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Test blu-ray

The Wicker Man

BLU-RAY - Région B
Studiocanal
Parution : 2 / 12 / 2020

Image

Surtout connu en France des amateurs de films de genre, The Wicker Man est une oeuvre culte en Angleterre au point que StudioCanal a fêté en grande pompe son quarantième anniversaire en 2013. Outre une ressortie en salles, le film y avait été proposé dans une réédition Blu-ray de référence comprenant les différents montage élaborés au cours d'une gestation compliquée et douloureuse. Le film était d'abord sorti en 1973, modifié et réduit sans l'accord de Robin Hardy, dans une version que l'on nommera "Theatrical Cut". Quatre ans plus tard, le réalisateur parvenait à faire distribuer son film aux Etats-Unis dans une version améliorée, connue aujourd'hui comme le "Final Cut", qui réintégrait certaines scènes d'origine dans une structure légèrement différente. Enfin, il y a vingt ans, StudioCanal et l'éditeur américain Anchor Bay retrouvaient la version initiale de Robin Hardy (qu'on appellera "Director's Cut") grâce à Roger Corman, pressenti à l'époque pour distribuer le film aux USA, qui avait conservé la copie envoyée au moment des tractations, en 1977. En France, The Wicker Man n'a été distribué en salle qu'en 2007. Il semble avoir été exhumé par Jean-Pierre Dionnet en janvier 2001, lors de sa diffusion sur Canal+ dans le cadre de Cinéma de Quartier, avant d'intégrer la collection DVD du même nom en 2003, qui comprenait les "Theatrical Cut" et "Director's Cut".

Le film intègre aujourd'hui la collection de Jean-Baptiste Thoret, mais avec un contenu plus allégé qu'en Angleterre : on suppose que les fans complétistes auront pieusement conservé leur DVD Français... ou se seront de toutes façons déjà tournés vers l'import. StudioCanal a logiquement privilégié le "Final Cut" en Blu-ray, puisqu'il s'agit de la version la plus complète qui ait pour l'instant été restaurée en HD, laissant au DVD la version cinéma mutilée (le "Theatrical Cut"), et abandonnant purement et simplement la version longue, un "Director's Cut" que Thoret, dans sa préface, semble considérer comme perdu alors qu'il est pourtant bien proposé en Blu-ray en Angleterre... mais à partir d'un transfert en SD de qualité très inférieure, aucun élément n'ayant été retrouvé pour une restauration en Haute-Définition suffisamment exploitable. Pourquoi avoir préféré pour le DVD la version cinéma à la version longue, plus conforme à la vision du réalisateur ? Sans doute pour pouvoir offrir une option aux irréductibles de la VF...


copie 35mm vs. négatif original

Le "Final Cut" de 1977 a donc été restauré en 4K en 2013, sous l'égide du British Film Institute et la supervision de Robin Hardy. Suite à une vaste campagne de recherche pour retrouver le maximum d'éléments et la meilleure qualité possible, le film a été reconstitué à partir du négatif de la version courte ainsi que plusieurs éléments 35mm, dont une copie du montage américain conservé par le Harvard Film Archive. Ce dernier élément, crucial car étant le seul support argentique retrouvé contenant les scènes coupées, apparaît malheureusement dans une qualité très inférieure. Son aspect est très épais et surtout très daté puisque l'émulsion photochimique a dérivé avec le temps : la colorimétrie a perdu beaucoup de nuances et les contrastes ne sont plus aussi subtils. Les passages d'une source à l'autre sont donc immédiatement visibles, tant leurs qualités diffèrent. Un phénomène qui rappelle la reconstitution effectuée il y a dix ans pour Il était une fois en Amérique de Sergio Leone, qui alternait de manière beaucoup plus régulière des segments intacts et des images dégradées. Car, dans le cas de The Wicker Man, cette source dégradée est peu mise à contribution, pour deux scènes et quelques inserts uniquement, l'intérêt de ce montage étant aussi dans l'organisation différente des séquences. La majeure partie du montage est heureusement issue d'un négatif : les conditions de visionnage sont alors bien meilleures et surtout extrêmement confortables, fines, précises, détaillées. Les contrastes sont bien tenus, sans pulsations désagréables, et la colorimétrie apparaît bien nuancée, assez saturée et plutôt naturelle - même si, encore une fois, l'aspect vintage original apparaît un peu modernisé, avec quelques dérives magenta visibles sur les carnations. L'ensemble a été parfaitement stabilisé et largement nettoyé.

