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Test blu-ray

The Appointment

BLU-RAY - Région B
Les Films du Camélia
Parution : 15 / 11 / 2023

Image

Voilà une sortie originale qui ne pourra qu'intéresser les fans de cinéma de genre (mais pas seulement). The Appointment fait partie de ces curiosités 80's devenues cultes par leur rareté. Petite production, tournée en 35mm pour la télévision, sortie en VHS dans quelques pays comme l'Angleterre ou la Suède, le film fût ressuscité à l'été 2022 grâce au British Film Institute qui, après de longues recherches, en a miraculeusement retrouvé une copie, reprise aujourd'hui par Les Films du Camélia qui en a profité pour le sortir dans quelques salles, fin octobre. Le seul matériel exploitable retrouvé est un master américain fabriqué pour une vieille diffusion TV, sous forme d'une cassette professionnelle 1-inch (1 pouce). Les images du film sont donc issues d'un transfert effectué dans les années 80, dans une définition standard et au format TV 1.33. Autant dire qu'il faut envisager ce visionnage comme un document rare et non comme une restauration 4K récente, des conditions modestes mais suffisantes pour profiter du spectacle. C'est pour l'instant la meilleure source disponible... avant qu'un jour peut-être on mette miraculeusement la main sur quelques boîtes de pellicule.

Le British Film Institue dit avoir fait quelques travaux de restauration sur l'image, il s'agit essentiellement de nettoyage puisqu'il ne reste aucune trace d'usure majeure, à peine quelques rayures verticales furtives. Il n'y a pas eu de stabilisation numérique : il persiste des tremblements réguliers, surtout visibles dans les plans fixes, bien sûr, avec parfois un petit effet subtil de gondolement de pellicule. On n'a pas non plus corrigé l'étalonnage : la colorimétrie reste peu nuancée et souvent terne, vieux télécinéma oblige. Les contrastes n'ont pas été ajustés, ils restent honnêtes mais parfois un peu relâchés. Côté définition, le piqué est forcément doux, avec un niveau de détail très faible. On distingue un peu de grain (épais) surtout mêlé à du bruit vidéo.

Son

Il y aura moins à redire sur la qualité de la bande son puisque le rendu se révèle convaincant, restituant assez bien les subtilités d'un mixage très travaillé. La piste mono d'origine a été nettoyée, il ne reste aucun craquement disgracieux, on ne relève pas de sifflantes ou de saturations spécifiques, et si l'ensemble est encore un peu couvert (de quoi camoufler légèrement le souffle éventuel), les détails sont encore palpables. Les voix ont une bonne présence et l'équilibre est conservé avec la musique et les arrière-plans. Le spectre est assez ouvert, avec des basses fréquences efficaces.

Suppléments

Les disques sont d'abord accompagnés d'un livret de 100 pages, abondamment illustrées, qui reprend les textes du livret de l'édition britannique. L'historien Vic Pratt, également collaborateur du BFI (et producteur des suppléments de cette édition), raconte sa découverte de The Appointment sur une VHS de location, un film "hanté", aux "idées troublantes", avec un art de la suggestion où "nous voyons tout et rien". Il résume le parcours de Lindsey C. Vickers, "auteur d'un cinéma de l'anxiété aigüe", explique pourquoi le film n'est pas sorti dans les salles et est devenu aussi culte que The Wicker Man, attendant encore sa résurrection... William Fowler, curateur aux archives nationales du BFI, raconte les premières années de la vidéo domestique, "le Far West" des vidéoclubs, ce "nouveau monde étrange" qui était une révolution dans la consommation des films. Le réalisateur Lindsay C. Vickers résume brièvement son parcours, projectionniste à la BBC puis passage à la réalisation, d'abord de documentaires et ensuite de fiction (dont quelques films pour la Hammer). Il parle de son court-métrage The Lake, diffusé dans les salles britanniques en avant-programme de L'Argent de la banque, et de sa nouvelle carrière hors du cinéma, à la fin des années 80, lorsqu'il a racheté "une franchise dans la conception et l'impression". Le critique Jon Dear retrace les parcours de l'actrice Jane Merrow, qui fût notament pressentie pour succéder à Diana Rigg dans la série Chapeau melon et bottes de cuir, et de l'acteur Edward Woodward, disparu en 2009, qui débuta au théâtre, oeuvra pour le cinéma (notamment dans The Wicker Man !) et resta surtout "l'une des plus grandes stars du petit écran" en Angleterre. Le livret est complété par des photos de tournage et surtout le storyboard original de la scène de l'accident, où l'on voit que les plans étaient prévus dans les moindres détails...

