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Test blu-ray

Uniformes et jupon court

BLU-RAY - Région B
Rimini Editions
Parution : 4 / 11 / 2020

Image

Dans la continuité de la collection dédiée au réalisateur Billy Wilder, Rimini sort cette fois-ci son tout premier film hollywoodien : Uniformes et jupon court. L'éditeur utilise ici un master Universal plus ancien que le scan annoncé en 2K sorti en Angleterre par Arrow films, en septembre 2019. La définition est honnête mais pêche par un niveau de détail limité. Tourné en 35mm et noir et blanc, le film profite cependant d’une image assez bien nettoyée de toutes les impuretés du passé, finis les points blancs, taches et instabilité de l’image. On constatera néanmoins plusieurs griffures visibles à quelques moments du film, en particulier durant le chapitre dans le train. Mais si l'on compare avec la bande-annonce d’époque ou la précédente édition en DVD, par Carlotta en 2006, la définition n’a jamais été aussi bonne pour ce film dont le grain cinéma est bien présent mais maîtrisé, même sur les séquences nocturnes.

comparatif DVD Carlotta (2006) vs. Blu-ray Rimini (2020) : 1 2 3 4 5

Son

Uniquement proposée en version originale, la piste est clairement audible, que ce soit avec la voix grave de Ginger Rogers ou lorsqu’elle la travestit en voix de petite fille. La musique ne souffre pas de saturation mais, en revanche, un léger souffle se fait entendre régulièrement tout au long du film, ce qui peut s’avérer légèrement agaçant, en particulier sur les scènes calmes.

Suppléments

Avec Entre deux âges, un livret de 28 pages, Marc Toullec revient sur la genèse de la carrière de réalisateur de Billy Wilder qui, jusqu’alors, était surtout connu pour l’écriture de ses scénarios notamment pour Ernst Lubitsch (La Huitième femme de Barbe-Bleue, Ninotchka) et Howard Hawks (Ball of Fire). La Paramount lui permet alors de réaliser son premier film hollywoodien avec l'espoir, à peine dissimulé, d’un échec commercial qui ferait revenir Billy Wilder à l’écriture de scénario. Marc Toullec raconte également comment Billy Wilder a su contourner la censure et éviter la controverse en traitant en sous-texte de thèmes alors jamais présentés de front, à l’époque, comme l’infidélité et la pédophilie. Il y reprend aussi des extraits d’interviews du réalisateur et des acteurs principaux racontant leur participation au projet, comme Ginger Rogers qui était alors fraîchement oscarisée pour son rôle dans Kitty Foyle de Sam WoodLe livret est illustré d’une dizaine de photos de tournage et d’extraits du film.

Conversation entre Mathieu Macheret et Frédéric Mercier (32 min – 1080i)
On retrouve une nouvelle fois le duo de critiques du Monde et de Transfuge pour faire l’analyse du film, entrecoupée d’extraits. Cela commence par une rétrospective de la carrière de Billy Wilder, de ses premiers écrits en tant que scénariste jusqu’à la réalisation de ses classiques tel qu’Assurance sur la mort ou Boulevard du crépuscule, sa collaboration avec le scénariste Charles Brackett pour plusieurs films tels Le Poison ou La Scandaleuse de Berlin. C’est alors l’occasion d’aborder les différentes thématiques qui foisonnent dans l’ensemble de l’œuvre de Wilder et qu’on retrouve déjà dans ce premier film hollywoodien, à savoir, le quiproquo, le travestissement, la sexualité et le conflit entre l’ordre et le désordre. L’analyse du film se poursuit sur la sexualisation du personnage interprété par Ginger Rogers et son travestissement en petite fille, élément central de l’histoire qui lui permet de prendre le train à demi-tarif afin de rentrer chez elle et qui, à première vue, devrait également atténuer son sex-appeal... sauf qu'il n’en est rien, ce qui est d'autant plus ambigu. Le seul personnage qui n’est pas dupe est la petite sœur de Pamela, Lucy, qui découvre immédiatement la supercherie mais qui va s’allier à Susan dans sa quête de vérité et de liberté. On retrouve dans le personnage de Susan l’origine du héros comique wilderien, un personnage forcé de jouer un rôle et de le maintenir tout au long du film afin d’atteindre son objectif. L’autre protagoniste est lui aussi un personnage ambigu car il ne sait pas ce qu’il désire et se laisse aller en contradiction avec ses envies et objectifs : Wilder joue d'ailleurs avec cette idée qu'il ne veut pas voir la vérité en insistant bien sur le fait qu’il ne voit pas correctement. Les critiques s’accordent donc sur le fait que ce film de Billy Wilder va créer une sorte de transition entre la comédie classique de l’époque, qu’il réutilise et détourne, et la comédie moderne qui va mettre en avant la culture populaire de son temps, l’époque de la sortie du film. Le module est intéressant mais on retrouve beaucoup d’informations déjà présentes dans le livret écrit par Marc Toullec. La discussion se regarde sans déplaisir, même s'il aurait été appréciable d’étoffer visuellement l’échange qui manque un peu d’illustrations.

En savoir plus

Taille du Disque : 49,870,272,512 bytes
Taille du Film : 21,517,633,536 bytes
Durée : 1:40:35.029
Total Bitrate: 28.52 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 1080p / 23.976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 0 kbps

Par Giuseppe Leone - le 6 janvier 2021