Son

Conformément à l'édition britannique de 2013, le "Final Cut" est proposé en VO dans un mixage mono, mais cette fois en DTS-HD Master Audio (contre du LPCM plein débit, en Angleterre). Le rendu est d'une très grande fidélité au matériel d'origine, restitué avec une belle propreté, sans souffle ou craquements, et avec une restitution des voix parfois cristalline. Les courts segments récupérés d'une source autre que le négatif sonnent un léger cran en deçà, un peu moins subtils et "fins", avec quelques débuts de sifflantes et d'imperceptibles traces d'usure de pellicule. Mais on a visiblement pris soin de nettoyer ces passages au maximum et le résultat se montre très efficace, ne dénotant que très peu avec le reste du film. StudioCanal n'a pas souhaité proposer ce montage avec VF intégrée, laissant la version française pour le montage cinéma proposé sur le DVD. Il s'agit du doublage produit pour la diffusion sur Canal+ en 2001. Les voix sont cristallines, le rendu est très propre. Trop, sans doute, pour coller parfaitement à l'époque du tournage...

Suppléments

Préface de Jean-Baptiste Thoret (10 min - 1080i)
Le critique et historien, directeur de la collection Make My Day !, fait (sans spoilers) une bonne présentation de ce "film mutilé et un peu maudit" dont il résume les mésaventures. Il évoque "un film à double tête", la mise en scène modeste de Robin Hardy tempérée par une impression de "liberté documentaire", et l'apport crucial d'Anthony Shaffer, ses personnages ordinaires plongés dans un milieu étranger et manipulateur. Jean-Baptiste Thoret revient sur ce film "assez étrange", sa parenté avec la Hammer pour "une qualité britannique du cinéma d'horreur" qui prend à contre-pied toutes les recettes du genre. Il revient sur le soutien sans faille de Christopher Lee, dans "l'un de ses meilleurs rôles", la participation de "l'atout charme" Britt Eckland, ou la parenté évidente avec le récent Midsommar de Ari Aster. On signalera une petite erreur d'illustration : Dracula, Prince des ténèbres est confondu avec Prince des ténèbres de John Carpenter...

StudioCanal France n'a donc pas repris l'offre pléthorique de suppléments présente dans l'édition britannique de 2013. Malheureusement, seuls deux courts modules ont été conservés au détriment (notamment) d'un making of de près de 50 minutes, un entretien de 1979 et plusieurs commentaires audio. Vraiment dommage...


Entretien avec Robin Hardy (17 min - 1080i - VOSTF)
Dans cette interview spécialement réalisée, trois ans avant sa disparition, pour l'édition anniversaire sortie en Angleterre en 2013, le réalisateur de The Wicker Man raconte diverses anecdotes sur le film, les astuces pour simuler le mois de mai alors que le tournage se déroulait à la fin de l'automne, ou l'implication de Christopher Lee qui souhaitait "élargir son jeu" par rapport aux productions Hammer et qui créa une large part de son personnage. Robin Hardy parle du reste du casting, la performance "vraiment parfaite" d'Edward Woodward, l'évasion d'Allemagne de l'Est d'Ingrid Pitt ou les différents doublages que subit Britt Eckland, post-synchronisée pour masquer son accent allemand et remplacée dans un plan nu par une danseuse de Glasgow. Le réalisateur évoque enfin la grande complicité avec son partenaire scénariste Anthony Schaffer, au point de s'être joués l'un l'autre quelques "tours très élaborés" durant leurs douze années d'amitié... Pas inintéressant mais parfois dispensable. On suppose que le making of était bien plus consistant.


La musique de The Wicker Man (16 min - 1080i - VOSTF)
D'autres entretiens réalisés pour l'édition UK de 2013, cette fois avec Gary Carpenter, codirecteur musical sur The Wicker Man, qui raconte l'enregistrement de la bande originale avec Paul Giovanni, compositeur qui ne savait visiblement pas lire la musique (!). Il se souvient de la façon dont on enregistrait les instruments, proches du micro, une manière très moderne à l'époque, et avoue apprécier l'"hyper-réalité" de voir à l'image les mêmes musiciens qui ont interprété la bande-son du film. Jonny Trunk, directeur d'un label spécialisé dans la musique de film, raconte sa recherche de longue haleine pour retrouver les bons intermédiaires et sortir pour la première fois le score The Wicker Man dans les années 90, en vinyle... et en mono. Gary Carpenter raconte ensuite comment les bandes stéréo originales qui étaient en sa possession ont été restaurées (en passant dans un four !) puis numérisées en CD. Des anecdotes plutôt intéressantes.


Bande-annonce 2013 du "Final Cut" (1 min 29 s - SD - VOSTF)

En savoir plus

Taille du Disque : 33 570 376 866 bytes
Taille du Film : 25 290 897 408 bytes
Durée : 1:34:29.958
Total Bitrate: 35,68 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 32,99 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 32999 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 962 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 768 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 19,567 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 13 avril 2021