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Test blu-ray

Le Coup de l'escalier

BLU-RAY - Région B
Rimini Editions
Parution : 20 / 9 / 2022

Image

Le Coup de l'escalier a bénéficié d'une restauration 2K en 2016 grâce au British Film Institute, qui l'a édité dans la foulée en Blu-ray, au format carré 1.33. Le film est sorti aux Etats-Unis en 2018 chez Olive Films, mais avec un autre choix de cadrage : le 1.85. Dans les faits, le film a été produit à une époque où les salles de cinéma passaient, depuis quelques temps déjà, du format standard 1.37 à des formats panoramiques (comme le Cinemascope de la Fox ou le Vistavision de la Paramount). Pendant un certain laps de temps, il a donc fallu que les studios proposent les deux formats possibles, laissant le choix final aux salles selon leurs possibilités : on conservait pour les deux options une latitude suffisante dans la composition des images. Le choix de Rimini de proposer le format natif de la prise de vues, avec davantage d'informations en haut et en bas de cadre, n'est donc pas une aberration même si on peut penser (sans avoir eu accès à des documents écrits plus précis) que Robert Wise et son chef opérateur ont sans doute pensé le film en 1.85.


Blu-ray BFI (UK) vs. Blu-ray Olive Films (USA)

Le Coup de l'escalier est proposé dans sa plus belle restauration à ce jour, offrant de bonnes conditions de visionnage et un rendu où ne subsistent que de menus défauts. La source utilisée pour cette restauration n'est peut-être pas le négatif original, elle a sans doute été complétée pour certains plans par un second élément un tout petit peu moins fin. Les cadres ont été également stabilisés et, pour compenser une petite douceur générale du scan d'origine, Rimini a financé un complément de restauration et l'application d'une légère accentuation des contours. Le niveau de détail reste parfois un peu doux mais l'ensemble bénéficie d'une bonne définition et de gros plans précis et assez réussis. Le laboratoire en a profité pour améliorer le nettoyage des images en ôtant les nombreuses traces d'usure (présentes sur les disques étrangers) mais sans pouvoir gommer quelques rayures verticales tenaces, fines et heureusement très ponctuelles, malheureusement trop compliquées à enlever. L'étalonnage est appréciable, le noir & blanc est plutôt nuancé, mais on regrettera une calibration générale peut-être un peu trop claire, en tout cas moins cohérente que ce qu'on pouvait voir sur le DVD Wild Side. Un phénomène particulièrement visible sur les carnations, défaut fréquemment croisé sur des restauration britanniques de films en noir & blanc, qui ne semble pas imputable aux retouches du laboratoire français, les niveaux de contraste étant équivalents entre les disques britannique et français. L'aspect argentique a été conservé, le grain fin est bien présent. Il n'a pas été atténué et semble parfois mieux encodé (plus visible) que sur le disque anglais.

DVD Wild Side (2009) vs. Blu-ray Rimini (2022) : 1 2 3 4 5 6 7 8

Son

La version originale propose une restitution sonore correcte. On sent encore une infime usure du matériel, de très légers craquements présents en permanence mais surtout audibles dans les moments de silence. L'ensemble se montre très détaillé, avec une belle présence des voix et des sons ambiants, ainsi que de légères sifflantes. On notera un rendu particulièrement bon dans les basses fréquences, sur certains passages musicaux (dans le club, notamment, où la contrebasse est bien mise en avant). La version française apparaît beaucoup plus timide, moins ample (évident durant les morceaux musicaux). L'ouverture est plus réduite, c'est la même chose pour les voix, les ambiances restent très modérées, discrètes voire absentes, occasionnant une petite impression d'artificialité.

