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Test blu-ray

Le Poison

BLU-RAY - Région B
Rimini Editions
Parution : 1 / 10 / 2019

Image

Suite de la collection Billy Wilder, chez Rimini, avec cette présentation du Poison, issue de la même restauration précédemment éditée par les anglais d'Eureka! en 2012. Il semblerait qu'il s'agisse également de la même source ayant servi au DVD sorti en 2005, cadres et traces d'usure étant exactement les mêmes. Malgré cette ancienneté relative, le rendu conserve une assez bonne facture pendant la première heure, avec une dégradation plus sensible ensuite, la faute à de nombreux et plus fréquents plans truqués (transitions en fondus au noir ou en fondus enchaînés) à la texture plus épaisse. Si on note également quelques passages (d'une minute ou deux maximum) issus d'une seconde source, moins fiable, le rendu apparaît tout de même assez correct, avec une définition très honnête, un niveau de détail acceptable et une belle présence du grain. Ancienne restauration oblige, les photogrammes n'ont pas été stabilisés numériquement et il reste encore quelques salissures, mais en quantité négligeable. La plupart du temps, les contrastes sont assez solides, avec un noir & blanc bien nuancé. Le matériel photochimique de départ n'étant pas irréprochable, et en l'absence de corrections infographiques supplémentaires, on notera des pulsations récurrentes du niveau de noir, avec quelques passages de pénombre très problématiques, aux noirs parfois trop clairs et irréguliers (éclaircissements sur le tiers droit). Des conditions encore perfectibles, les meilleures à ce jour, mais la plupart du temps relativement correctes pour un film qui n'a pas été choyé par son ayant-droit (Universal) depuis des années...

comparatif DVD Universal (2005) vs. Blu-ray Rimini (2019) :   1  2  3  4  5  6

Son

La version originale est de facture honnête, légèrement couverte et à l'amplitude modeste. Les voix sont heureusement très claires, sans saturations ou sifflantes, et l'ensemble a été correctement nettoyé, sans souffle trop envahissant. Rimini propose deux versions françaises, au choix. Les puristes opteront pour le doublage d'origine, au spectre sonore relativement étriqué. Peu de présence dans les basses fréquences, voix nasillardes, ambiances aténuées. Un court passage, non doublé à l'époque (censure?), est sous-titré. La seconde VF a été fabriquée plus récemment, avec des voix cristallines (un peu en décalage avec le film) mais un environnement daté, plus couvert et aigu, accompagné d'un léger souffle.

Suppléments

Conversation avec Mathieu Macheret et Frédéric Mercier (48 min - 1080i)
Retour des critiques du Monde et de Transfuge pour cette analyse approfondie et toujours très agréable à suivre. Les deux érudits évoquent la tonalité du Poison, proche du Film Noir par son atmosphère (ambiances expressionnistes), sa structure en flashbacks ou son héros, "personnage à la fois criminel et victime". C'est la description d'une solitude associée au motif de l'obsession, récurrents dans le cinéma de Wilder, traduits par l'ingéniosité de l'alcoolique et la description d'un monde qui finit par se transformer en cauchemar, un piège que Wilder retranscrit par une richesse d'inventions visuelles, souvent audacieuses pour un film hollywoodien de cette époque. Ils reviennent sur cette crise circulaire, l'enfermement du personnage dans une "boucle de laquelle on ne peut pas sortir", le jeu "absolument bouleversant" et extrêmement moderne d'un Ray Milland "déteriorié". Ils abordent également la minutie de l'écriture, foisonnante dans les détails, et la forme de modernité du Poison, à la fois cinéma moral et introspection "éblouissante" d'un anti-héros qu'on n'épargne pas.

Bande-annonce originale (2 min 06 s - SD upscalé en 1080p - non sous-titré)


Le Blu-ray est accompagné de Boire et déboires, non pas le film réalisé par Blake Edwards en 1989, mais un livret de 32 pages signé Marc Toullec. Le journaliste revient sur la difficile mise en chantier du Poison, à cause de la pression de la censure concernant l'alcool et des hésitations importantes de la Paramount : suite aux résultats décevants des projections-test et aux pressions des lobbies, le studio décala la sortie du film de plusieurs mois. Toullec raconte l'origine du projet et son adaptation, énumère certains changement effectués par rapport au livre, émettant l'hypothèse que le personnage principal a été fortement inspiré par Raymond Chandler, romancier avec qui Wilder avait récemment collaboré pour Assurance sur la mort. On évoque également la préparation très sérieuse de Ray Milland pour son rôle, l'acteur allant jusqu'à passer la nuit dans le dortoir d'un centre hospitalier, comme dans le film ; ou les prises de vue "sur le vif", en caméra cachée, dans les rues de New York. Un livret intéressant car complémentaire de l'analyse précédente, grâce aux infos glanées dans divers articles et biographies.

En savoir plus

Taille du Disque : 37 980 279 206 bytes
Taille du Film : 27 506 417 664 bytes
Durée : 1:40:48.709
Total Bitrate: 36,38 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 27,99 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 27991 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 2036 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 2008 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 2058 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 0,658 kbps
Subtitle: French / 0,188 kbps
Subtitle: French / 35,624 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 12 décembre 2019

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