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Test blu-ray

Le Génie du mal

BLU-RAY - Région B
Rimini Editions
Parution : 2 / 9 / 2014

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Il convient de remarquer que cette édition Haute-Définition est, tous pays confondus et sauf erreur de notre part, la première consacrée à ce film admirable de Richard Fleischer, et qu'elle s'avère, à bien des égards, tout à fait recommandable.

Saluons principalement la propreté du master, sa stabilité et l'apport indéniable de la HD en terme de définition, notamment vis-à-vis des éditions SD avec lesquelles nous pouvons la comparer : le voile un peu grisâtre semble s'être levé et les contours se réaffirment nettement. Cela est particulièrement manifeste dans certains gros plans de visages, quitte à ce que le maquillage parfois un peu grossier d'Orson Welles s'en trouve exposé. Notons toutefois à l'occasion quelques effets de flous, pour certains imputables à la mise en scène de Richard Fleischer, mais qui trahissent pour d'autres les limites du rendu (notamment dans les arrière-plans).

Aucun défaut manifeste de compression ne nous est apparu, pas plus qu'un quelconque excès de lissage numérique : le grain de la pellicule semble avoir été joliment conservé. Si l'on s'autorisait toutefois une toute petite réserve, elle concernerait peut-être le piqué, qui nous semble globalement manquer un peu de finesse. 

Son

La version originale ne souffre d'aucun défaut criant, et s'avère là aussi tout à fait recommandable. Un bel équilibre s'opère entre les dialogues, la partition musicale et les sons d'ambiance. Orson Welles a beau marmonner, on ne perd rien de son édifiante plaidoirie finale. Et malgré le talent de son fidèle doubleur Jean Davy, on préférera incontestablement la piste originale à la version française, même si le rendu de celle-ci est plutôt convenable.

Suppléments

Le Blu-ray reprend l'intégralité des suppléments présentés sur le DVD, proposés ici en HD, et y ajoute un dernier module exclusif consacré spécifiquement à Orson Welles.

Présentation du film par Richard Fleischer (4 min 27)
Court module dans lequel Fleischer parle de son film, de son intérêt pour la psychologie et les personnages de méchants, et de sa relation avec Welles. C'est un vrai plaisir d'entendre Fleischer, et l'on aurait rêvé que ce bonus soit bien plus long.

Le Noir selon Fleischer (9 min 16)
Un parcours rapide de l'œuvre de Fleischer mené par Christophe Champclaux, essentiellement centré sur son œuvre policière et noire à l'exception étonnamment du Génie du mal, de L'Etrangleur de Boston et de L'Etrangleur de Rillington Place, le document semblant même avoir été brutalement amputé de ce passage. Nous avons à nouveau le plaisir de retrouver ici des interventions de Fleischer sur L'Enigme du Chicago ExpressLes Inconnus dans la ville et Les Compagnons de la dernière chance. Encore une fois, le document nous semble trop court, mais il est très intéressant de retrouver des interventions directes du réalisateurs sur certains de ses films les plus importants.

Un crime et deux maitres (48 min 50)
Un retour sur le fait divers réel ayant inspiré Le Génie du mal et sur ses deux adaptations cinématographiques, celles de Fleischer donc et celle de Hitchcock (La Corde). Un documentaire plutôt complet, même s'il est essentiellement constitué d'une énumération d'informations, mais malheureusement perturbé par la diction pénible de ses intervenants. C'est notamment vrai de l'intervenante principale qui semble lire très péniblement son texte. Voilà un détail qui sur la longueur du documentaire devient particulièrement irritant. Un module un peu décevant, surtout lorsque l'on considère qu'il est le principal bonus de cette édition.

Le Roman de Meyer Levin (16 min)
Présentation par François Guerif du livre dont s'inspire le film et de son auteur, Meyer Levin. Comme d'habitude avec cet intervenant, il s'agit d'un module riche et passionnant.

Teaser (1 min) : un teaser d'époque + Bande-annonce (2 min 27) : une bande-annonce d'époque

Orson Welles, acteur (26 min)
On retrouve dans ce module signé Marc Toullec l'intervenante principale du module Un crime et deux maîtres (voir plus haut), à la diction laborieuse et, sur la durée, assez pénible. Evoquant à la fois (brièvement) ses performances dans ses propres films mais aussi (et surtout donc) ses apparitions chez d'autres cinéastes, ce supplément se concentre, un peu superficiellement, sur le style du comédien Orson Welles. Compte tenu de l'ampleur de la filmographie et de la brièveté du supplément, celui-ci se concentre sur quelques instants emblématiques, du Troisième homme de Carol Reed à la rencontre avec Brian De Palma sur Get to Know Your Rabbit.

Soulignons donc, malgré quelques défauts de forme, la qualité éditoriale de cette édition, en saluant l'effort fourni à cette occasion par la jeune société Rimini Editions.

Par Antoine Royer (technique) et Philippe Paul (bonus) - le 1 septembre 2014

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