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Test blu-ray

Les Faucons de la nuit

BLU-RAY - Région B
L'Atelier d'images
Parution : 4 / 9 / 2018

Image

C'est avec un bonheur certain que nous pouvons aujourd'hui profiter des Faucons de la nuit avec de telles conditions de visionnage. Tout n'est certes pas parfait, mais il faut savoir que ce film contient de nombreuses scènes nocturnes et que la pellicule de l'époque a été "poussée" (au-delà de sa sensibilité initiale donc) puis sous-exposée dans un but dramatique et conforme à la facture visuelle recherchée par le directeur de la photographie. Ce contexte technique particulier a conduit l'éditeur a plus d'exigence et eu probablement pour conséquence l'apparition d'un grain numérique, mais cela n'est en rien rédhibitoire puisque l'aspect argentique du film est bel est bien respecté avec une texture granuleuse qui nous satisfait et dépourvue de DNR. Pour cette édition ambitieuse, même si le master paraît daté, nous obtenons ainsi une image plutôt séduisante, nettoyée (restent quelques légers scratchs) et surtout correspondant aux canons de l'époque pour un polar urbain, avec des contrastes correctement gérés et possédant du détail dans les ombres, des effets lumineux correctement tendus, une colorimétrie bien définie et sans dominante disgracieuse et enfin une bonne définition générale. Bien que l'image nous paraisse naturelle, on relève néanmoins un usage léger d'effets de sur-contour et quelques variation dans le piqué. En résumé, compte tenu des qualités évoquées ci-dessus, des contraintes techniques et du manque de considération du film, nous avons affaire à un Blu-ray réussi.

Son

L'éditeur propose les mixages mono d'origine américain et français en DTS-HD Master Audio 2.0. La bande-son originale est plutôt immersive pour du mono, dynamisme et profondeur sont de rigueur et profitent aux ambiances et surtout à la musique. On ne note aucun défaut particulier ni de souffle. La piste française, à la postsynchronisation de qualité (on retrouve le doubleur attitré de Stallone, Alain Dorval), est moins élargie et bénéficie d'une dynamique moindre. Mais ce doublage reste assez "vivant" et l'équilibre général entre voix et ambiances ne pâtit pas énormément du doublage.

Suppléments

A l'exception d'une véritable pépite (un reportage français datant de 1978) dénichée par l'indispensable réalisateur de documentaires Jérôme Wybon, tous les entretiens constituant la quasi-totalité des suppléments de ce disque français (présenté dans un beau steelbook) sont repris du Blu-ray américain édité par Shout! en octobre 2016 et produits par la société Palm 6 Production.

C'était l'enfer - Entretien avec le conseiller technique Randy Jurgensen (10 min 50 - 1.85 - DTS-HD MA - VOST - 2016 - HD)
Randy Jurgensen est ancien policier du NYPD, qui après 30 ans de carrière s'est reconverti en consultant pour le cinéma et la télévision. Il eut même plusieurs fois l'occasion d'interpréter de petits rôles en parallèle de son activité de conseiller. Son premier travail sur un tournage fut pour French Connection (1971). Sa mission sur Les Faucons de la nuit fut extrêmement difficile, et il dut quitter la production en plein milieu du tournage avant d'être officiellement licencié - son nom ne figure d'ailleurs pas au générique. Jurgensen nous raconte brièvement ici ses déboires, on le sent gêné de s'exprimer franchement et il faut souvent deviner ce qui se cache derrière ses sous-entendus. Il relate sa rencontre avec Sylvester Stallone (ils n'ont échangé que très peu de mots), l'éviction du réalisateur Gary Nelson remplacé par Bruce Malmuth (pas plus vraiment maître du film que son prédécesseur), les conditions de son propre départ du film et son désaccord concernant la scène finale et le rôle joué par Stallone dans celle-ci. Cet entretien peu franc du collier nous laisse sur notre faim.

