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Test blu-ray

Les Implacables

BLU-RAY - Région B
Sidonis / Calysta
Parution : 3 / 6 / 2021

Image

Etonnamment, l'édition allemande testée sur DVDClassik en 2013 fut pendant longtemps le seul Blu-ray disponible des Implacables (avec l'obscure édition espagnole de 2013). Le master était plutôt solide à l'époque, mais il apparaît aujourd'hui plus limité techniquement. Le film n'est sorti en HD aux Etats-Unis qu'en 2019 chez Twilight Time : un Blu-ray tardif qui s'explique par la présentation d'une restauration plus récente... et assez différente, reprise aujourd'hui par Sidonis, après son DVD de 2006. Cette restauration, supervisée dans les laboratoires de la Fox, a sans doute été effectuée en 4K tant la définition se montre poussée, avec un niveau de détail bien palpable, à l'exception des habituels plans truqués, logiquement plus épais. Le ratio original est, cette fois, mieux respecté puisque les silhouettes affinées de l'ancien master retrouvent une forme un peu plus écrasée, en cela fidèle à l'utilisation des lentilles anamorphiques du Cinemascope. Pourtant, en comparant les deux masters, on regrettera une petite perte d'information dans l'image, notamment sur le bord gauche du cadre, et une atténuation des tonalités jaunes/verdâtres typiques de la pellicule, désormais nettement gommées, avec pour conséquence une montée des tons magenta dans certains plans, même si le résultat n'est pas aussi catastrophique qu'on pouvait le craindre, notamment par les nuances retrouvées de la couleur. On note aussi une sensibilité accrue du scanner HD pour les couleurs primaires, caractéristique un peu récurrente des restaurations de la Fox dans les années 2010, avec notamment des nuits aux bleus parfois très marqués et bien saturés, ou des tons chauds qui ressortent de manière particulièrement efficace. Les contrastes sont bien gérés, assez tendus même, tandis que la luminosité apparaît bien plus mesurée, sensiblement réajustée par rapport au DVD, de manière cette fois plus naturelle et moins clinquante. Les plans en extérieur, les paysages, sont très impressionnants, vraiment magnifiés, avec une profondeur de champ très efficace auquel le niveau de détail soutenu rend bien justice. Le gain qualitatif est en tout cas bel et bien là, l'ensemble possédant à l'évidence un cachet photochimique bien plus convaincant qu'auparavant. L'image bénéficie d'une très belle texture argentique avec un grain fin et organique, qui n'a pas trop subi de filtrage et se montre correctement restitué par l'encodage. La copie est d'une belle stabilité, entièrement nettoyée, sans pulsations. Une présentation extrêmement convaincante qui fait honneur au support Blu-ray.

DVD Sidonis (2006) vs. Blu-ray Sidonis (2021)
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Blu-ray Koch Media (Allemagne - 2013) vs. Blu-ray Sidonis (2021)
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Son

Alors que le disque allemand ne proposait qu'une version originale en stéréo, le Blu-ray américain bénéficiait d'une nouvelle piste stéréo, du mixage 4.0 d'origine ainsi que d'un tout nouveau remix 5.1. Sidonis les reprend, à l'exception du mixage 4.0. Le rendu est très convaincant par la qualité de la prise de son et la restitution très détaillée de la bande sonore. Les voix et les ambiances en son direct sont extrêmement précises, dénuées de toute trace d'usure. La spatialisation est bien palpable avec des effets stéréo très marqués, les voix nettement orientées dans les frontales gauche et droite, comme c'était la tradition à l'époque. La piste 5.1 offre un bon enveloppement surround, les effets sonores sont plutôt efficaces, mais c'est sans doute la musique de Victor Young qui gagne le plus en ampleur, que ce soit en stéréo ou en 5.1, puisqu'elle bénéficie d'une dynamique palpable et d'une bonne présence dans les basses. La version française n'a pas bénéficié du même soin, proposée dans un mono d'origine bien plus pauvre. Le mixage est ainsi beaucoup plus plat, tassé, frontal et brouillon. Les nuances de la VO ont complètement disparu, malheureusement, et la musique a perdu toute son ampleur. Les voix un peu aigües sont soumises à de légères sifflantes, on ne remarque pas de souffle disgracieux trop marqué.

