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Test dvd

City Girl

DVD - Région 2
Carlotta
Parution : 1 / 12 / 2010

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Diffusé pour la première fois en France à la télévision par Patrick Brion le dimanche 16 novembre 2008 au Cinéma de Minuit dans un cycle consacré aux raretés et curiosités, City Girl arrive enfin dans les bacs à DVD et Blu-ray. Ne nous attardons pas plus et disons le d’emblée : une fois encore Carlotta nous offre un DVD tout simplement fantastique ! L’objet en lui-même avec son fourreau en relief est de toute beauté et le contenu ne démérite pas.

Pour un film qui compte 80 ans d’âge, la copie qui nous est proposée relève du miracle ; la définition est ahurissante, les contrastes de la superbe photographie du chef opérateur Ernest Palmer parfaitement respectés, et la compression se révèle proche de la perfection. On a du mal à en croire nos yeux ! A côté de cela, il va s’en dire qu’il demeure pas mal de scories telles des lignes verticales, des points blancs, des brûlures de pellicules mais cela nous parait logique et en tout cas absolument pas rédhibitoire.

Son

Au niveau de la bande-son, la musique ayant été récemment recréée et proposée ici en Dolby Digital 5.1, aucun reproche n'est à lui faire ; la belle composition de Christopher Caliendo se présente à nous sous les meilleurs auspices.

Suppléments

Et comme si cela ne nous suffisait pas de disposer d’un film génialement conservé et restauré, il nous est offert en guise de suppléments pas moins de trois documentaires d’une demi-heure chacun, tous aussi passionnants les uns que les autres.

Tout d’abord City Girl ou l’essence de l’Amérique au cours duquel le chef opérateur John Bailey, qui le fut notamment sur Les Moissons du ciel (Days of Heaven) de Terrence Malick, revient avec passion sur l’esthétique du film et décortique avec minutie le travail photographique de son aîné. Les fervents de photo devraient se régaler car l’interlocuteur connaît assurément son sujet.

Suit Murnau et l’avènement du parlantqui voit Janet Bergstrom, auteur de nombreux essais sur le cinéaste et enseignante à l’UCLA, revenir sur la genèse du film, disséquant les raisons de son échec, les rapports qu’entretenaient les producteurs avec le cinéaste, les raisons de son départ précipité du tournage, nous parlant même longuement des différentes versions du film qui ont coexisté à l’époque. On sent qu’elle aussi est intarissable sur l’un de ses réalisateurs de prédilection et qu’elle en connait un rayon.

Enfin, Le mouvement même de la pensée ou la traditionnelle analyse de film par un spécialiste en la matière, Jean Douchet : "Qu’importe qu’il n’ait point créé l’œuvre grandiose dont il rêvait, puisque c’est plan à plan que Murnau cherche à exprimer sa pensée… et donc à développer le mouvement même de la pensée." Superbement monté par l’équipe de Carlotta et Allerton, un exercice de funambulisme penchant parfois dangereusement vers le fumeux et le coupage de cheveux en quatre mais n’y sombrant quasiment jamais grâce à l’intelligence des propos et à l’habitude du bonhomme qui n’en est pas à son premier essai. Attendez jusqu’à la fin pour savourer le générique incrusté sur les séquences mêmes du film.

En matière de bonus intéressants et totalement justifiés, Carlotta n’a plus rien à prouver et nous sert en dessert une jolie galerie de photos. Un must !

Par Erick Maurel - le 16 novembre 2010