Suppléments

Le Coup de l'escalier est présenté dans un très beau digipack avec fourreau, dont on pourra seulement regretter une citation maladroite (au verso) qui dévoile pas mal la fin du film... Le combo est accompagné du Sommeil de la raison engendre des monstres, un livret de 26 pages écrit (comme toujours de manière très complète) par Christophe Chavdia. Il présente l'auteur William P. McGivern, "une voix particulière dans l'Amérique littéraire des années 50" et son roman à l'origine du film qui est ici minutieusement décortiqué et comparé avec le résultat final - avec au passage un éclairage bienvenu sur le mystérieux titre français, allusion à un argot du jeu. Christophe Chavdia raconte comment Harry Belafonte, "première idole médiatique noire", militant pour les Droits Civiques et "homme en colère" contre "la timorée Hollywood" se lancera lui-même dans la production pour impulser une "représentation autre des Noirs au cinéma". Pour Le Coup de l'escalier, il s'entoure de Robert Wise et d'une équipe d'"artistes progressistes". Le récit de la production nous apprendra que Robert Ryan refusa d'abord le rôle de crainte d'être amalgamé avec son détestable personnage. Le livret se conclue sur la sortie du film, les campagnes publicitaires différemment ciblées selon les populations blanches ou noires, l'accueil critique et le succès public qui ne sera pas au rendez-vous, obligeant Belafonte à abandonner ses prétentions de producteur pour se recentrer sur sa florissante carrière de chanteur...

Le film est accompagné de plusieurs suppléments :

La griffe Robert Wise (30 min - HD)
C'est toujours un plaisir de retrouver Olivier Père, directeur de l'unité cinéma d'Arte France, qui analyse Le Coup de l'escalier, projet porté par Harry Belafonte, "roi du calypso" et acteur engagé. Il évoque longuement le parcours du réalisateur Robert Wise qui a débuté tout en bas de l'échelle, est devenu un très grand monteur puis un cinéaste intéressé par la mise en scène et les défis techniques, à la carrière parfois inégale. Wise est "encore sous-estimé", comme l'est aussi Richard Fleischer : deux réalisateurs qui ont fait leurs preuves dans presque tous les genres hollywoodiens sans obtenir le "statut d'auteur". Olivier Père remarque sa façon de filmer les temps morts, anticipant les commentaires du module suivant, et note un traitement réaliste et poétique de l'espace urbain et des scènes en extérieur similaires à celui de West Side Story, que Wise tournera juste après. Il évoque également l'"importance capitale" du scénariste blacklisté Abraham Polonsky et la performance de Robert Ryan, "blessé et déchu", dans "un de ses plus beaux rôles". Olivier Père revient enfin sur la sortie "très clivante" d'un film "en avance sur son temps", notamment pour sa conclusion (qui rappelle celle de L'Enfer est à lui), beaucoup trop sombre pour le public de l'époque.

Le temps selon Robert Wise (10 min - HD)
Jacques Demange, critique à la revue Positif, évoque l'importance du temps dans la filmographie de Robert Wise et plus spécialement dans Le Coup de l'escalier, vrai et faux film d'action basé sur le suspense et l'attente. Il remarque notamment la présence de temps morts dans l'histoire, une pratique contraire à l'efficacité hollywoodienne (qui aurait préféré l'ellipse) que Wise compense en mobilisant l'attention du spectateur, annonçant "quelque chose dans le cinéma moderne". Jacques Demange revient sur le parcours de Robert Wise et sa première carrière de monteur aux côtés de "grands maîtres" comme Orson Welles dont le travail est, comme par hasard, également caractérisé par la présence du temps. Le Coup de l'escalier marque une transition dans la carrière du cinéaste, entre le film de gangsters et le film musical, très jazzy (il tournera West Side Story juste après).

Bande-annonce (3 min 10 s - HD - non sous-titré)
En version restaurée avec titrages reconstitués.

En savoir plus

Taille du Disque : 37 290 633 208 bytes
Taille du Film : 28 115 697 792 bytes
Durée : 1:36:30.868
Total Bitrate: 38,84 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 32,94 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 32944 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 2039 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1706 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 0,361 kbps
Subtitle: French / 21,000 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 21 novembre 2022