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Test blu-ray

Le Temps retrouvé

BLU-RAY - Région B
Blaq Out
Parution : 13 / 7 / 2016

Image

Comme pour Trois vies et une seule mort, autre film de Raoul Ruiz sorti chez Blaq out cet été, Le Temps retrouvé a été récemment restauré en 2K par le laboratoire L'Immagine Ritrovata à Bologne et les Parisiens d'Ike No Koi et Polyson. On retrouve à peu près les mêmes caractéristiques techniques, à savoir une image stable qui bénéficie d'un très beau piqué (malgré la photographie ouatée) et d'un grain fin, souvent abondant, qui n'a pas été estompé numériquement. Le rendu des couleurs est convaincant, avec une saturation poussée mais jamais dans l'excès. Ce qui n'est pas le cas des contrastes qui ont été accentués au-delà du raisonnable : les noirs sont un peu trop denses, régulièrement bouchés, et manquent de naturel. On notera que le nettoyage numérique n'a pas été totalement terminé puisqu'il subsiste quelques points blancs qui apparaissent (heureusement en quantité raisonnable) tout au long du film. Signalons un encodage robuste malgré la durée conséquente du film et surtout des suppléments (près de deux heures !).

Son

Les bandes-son ont été restaurées de manière subtile et très respectueuse du matériau d'origine. Les deux pistes sont extrêmement claires, propres, sans souffle, totalement nettoyées. Dans les deux cas, la musique (presque omniprésente) prend une belle ampleur. Le remix 5.1 offre une spatialisation discrète et précise dans les arrière-plans.

Suppléments

Blaq out a particulièrement soigné cette édition en donnant la parole à des spécialistes ou des participants directs du film, aux propos extrêmement pertinents. Notez que les suppléments sont aussi disponibles sur un DVD inclus dans le boitier.

Proust adapté (22 min - 1080i)
Un excellent module qui permet au journaliste et critique Bernard Génin d'évoquer les différentes tentatives d'adaptation de Marcel Proust au cinéma. Il s'attarde sur les projets avortés de Luchino Visconti et Joseph Losey, deux cinéastes dont les univers collaient parfaitement à l'esprit de l'écrivain (et dont les scénarios ont, depuis, été publiés). Spécialiste de l'oeuvre proustienne, Génin se permet quelques remarques très pertinentes, comme des réserves sur les choix d'Alain Delon dans le film de Volker Schlöndorff ou John Malkovich dans la version Ruiz. Le Temps retrouvé réunit selon lui les qualités d'écriture de Proust, montre "que le temps est immobile". Raoul Ruiz se concentre sur les sensations, en fait une oeuvre à lui ("Je n'ai pas adapté Proust, je l'ai adopté"). A noter que parmi les illustrations s'est malencontreusement glissée une photo de Ridicule de Patrice Leconte qui n'est pas encore une adaptation de Proust...

Proust inadaptable (12 min - 1080i)
Antoine Compagnon, professeur au Collège de France et spécialiste de Marcel Proust, compare le roman et le film que Raoul Ruiz en a tiré, "une lecture assez personnelle". Il commente les changements, les "modifications de proportion", soulignant que Le Temps retrouvé retient "les réminiscences heureuses" du livre mais qu'il n'en a pas repris toutes les nuances. C'est toutefois "le film de quelqu'un qui connaît bien Proust".

L'homme qui adapta Proust (22 min - 1080i)
Rencontre avec le scénariste Gilles Taurand qui évoque la "collaboration magique" avec Raoul Ruiz, les séances d'écriture, les tâtonnements, les recherches pour s'imprégner de "l'essence proustienne". Il se souvient d'un réalisateur qui avait déjà de nombreuses idées de mise en scène, intéressé par l'aspect protéiforme des situations et le côté expérimental.

Une petite musique de Vinteuil (19 min - 1080i)
Cet autre module très intéressant donne la parole à Jorge Arriagada, compositeur attitré de Raoul Ruiz pendant 35 ans et 46 films. Arriagada parle de sa collaboration avec le réalisateur, basée sur la recherche, l'esthétique et la connaissance de la musique ("le regard de quelqu'un qui fait de l'art contemporain"). Des explications très précises qui donnent une idée des subtilités de leur travail, notamment sur le score impressionniste du Temps retrouvé.

Monsieur Verdurin (15 min - 1080i)
Jérôme Prieur, écrivain et réalisateur, explique son intérêt pour le Raoul Ruiz et revient sur leur rencontre, plus précise, autour du livre de Proust dont il devint malgré lui un personnage, "une silhouette". Il parle du film, "autre chose que l'adaptation", et de ce projet important, un "roman-monde" qui a amené Ruiz à se dépasser. 
Il raconte sa vision du tournage, ce passage "du monde des vivants au monde des morts" et se souvient que Ruiz "excellait au mélange des gens". Il se rappelle de certains figurants qui arrivaient sur le film après avoir tourné sur le Astérix de Claude Zidi, des moments "dignes de l'humour de Ruiz".

Présentation du court métrage (10 min - 1080i)
Jérôme Prieur raconte ses écrits sur Proust, et notamment la biographie qu'il publia, l'occasion d'"approcher un absent", se pencher sur l'homme et ce que ses amis proches disaient de lui. Le tournage du Temps retrouvé, être dans le décor (apparent) de Marcel Proust, a été pour Prieur un déclencheur qui a libéré son écriture. Il parle également de son court métrage Proust vivant, autre supplément de ce Blu-ray.

Proust vivant (22 min - SD - 4/3)
Réalisé pour Arte par Jérôme Prieur, à partir de sa biographie de l'écrivain. Hanté par les statues du Père Lachaise, comme un ultime cortège funéraire, ou évoluant dans les beaux quartiers comme au temps jadis, Proust vivant évoque l'écrivain autant que l'homme du monde et l'ami, raconte son quotidien, retrouve les articles de presse ou les citations d'artistes qui ont commenté son décès. Illustré de nombreuses photographies ("son allure de peinture du Greco"), c'est un documentaire éclairant.


Les disques sont accompagnés d'un livret de 32 pages, Chez Proust en tournant. Jérôme Prieur, qui s'est vu malicieusement confier le rôle de M. Verdurin dans Le Temps retrouvé, livre ici un journal de ses huit jours de tournage. Observateur en coulisses, il découvre les contraintes du métier (les essais de costumes ou la mémorisation des textes) et ses événements inattendus (le salon littéraire quotidien durant le trajet vers les plateaux). Il livre quelques anecdotes amusantes sur Marie-France Pisier, son épouse à l'écran, ou Raoul Ruiz qui était "heureux comme un enfant". Il s'amuse aussi à côtoyer certaines personnalités : Alain Robbe-Grillet, un "Groucho Marx chez Marcel Proust", ou Catherine Deneuve, "apparition lumineuse qui ne se mêle pas aux autres". Il retiendra "l'effervescence joyeuse" d'un tournage "sans culte du chef", avouant qu'il lui est "impossible de savoir à quoi le film va nous faire ressembler".

En savoir plus

Taille du Disque : 49 579 504 565 bytes
Taille du Film : 38 907 420 672 bytes
Durée : 2:42:30.365
Total Bitrate: 31,92 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 25,00 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 25002 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1592 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 768 kbps / 24-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz / 3521 kbps / 24-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 35,135 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 27 octobre 2016