Suppléments

Présentation de Bertrand Tavernier (22 min - SD upscalé en HD)
Reprise du supplément inclus sur le DVD sorti en 2006, "remixé" avec des extraits du film en HD. C'est toujours un plaisir, et d'autant plus aujourd'hui, de retrouver le regretté cinéaste dont on mesure une nouvelle fois, par ce genre d'exercice, combien sa passion du cinéma était communicative et joyeuse. Il évoque tout d'abord le réalisateur Raoul Walsh, qu'il admirait, à travers beaucoup d'anecdotes et de souvenirs assez cocasses que Walsh lui avait lui-même rapportées, typiques de ce "conteur formidable" à la personnalité plus grande que nature. Tavernier revient sur ses rapports avec les acteurs... et aussi les actrices, qu'il savait diriger et filmer, et sur sa manière de comprendre les scénarios, mettre en scène et filmer l'action sans répétitions, "tourner en montant", pensant déjà à un montage précis. Tavernier en arrive aux Implacables, présente les scénaristes, loue son ampleur visuelle et remarque la mélancolie de l'histoire, notamment illustrée par les rapports entre Gable et Jane Russell, actrice sous-estimée souvent très appréciée des cinéastes. Tavernier analyse l'apport de Clark Gable dans le western, son côté séducteur qui le différencie, et revient sur le jeu plein de nuances de Robert Ryan, à la carrière remplie de chefs-d'oeuvre.

Présentation de Patrick Brion (11 min - HD)
L'historien du cinéma, fidèle à la collection western de Sidonis, évoque comme à son habitude les films sortis la même année que Les Implacables, et parle de Raoul Walsh, un "vétéran" du genre. Le film porte "la patte d'un grand cinéaste" qui a pris plaisir à le mettre en scène, même s'il ne fait pas partie de ses meilleurs. Brion revient sur cette première collaboration avec Clark Gable (il y en aura deux autres) et la passion de Walsh pour Jane Russell (une "alchimie fantastique"). Il rappelle quelques faits historiques sur la bande de Quantrill, des franc-tireurs sudistes et dangereux dont Gable et son frère faisaient partie dans le film, et note également une différence importante avec le roman original : les personnages des Implacables sont plus âgés et marqués par la vie, ce qui donne à l'histoire une profondeur supplémentaire non négligeable. Brion conclut en évoquant l'auteur du roman qui n'est autre qu'un des fidèles scénaristes de Tex Avery, inventeurs de certains personnages célèbres... Petit bémol sur la prise de son.

Entretien avec Michael Henry Wilson (6 min - SD)
Autre supplément repris (et "remixé") du DVD de 2006, où le critique et historien du cinéma, ami et collaborateur de Scorsese ou Eastwood, mais surtout auteur en 2001 d'un livre sur Raoul Walsh, réédité par Sidonis en 2019 avec le Blu-ray de La Vallée de la peur, fait une brève mais intéressante intervention autour du héros walshien, davantage porté par "une existence en symbiose avec les éléments" que par la quête de l'argent. Il fait à ce titre un rapprochement intéressant entre Les implacables et La Piste des géants, tourné 25 ans plus tôt, où l'on retrouve le même genre de héros, les mêmes aspirations, les mêmes thématiques, et où l'on sent que Raoul Walsh met beaucoup de lui-même dans le personnage de Gable.


Les vraies aventures de Raoul Walsh (95 min - HD - VOSTF)
Repris du Blu-ray de La Vallée de la peur, ce documentaire produit en 2019 s'appuie sur les mémoires de Raoul Walsh (lues par un comédien) et les commentaires d'historiens, acteurs ou cinéastes, le tout étant abondamment illustré de photographies et d'extraits de films. On revient sur l'étonnant parcours d'un des piliers du cinéma américain, plus de cinquante ans d'une carrière débutée aux prémisses du cinéma, son apprentissage avec D.W. Griffith, l'épisode Pancho Villa, ses débuts de cinéaste à la Fox, alors balbutiante, ou les trente années passées à la Warner... Pour Walsh, le cinéma était action : il toucha à tous les genres et les marqua souvent de son empreinte par de nombreux chefs-d'oeuvre. Il découvrit John Wayne dans La Piste des géants, signa le débutant Rock Hudson avant de le couper au montage, trouva en Errol Flynn "l'acteur qui lui correspondait", ou révélait finalement un peu de sa personnalité dans les rôles de femmes dures et fortes. Ce bon documentaire dresse le portrait d'une personnalité haute en couleurs, homme à femmes et force de la nature qui dégageait une véritable sympathie.


Bande-annonce originale (2 min 33 - SD) non sous-titrée et sans doute interceptée sur le Net...

En savoir plus

Taille du Disque : 49 580 822 808 bytes
Taille du Film : 31 008 233 472 bytes
Durée : 2:02:10.072
Total Bitrate: 33,84 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 23,90 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 23904 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1997 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 2140 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz / 3636 kbps / 24-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 0,151 kbps
Subtitle: French / 24,243 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 10 juin 2021