Les Films du Camélia reprend quelques-uns des suppléments de l'édition britannique, sans le commentaire audio.

Vickers par Vickers (42 min - HD - VOSTF)
Mené par Vic Pratt, un excellent entretien avec le réalisateur Lindsay C. Vickers, 82 ans, qui revient sur son parcours et se souvient de sa jeunesse "bercée d'images" et de cinéma, qu'il considérait davantage qu'une simple distraction. Un passionné qui s'est donné les moyens pour en faire son métier : études au BFI qui lui ont appris la théorie, projectionniste pour la BBC où il s'est confronté au concret, l'assistanat (notamment à la Hammer) qui lui a inculqué la discipline, ou la publicité, "un autre monde" qui lui a permis de vivre de son talent. Il parle des sources d'inspiration pour son court-métrage The Lake, monté avec un ami collègue : des souvenirs (sa peur de l'eau ou, enfant, lorsqu'il était enfermé dans un placard, sous l'escalier) ou son intérêt pour les petits détails invisibles, notre rapport aux objets, le pouvoir qu'ils peuvent avoir sur nous, comme la voiture, objet réconfortant du quotidien qui, tout à coup, n'est plus votre ami et vous veut du mal. Il évoque un parcours professionnel développé au gré des rencontres et des collaborations, parfois auprès de personnes malhonnêtes qui ont fini par le dégoûter du métier. Il dit s'être parfois senti hanté : on le sent fatigué et déçu par un parcours injuste, semé d'embûches. Malgré les bons retours de The Appointment, furtivement diffusé à la télévision, il a le sentiment d'être passé à côté de sa carrière rêvée. Et, nous, l'impression d'avoir manqué un cinéaste de talent...


Le tournage de The Appointment (19 min - HD - VOSTF)
Lindsay C. Vickers commente des photos de production qu'il conservait dans ses archives. Il revient sur le pré-générique imaginé sur le moment, avec le plan du mannequin tiré par des câbles qui n'était pas dans le scénario, loue le professionnalisme de ses acteurs, raconte le tournage de l'accident avec la voiture sanglée et la reconstitution en studio, ou évoque le chien Condor qui jouait déjà dans The Lake... et La Malédiction.

Une rencontre partagée (7 min - HD - VOSTF)
Lindsay Vicker et sa femme Jan reviennent sur l'"heureux hasard" de leur rencontre, lorsqu'elle gérait une société de perruques et qu'elle dût régler celle de Christopher Lee dans un Dracula de la Hammer... Ils se souviennent également avoir manqué la diffusion TV de The Appointment à cause d'une coupure de courant, renforçant leur impression d'un film maudit et d'une occasion manquée.

The Lake (33 min - HD - VOSTF)
Excellente initiative du BFI d'avoir inclus le court-métrage réalisé par Lindsay C. Vickers en 1978, à travers lequel il voulait jouer sur "une peur de jour", et qui annonce avec brio les qualités de mise en scène qui feront tout l'attrait de The Appointment. On retrouve le sens du détail pour les petits riens et l'étrangeté du quotidien, avec une utilisation habile de la bande sonore. The Lake a été récemment restauré (déjà proposé en Blu-ray en 2020).


En savoir plus

Taille du Disque : 44 186 119 010 bytes
Taille du Film : 22 284 441 600 bytes
Durée : 1:29:16.000
Total Bitrate: 33,29 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 29,99 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 29998 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1626 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 10,461 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 16 novembre 2023