamnation de sa fille.

Suppléments de l'argent

Interview de Robert Bresson (TF1, 1983, 6’15’’).
Dans son introduction du sujet pour le journal de TF1, sujet qui accompagne la présentation du film à Cannes, Jean-Claude Bourret prévient le spectateur : « Bresson a choisi de mettre lui-même en scène l’interview, aussi ne soyez pas surpris par certains cadrages ou plans fixes. » Mené par Serge Daney, Serge Toubiana et Pierre André Bouton, cet entretien voit Robert Bresson parler avec virtuosité et précision de son travail de cinéaste. Extraits : « Je cherche le réel, une impression de réel » ; « Les acteurs de théâtre sont excellents, mais il n’y a aucun rapport avec le cinéma ! Ce rapport est artificiel, ce n’est pas le même travail » ; « Je fais exprès la veille de ne pas savoir ce que je vais faire le lendemain. Pour que j’ai une impression très forte ou des difficultés énormes. J’ai envie de faire des trouvailles, or si je prépare tout à l’avance, je ne peux plus en faire ! Je voudrais saisir au moment où il arrive le sentiment que me donne ce que j’ai devant les yeux. »

Interview de Robert Bresson (TSR, 1983, 12’45’’).
Propos recueillis pour l’émission Spécial Cinéma. Extraits : « Un acteur ne peut pas être nature » ; « Je ne sais pas devant quoi j’arrive (…) je veux l’instantané » ; « Il n’y a pas d’art sans surprise, sans changement » ; « Je me force à ne pas penser, je me force à avoir une idée spontanée. Parfois elle ne vient pas, je la force, parfois elle vient mal. Mais c’est ma façon de travailler » ; « Je crois beaucoup à la beauté, mais la beauté n’est beauté que si elle est neuve. »

Marguerite Duras à propos de Bresson (1988, 1’30’’).
Hagiographie du maître où le silence occupe la quasi totalité de l’interview.

Bande-annonce originale (28’’).
Bresson avait filmé de nombreux distributeurs de billets, de mouvements des mains sur les billets empochés et qui se rangent dans les portefeuilles et les vestons. Ecartés au montage, ces plans constituent la bande-annonce du film, petite merveille de rythme.

Par Olivier Bitoun - le 4 mai 2005

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