Lumière, moteur, action ! - Entretien avec le producteur Herb Nanas (16 min 10 - 2016)
Avant de devenir producteur, Herb Nanas fut longtemps le manager personnel de Sylvester Stallone, avant même le succès de Rocky. Il est interrogé ici au téléphone sur sa participation aux Faucons de la nuit. Il livre de nombreuses informations intéressantes malgré le flou qui semble parfois entourer ses souvenirs. On apprend par exemple que ATAC était le titre original du film qui mettait en scène un terroriste espagnol inspiré du Chacal, ce qui a effrayé le studio Universal. Nanas est celui qui a fait engager Rutger Hauer (aperçu dans Soldier of Orange), de même qu'il a fait ensuite venir Bruce Malmuth pour prendre la suite de Gary Nelson après une semaine de tournage. Et ce même s'il espérait que Stallone effectue le remplacement, mais un règlement de la Director's Guild l'en empêchait. Il nous parle un peu du directeur de la photo James A. Contner (via une anecdote amusante concernant la scène du câble au-dessus de l'Hudson) et de la participation de Stallone aux cascades. Nanas évoque aussi la complexité du personnage de Da Silva simplifiée par le studio propriétaire du final cut, de même que la relation avec Lindsay Wagner également victime du montage. Il conclut par l'apport créatif de Stallone, artiste multitâche, qui a réécrit une partie du script (comme à son habitude).

Pas les autres filles - Entretien avec l'actrice Catherine Mary Stewart (4 min 24 - 1.85 - DTS-HD MA - VOST - 2016 - HD)
L'actrice canadienne, plutôt spécialiste du petit écran, raconte son audition en présence de Sylvester Stallone (il semble qu'un échange de regards avec ce dernier a été déterminant...), évoque sa (seule) scène du film avec Rutger Hauer, acteur habité par son personnage au point de l'effrayer, et termine par son grand regret vis-à-vis des Faucons de la nuit : avoir fait l'effort de prendre l'accent anglais pour finir par être doublée en postproduction. Voilà donc un supplément très bref qui n'a strictement... aucun intérêt.

Les Faucons de la nuit, le premier jet - Entretien avec l'auteur Paul Sylbert (9 min 49 - 1.85 - DTS-HD MA - VOST - HD)
Avant de se consacrer uniquement à son métier de chef décorateur, Paul Sylbert s'était essayé à l'écriture de scénarii. Dans les années 70, c'est sur la demande de Mike Medavoy, alors son agent devenu patron de la compagnie Orion, que Sylbert se voit confier un projet sur le terrorisme prenant pour cible les États-Unis. Il effectue des recherches approfondies et fixe son dévolu sur le tristement célèbre Carlos dit le Chacal. Sylbert nous explique la teneur de son projet. Il avait imaginé une prise d'otages dans un bâtiment de l'ONU par des Portoricains désœuvrés qui étaient tombés dans les filets du terroriste sud-américain. La compagne de Da Silva était alors liée au terroriste, et faisait partie de l'opération durant laquelle elle trouvait la mort. Il décrit une guerre en plein New York entre les criminels et l'unité antiterroriste (c'est lui-même qui avait créé le sigle ATAC). Sylbert insiste à deux reprises sur le fait que, dans la réalité, Carlos a huit ans plus tard organisé une opération de ce type pendant une réunion de l'OPEP. Après la peur panique du studio devant son scénario, il rédige un nouveau traitement qui sera plus tard réécrit par d'autres. S'il admet que Les Faucons de la nuit est un très bon film, c'est en toute logique qu'il estime que son script aurait abouti à une œuvre plus ambitieuse et surtout précurseur de notre époque.

