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Test dvd

Carrie au bal du diable

DVD - Région 2
MGM
Parution : 24 / 10 / 2001

Image

Les premières minutes font craindre le pire. Taches, griffures et même trait vertical traversant l’image en son centre pendant la scène des douches. La suite est beaucoup plus heureuse, avec une bonne définition et des couleurs à la saturation idéale. Les arrière-plans sont tous impeccables, permettant d’apprécier le travail sur la profondeur de champ. Il reste cependant une forte granulation dans la plupart des scènes, trahissant une copie restaurée mais qui n‘est pas en tout point parfaite. Reste que pour un film datant de vingt-sept ans, la copie s’en sort bien, tout du moins avec les honneurs.

Son

Côté son, le format sonore est le même. Trois mixages en 5.1 en anglais, français et italien. C’est la version originale qui bénéficie de la piste la plus ample. La musique est très enveloppante et les effets sonores sont très bien localisés dans les enceintes arrières. De toute évidence, le mixage stéréo d’époque à été conservé pour les dialogues, tandis que le score profite d’une belle ampleur. Une piste tout en finesse qui sait se montrer agressive dans les moments opportuns.
La piste française est très en deçà, avec un souffle et un manque de dynamisme évident, plus proche d’un bon dolby surround que d’un remixage efficace. La possibilité de changer de pistes à la volée entérine cette sensation de localisation étouffée et le doublage n’est pas le meilleur qui soit. Même la musique ne dispose pas de l’envergure et de la puissance de la piste anglaise. Une réelle déception. Quant à la piste italienne elle ne comporte que peu d’intérêt sur le plan de la dynamique, se positionnant au même niveau que la piste française.

Suppléments

Après une édition faiblarde, qui ne proposait qu’une simple bande-annonce en supplément et une copie au format mais qui n’était pas 16/9, l’édition Collector rattrape le tir et propose un très beau menu d’accueil. Dans la section suppléments, on trouve :

Jouer Carrie - Plein écran - 42’40
Ce premier documentaire signé par l’incontournable Laurent Bouzereau revient sur la genèse du tournage et sur le casting du film. La plupart des actrices et des acteurs de l’époque répondent à des entretiens filmés très pertinents. Il est assez émouvant de retrouver ces personnages plus de vingt ans après, parler avec beaucoup d’émotion de cette œuvre qui leur permit d’entamer une carrière. Sissy Spacek était la seule actrice à l’époque à avoir déjà tourné un film, Badlands en 1973 sous la direction de Terrence Malick. La vieille du casting, elle avait été choisie pour tourner une pub, mais elle s’enthousiasmait davantage pour le rôle de Carrie, malgré le fait que le réalisateur ne l’envisageait pas dans ce rôle. Il fallut qu’elle vienne en portant de façon maladroite une robe rose pour que De palma soit enfin convaincu qu’il tenait là le rôle principal. En parallèle, George Lucas faisait un casting pour ce qui allait devenir le légendaire Star Wars. On apprend ainsi que le rôle de Léia échoua à Carrie Fisher qui était pressentie pour jouer Carrie, et que William Katt faillit endosser celui de Luke Skywalker qui revint au final à Mark Hamill. Les anecdotes fusent de toutes parts. Amy Irving qui jouait Roméo et Juliette sur scène fut engagée de même que sa mère, qui tient ici son propre rôle, expérience qu’avait déjà tentée avec succès le réalisateur avec Sisters en 1973, voulant ainsi obtenir une plus grande crédibilité dans les scènes mère/fille. Nancy Allen, quant à elle, venait de New York et fut interpellée à la sortie d’un sauna par la directrice du casting qui lui fit passer un bout d’essai le dernier jour. Mais c’est l’intervention de Piper Laurie qui crée le plus grand et remarquable décalage entre la personne qu’elle est et le personnage qu’elle interprète. On se souvient de son personnage tyrannique, et c’est une femme charmante et souriante qui répond et adresse quelques clins d’œil à la caméra. Cela confirme ses qualités d’actrice à jouer un pur rôle de composition bien loin de ce qu’elle semble être dans la vie de tous les jours. De Palma ne manque pas d’éloges à l’égard de ses acteurs, il parle d’esprit de troupe et de camaraderie. Le gros regret concerne l’absence de John Travolta, dont Nancy souligne la tendresse, et l’on sent que s’était établit une vraie relation amicale entre les deux acteurs sur le tournage. Betty Buckley, qui joue le rôle de la prof, revient quant à elle sur la large part d’improvisation présente dans la scène du bal où elle raconte sa propre histoire, une histoire qu’elle inventa de toutes pièces et qui n’était pas écrite. Passionnant de bout en bout, ce documentaire est indispensable pour comprendre à quel point toute une génération d’acteurs est née avec ce film.

