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Test dvd

Candy Mountain

DVD - Région 2
Blaq Out
Parution : 17 / 12 / 2013

Image

Longtemps inédit dans nos contrées, Candy Mountain est visible, depuis la fin de l'année 2013, grâce à l'éditeur Blaq Out. On ne s'attendait pas à des miracles au niveau de l'image, et ce n'est pas parce qu'on ne les attend pas que les miracles surviennent : faute d'une restauration approfondie, le film nous est proposé "dans son jus" (définition faiblarde, stabilité incertaine, rendu un peu blême...), mais celui-ci lui sied finalement assez. Avec ses teintes un peu passées, son grain plutôt marqué et ses petites imperfections (discrètes, l'ensemble est plutôt propre) comme les scratchs d'un vinyl, le master est donc imparfait mais contribue à sa manière au charme "folk-rock" du film. 

Son

Le constat est du même ordre : l'ensemble manque un peu de dynamisme, mais l'ensemble est clair, et les atmosphères venteuses et froides des paysages canadiens plutôt bien rendues. C'est finalement dans la partie urbaine du début que le manque de relief se fait le plus sentir, avec un rendu plus brouillon et indistinct.

Suppléments

Il faut souligner la qualité de l'effort éditorial consenti par Blaq Out, avec des suppléments variés, qui offrent des approches complémentaires au film.

Dans Paysage avec musiques absentes (14 minutes), le journaliste François Gorin (journaliste musical à Télérama) parle de la présence à l'écran des musiciens Joe Strummer (de The Clash), David Johansen (chanteur des New York Dolls), Tom Waits, Dr John ou Leon Redbone dans un film qui, pour la plupart d'entre eux, ne donne pas vraiment à les entendre. L'occasion d'évoquer brièvement les carrières des artistes en question, mais surtout ce qu'ils incarnent, à travers Candy Mountain et au-delà des étiquettes faciles associées aux genres musicaux, d'une certaine idée de la musique américaine.

La quête du son (15 minutes) propose une rencontre paisible avec Nicolas Campin, luthier notamment spécialisé dans le travail des instruments médiévaux. Ce jeune homme posé parle avec une retenue qui ne dissimule pas sa passion pour son métier, et - en écho au personnage d'Elmore Silk, figure qui hante longtemps Candy Mountain - évoque d'emblée le rôle du luthier dans la sonorité d'un instrument : deux guitares conçues dans des essences de bois différentes par un même luthier auront des sonorités plus proches que deux guitares produites dans la même essence par des luthiers différents ! Avec pédagogie, il explique les particularités de son métier, qui combine deux des formes artisanales les plus fascinantes qui soient : le travail du bois et le travail du son. Un beau supplément, inattendu mais instructif.

Dans Trois jours à New York (13 minutes), Louis Skorecki parle de Robert Frank, de sa carrière, de leur rencontre à New York et des autres oeuvres filmées (pour la plupart quasiment invisibles) par l'artiste suisse. Avec son débit saccadé, ses digressions et ses formules un peu excessives, Louis Skorecki est fidèle à l'image qu'on en a, aussi souvent agaçant que pertinent. Il conclut d'ailleurs en évoquant sa notoire "lassitude du cinéma" qui le mène de plus en plus volontiers vers ces cinéastes underground qui font "des films pour 8 personnes"...

Par Antoine Royer - le 18 mars 2016