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Test blu-ray

Le vent de la plaine

BLU-RAY - Région B
Opening
Parution : 14 / 2 / 2012

Image

Ce master part de la même copie qui a servi pour le DVD MGM sorti en 2004, à ceci près que l'image est cette fois-ci presque complètement nettoyée et mieux définie (surtout dans certains gros plans). Les couleurs sont très belles, les contrastes solides, la compression correcte. On regrettera que le transfert, qui date maintenant, ne fasse pas de miracle (la gestion du grain et le niveau de détails sont limités) et qu'il soit surtout encodé en 1080i50 (destiné à la télévision, il ne respecte pas la vitesse de défilement original de la pellicule).

Nous vous invitons à consulter notre comparatif entre le Blu-ray et le DVD sur notre forum.

Son

Pas de miracle là non plus mais le rendu est honnête. Les pistes DTS en VO et VF donnent un peu plus d'ampleur par rapport au mixage de l'ancienne édition DVD. Mais il persiste un son aux voix parfois couvertes, avec des sifflantes, et une texture musicale à l'aspect très étrange (une sorte de réverbération) qui participe à l'ambiance fantomatique du film.

Suppléments

Le film maudit de John Huston (15 min)
Patrick Brion et François Guérif reviennent sur le film, seul "western western" de la carrière de John Huston, qui était alors dans "une période dramatique, très sérieuse, de grande réflexion." On apprend quelques anecdotes de tournage comme les frictions entre Huston et Lancaster qui ne se laissait pas diriger (il venait de réaliser son propre film) ou l'accident d'Audrey Hepburn, alors enceinte, qui perdit son bébé. On revient sur les conditions de tournage "invraisemblables" au Mexique, dont le climat et le cadre difficiles devaient certainement satisfaire John Huston l'aventurier. Passionné d'art précolombien, le réalisateur s'est même débrouillé pour sortir quelques oeuvres illégalement hors du pays. Les problèmes de montage sont également abordés. Outre l'impossibilité pour Huston de visionner les rushes rapidement (la pellicule était développée à Londres), il s'est peu intéressé à cette étape décisive et s'est rendu compte trop tard que le montage initial de 2h30 n'était pas celui sorti en salles. On sent dans ce film "massacré" qu'il y a "matière à un chef-d'oeuvre". "Rapporté à la période moderne, ce serait une pièce de Tennessee Williams."

Audrey l'indienne (15 min)
Deux spécialistes du western et du monde indien analysent Le Vent de la plaine, sa filiation au genre par rapport à la vision de John Huston. Celui-ci n'embellit pas l'espace, ne cherche pas le beau paysage, mais exploite autre chose. Comparé à La Prisonnière du désert, l'Indien est ici plus pacifique : Huston prend en compte les avancées pro-indiennes du western. Il inverse aussi certains codes comme le récit de captivité et l'échange : c'est l'Indien qui est cette fois enlevé par des Blancs. Le personnage d'Audrey Hepburn cristallise le rejet de l'autre : elle est entre deux mondes où "la morale est pesante". Le choix de l'actrice est surprenant : poursuivant la tradition de l'acteur blanc qui joue un indien, c'est aussi un contre-emploi qui donne une certaine valeur à l'Indienne, habituellement reléguée au cliché sexuel.

Autour du roman (7 min)
François Guérif revient de façon très intéressante sur le livre original d'Alan Le May, auteur de La Prisonnière du désert. Guérif pense que Le Vent de la plaine est une sorte de mise au point de l'auteur par rapport à certains détails du film de John Ford (sorti avant la publication du livre qui a inspiré John Huston) : il y a en effet de nombreux développements sur des thématiques similaires. Guérif insiste aussi sur l'importance de l'écrivain par rapport au scénariste alors qu'"on oublie facilement qu'à l'origine des grands westerns il y a très souvent de grands romans". Aux Etats-Unis, Le Vent de la plaine et l'oeuvre d'Alan Le May sont d'ailleurs considérés comme de la grande littérature...

Bande-annonce (4 min 17) en version originale non sous-titrée

Par Stéphane Beauchet - le 22 février 2012