Visualiser Carrie - Plein écran - 41’30.
Davantage axé sur la scénographie et la mise en scène du film, ce document fait intervenir le monteur, le réalisateur, Jack Fisk et quelques mots du scénariste, Lawrence D. Cohen qui intervenait également dans le premier documentaire. L’une des influences de Carrie dans sa façon de raconter l’histoire est Rashomon de Kurosawa, avec les différents points du vue rapportant la même action, fait remarquable dans la scène du bal où chacun des personnages voit quelque chose par rapport à l‘endroit où il se trouve dans la salle. A un moment donné, Paul Hirsch délivre une anecdote très intéressante, qui suscite un très vif intérêt pour tous les fans du film. L’évocation de la fameuse scène de la pluie de pierres. Cette scène, tournée et montée, a au final été supprimée au dernier moment pour des raisons de logistique mais aussi à cause d’un certain manque de réalisme. Elle racontait comment Carrie, plus jeune et jalouse de sa voisine, en venait à découvrir et à utiliser son don de télékinésie en provoquant une pluie de pierres après l‘avoir observée dans le jardin. Cette scène, si elle existe sous forme de rushes, n’était pas exploitable. En fait, on peut se demander si cela n’aurait pas fait changer le spectateur quant à son regard vis-à-vis d’elle. En effet, le personnage s’avère beaucoup moins attachant si on considère qu’elle déclenche la pluie de pierres par simple jalousie, devenant une personnage antipathique. Mais de toutes façons cette scène a connu trop de problèmes pour être mise dans le film, et seule la maison a été brûlée, au détriment de la ville qui devait être détruite, mais cette séquence demandait trop de moyens et n‘aurait été que grandiloquente. L’intervention du monteur concernant le montage du film est très riche et, images à l’appui, décortique certaines scènes clé, permettant de comprendre comment il fallait appréhender l’espace et le cadrage, afin d’utiliser au maximum les décors construits par Jack Fisk. C’est l’aspect artistique, décoratif, l’architecture des plans et de la maison qui sont analysés. Le gymnase était construit comme un plateau tournant sur lequel la caméra dolly et la grue étaient installées dans un coin pour pouvoir suivre les personnages en de longs plans séquence, celui du vote du roi et de la reine de la soirée tourné sans aucune coupure demanda une journée entière de travail, ce qui provoqua l’exaspération du producteur. On comprend aussi que le film possède un certain humour, et que la virtuosité du réalisateur éclate dans des plans toujours plus inventifs, mais aussi toujours plus compliqués, qui demandèrent de longues répétitions. Aussi intéressant que le premier documentaire, celui-ci se pose en complément essentiel.

Chanter Carrie - Plein écran - 6’10
Une intervention de Lawrence D. Cohen et Betty Buckley qui parlent de l’adaptation du film en comédie musicale. Le succès commercial encouragea la création d’une pièce qui ne connut cependant qu’un succès d’estime. Le metteur en scène était anglais et semblait assez étranger à l’univers particulier du film, ne connaissant pas les « prom ». Un manque d’investissement qui, s’il ne provoqua pas un tollé, ne permit pas de faire de longues représentations. Cette pièce est restée sans suite, faute de financement.

Une galerie d’images animée - Plein écran - 6’02
Une galerie montrant les clichés du film dans un ordre chronologique, retraçant les grandes lignes de l’intrigue, et proposant des images des coulisses du tournage, le tout en noir et blanc et en couleur. On trouve dans les dernières secondes les affiches d’exploitation cinéma à sa sortie en salles. Le gros « plus » de cette section est de proposer les grands thèmes musicaux de Carrie, faisant ainsi presque office de BO, ce qui est loin d’être négligeable, et permet de compenser l’absence de piste musicale isolée en 5.1.

La Bande-Annonce originale - VO sans sous-titres - 2’
La bande-annonce est présentée dans une copie assez abîmée au format 1.85 4/3. Elle annonce par une voix off très célèbre de l’époque ( la même que pour Massacre à la tronçonneuse par exemple) les scènes primordiales sans en dévoiler de trop.

Stephen King et l’évolution de Carrie
Un texte sur plusieurs pages que l’on fait défiler manuellement, qui explique la genèse du roman de Stephen King jusqu’à son adaptation en 1976. Le texte n’étant pas traduit, il risque de rebuter quelque peu les personnes réticentes à l’anglais, bien que le texte soit simple à traduire. On y apprend que Stephen King puisa dans le quotidien et s’inspira de faits réels pour créer ses personnages, dont certains sont très proches de ceux présents à l’écran. De la gamine qu’il croisait lorsqu’il était adolescent à certaines images religieuses présentes dans la maison proche de la sienne dans le Maine dans laquelle il alla, c’est toute une thématique qui est présente à la fois dans le livre et le film autour de la question de la religion. De même que pour l’anecdote, il jeta le premier jet de Carrie, qu’il jugeait mauvais, avant que sa femme ne le récupère dans la poubelle et l’incite à continuer à écrire. Quelques temps plus tard, elle lui apprit qu’il allait être publié. Sans cela, Stephen King ne serait pas devenu l’un des écrivains les plus populaires du XX siècle. Sa femme est d’ailleurs dans la dédicace du livre.

Enfin un petit livret de huit pages qui raconte l’histoire du tournage. Certes doté d’une belle mise en page, il reprend les éléments développés pendant les deux documentaires. Un bel objet de collection ceci dit.

Une belle édition pour un très grand film donc, devant laquelle il serait dommage de passer. Carrie est visible aujourd’hui dans les meilleures conditions possibles.

Par Jordan White - le 23 février 2004

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