Il faut qu'on tourne ça - Entretien avec le directeur de la photographie James Contner (24 min 37 - 1.85 - DTS-HD MA - VOST - HD)
Cameraman sur plusieurs films - dont The Wiz et Superman - dans les années 70, James A. Contner devient chef opérateur pour Cruising (1980) de William Friedkin. Les Faucons de la nuit est son troisième film comme directeur de la photographie. Contner s'exprime sur sa chance malgré son inexpérience de bénéficier d'un gros budget et d'un tournage international. Il revient plus précisément sur les mésententes rapides entre Gary Nelson et Sylvester Stallone sur la nature même du l'œuvre. Celui-ci contrôlait le script et avait opéré un changement de point de vue du terroriste vers le policier. Il nous confirme bien que Stallone a officié comme réalisateur pendant quelques jours et nous explique le règlement de la Director's Guild qui conduisit à l'engagement d'un nouveau réalisateur, le débutant Bruce Malmuth, qui permit néanmoins à l'acteur star de conserver le contrôle du film. Mais il témoigne d'un grand respect pour Stallone, dont l'investissement dans son personnages et les cascades (qu'il a effectuées en très grande partie) était intense. Même s'il finit par se disputer avec lui à la fin du tournage... Il a aussi une haute estime pour Rutger Hauer, très investi pour son premier rôle aux USA et possédant une grande facilité d'adaptation. Bien sûr, Contner aborde le look très sombre et contrasté du film dont il a eu la charge - à ce sujet, il a tenté plusieurs techniques qui ont porté leurs fruits. Il revient notamment sur la scène de la discothèque avec les effets stroboscopiques qu'il choisit de ne pas synchroniser avec la caméra afin d'alterner entre lumière et obscurité. Il est généralement - et avec raison - fier de son travail, en particulier pour la fameuse scène de poursuite dans le chantier puis dans les tunnels du métro. Pour son premier travail en Europe, il s'aperçoit de la présence d'une lumière plus douce qu'il décide de ne pas modifier lors de l'étalonnage. Enfin sont évoqués la séquence aérienne de la prise d'otages, durant laquelle il manipule la caméra sur le câble du tram afin d'épouser le point de vue de Stallone, puis les risques mortels encourus lors de la séquence du bus qui coule dans l'East River. Il s'agit probablement de l'entretien le plus intéressant avec celui de Paul Sylbert, on aurait simplement préféré qu'il soit plus ramassé tant Contner semble parfois se répéter et chercher ses mots (ou attendre qu'on le relance).


Un signe des temps - Entretien avec l'actrice Lindsey Wagner (10 min 29 - 1.85 - DTS-HD MA - VOST - HD)
L'actrice de la célèbre série Super Jaimie, toujours aussi charmante à 69 ans, revient sur son expérience cinématographique. Alors qu'elle voulait chanter et enregistrer de la musique sous un pseudonyme, elle se retrouve engagée dans Les Faucons de la nuit sans même devoir passer une audition. Elle nous parle de la nature de son personnage, de sa relation romantique avec Deke Da Silva, ainsi que des différences entre un tournage à la télévision et au cinéma. Il ressort surtout de cet entretien un profond regret dû aux nombreuses coupes effectuées au montage concernant son personnage d'épouse du policier, relatives à plusieurs scènes en commun avec Sylvester Stallone dans lesquelles les deux comédiens livraient pourtant de belles performances dramatiques. On obtient enfin ainsi une explication concernant l'un des défauts majeurs du film.

Hollywood U.S.A. - Entretien avec Sylvester Stallone (1978) (16 min 06 - 4/3 - VOST - SD)
Ce supplément assez incroyable (par son propos et sa rareté), illustré par l'un des thèmes mélancoliques de Rocky, est en fait une émission de la télévision française. La journaliste Catherine Laporte Coolen est partie interviewer Stallone sur ses terres alors qu'il effectue sa préparation pour le tournage de Rocky II. Elle parvient à faire en sorte que l'acteur se livre sans fard sur sa vie, ses rêves, son imaginaire, ses frustrations, ses ambitions d'artiste, sa relation aux femmes, sa personnalité en général, son recours à l'écriture. On voit Stallone à l'entraînement et lors de répétitions sur le ring avec Carl Weathers, effectuer une séance de musculation avec son coach personnel et entrer dans une salle où s'accomplit le montage de sa première réalisation, La Taverne de l'enfer (Paradise Alley), qu'il évoque brièvement et dont il semble fier. Il s'exprime enfin sur F.I.S.T. de Norman Jewison dont il a réécrit le scénario, sur l'écriture, la célébrité et la mort... A nouveau merci à Jérôme Wybon pour ses qualités de chercheur de trésors.


Bande-annonce (1 min 43 - 4/3 - VOST - SD)
L'image est plutôt granuleuse, moyennement définie, trop lumineuse, étalonnée trop chaudement, pas au format mais relativement propre dans l'ensemble. Ce film-annonce est uniquement axé sur l'opposition explosive programmée  entre Wulfgar et Da Silva.

Galerie photos (6 min 42)
Cette galerie très fournie contient environ 80 images dans un format appréciable (que l'on peut faire défiler manuellement ou automatiquement) : des photos de tournage en noir et blanc, des photos d'exploitation en couleur et quelques affiches de plusieurs pays. La qualité est généralement bonne.

Par Ronny Chester - le 7 septembre 2018

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