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Test blu-ray

La Maison des sept péchés

BLU-RAY - Région B
Elephant Films
Parution : 12 / 12 / 2023

Image

Le film avait été édité en DVD en France en 2005, dans une collection Marlene Dietrich, aux masters très abîmés, et la restauration Universal utilisée ici (qui avait déjà, à l'étranger, servie pour des éditions HD américaine - chez Kino Lorber en novembre 2020 - et britannique - au sein du coffret Marlene Dietrich at Universal 1940-1942 chez BFI en janvier 2021) représente bien évidemment un upgrade majeur, à défaut d'être parfait.

Quelques stries verticales demeurent ponctuellement (voir captures 5 et 6, par exemple, dans la galerie ci-contre à droite), et la définition est honorable sans être stupéfiante : le rendu est un peu doux, l'ensemble manque un peu de piqué et de finesse, en particulier sur certains arrière-plans. Le rendu des contrastes est inégal, avec quelques plans de toute beauté et d'autres dans lesquels les noirs sont un peu trop denses.

Son

La piste audio originale, DTS-HD Master Audio 2.0, porte là aussi son âge, mais le résultat est tout à fait convenable : peu de scories, un bon équilibre global, une perception claire des dialogues (le film est assez bavard) ou des séquences chantées. Le job est fait.

En comparaison, la piste française est mixée un peu plus bas, et semble surtout n'avoir gardé que la piste des dialogues : presque plus de souffle de fond (ce qui, incidemment, fait ressortir les scratchs) mais surtout plus de sons d'ambiance : à titre d'exemple, dans la scène du bar marquant le retour d'Antro (à partir de 22'40''), le piano a carrément disparu ! Et puis franchement, quoiqu'on pense du doublage (et de la foire aux accents dans les second rôles) regarder un film avec Marlene Dietrich en vf, quelle idée saugrenue... 

Suppléments

Sur le disque, Xavier Leherpeur entreprend un Portrait de Marlene Dietrich (12'30" - HD - notons que le cadre choisi pour les prises de vue est curieux, avec cette contre-plongée de biais dans une pièce très sombre, ce qui ne met pas forcément en valeur l'intervenant), cette "enfant du siècle", à la fois "symbole sexué" et "porteuse de toute une histoire". Les contours du "mythe Dietrich" sont définis à partir de la manière dont les grands cinéastes qu'elle a croisés (Hitchcock, Wilder, ou évidemment Josef von Sternberg) vont filmer son corps, sa silhouette, "dans son intégralité et dans sa force", mais aussi en particulier son regard "jamais dupe de rien". A travers son parcours (son éducation rigoriste à laquelle elle s'oppose pour développer son goût de la provocation ; l'émulation libérale du Berlin des années 20...), Xavier Leherpeur fait ressortir la volonté, chez la comédienne, "de ne jamais baisser les yeux, de ne jamais s'excuser de rien", ce qui contribuera à sa postérité, auprès notamment des mouvements féministes. Une partie est spécifiquement consacrée à la période américaine de Dietrich, motivée par la volonté des studios de trouver une concurrente à Greta Garbo, mais durant laquelle elle parviendra à faire ressortir sa singularité, à travers sa voix, les thèmes audacieux de ses chansons ou sa manière très particulière de capter la lumière. Enfin, il établit la postérité de Marlene Dietrich en identifiant un certain nombre de personnalités ou de domaines dans lesquels son influence reste présente. 

De son côté, Samir Ardjoum dresse lui un bref portrait de John Wayne (10' - HD), "un de ces rares acteurs dont le nom est communément associé à un genre", en l'occurrence le western. Pour décrire l'importance du comédien, "porte-étendard des idées de son époque" (qui représente tout ce que Samir Ardjoum "a combattu dans sa vie", se sent-il obligé de préciser), il affirme que "John Wayne ne sait pas jouer, mais que c'est dans sa manière d'être faux qu'il se passe quelque chose" (idée potentiellement intéressante, telle qu'elle un peu floue) et qu'il s'agit ainsi de l'un de ses acteurs préférés. A partir de 4'30'', il retrace le parcours du comédien, depuis le lycée, ses débuts auprès de Tom Mix, La Piste des géants de Raoul Walsh, la traversée du désert des années 30, jusqu'à La Chevauchée fantastique (1939). Il décrit ensuite les principes et les convictions de John Wayne, "qui a toujours envisagé le cinéma comme un moyen de raconter et d'exporter son Amérique", et ainsi la persistance, malgré ses positions idéologiques, de son influence dans certains états américains. Un module un peu frustrant, qui ne semble souvent qu'effleurer son sujet, avec des affirmations qui auraient mérité d'être davantage étayées ou précisées (et par ailleurs bien peu d'extraits pour illustrer).

Dans un module plus spécifique au film dont il est question ici, Seven Sinners fait l'objet d'une présentation par Jean-Pierre Dionnet (12' - HD), présenté comme le "premier très bon film de Marlene après sa longue association avec Josef von Sternberg". Après quelques généralités sur ce "couple parfait", Jean-Pierre Dionnet arrive à Tay Garnett, metteur en scène "un peu sous-estimé", qui après avoir été dans un premier temps destiné à une carrière comique (il aura travaillé pour Mack Sennett), saura ensuite insuffler des éléments burlesques dans ses films. C'est notamment le cas, selon Dionnet, dans ce film "formidable", qui propose des "montagnes russes émotionnelles", l'humour permettant d' "éviter un côté trop sirupeux". Puis, dans un exercice de survol de filmographies instructif mais un peu anecdotique, il est question de John Wayne, encore jeune ici (et '"ce n'est pas encore le grand John Wayne, qui commence après La Rivière rouge"), de Mischa Auer - comédien "toujours épatant" dans ses "rôles de troisième couteau à bout rond" - ou d'Anna Lee (qui est brune ici car Marlene ne voulait pas de blonde face à elle). Il concentre ensuite son attention à Irene (Lentz), costumière importante pour sa collaboration, notamment, avec Vincente Minnelli ou Ginger Rogers et Fred Astaire et insiste en conclusion sur les "ruptures de ton" d'un film "tout simplement charmant".

Plusieurs bandes-annonces (pour certaines dans leur jus) de sorties récentes d'Elephant Films mettant en scène Marlene Diterich ou John Wayne (Seven Sinners évidemment, mais aussi Le Cantique des cantiques, L'Impératrice rouge, La Femme et le pantin ou L'Ange et le mauvais garçon).

En savoir plus

Taille du Disque : 32 828 028 928 bytes
Taille du Film : 23 016 824 832 bytes
Durée : 1:26:41
Total Bitrate: 35,40 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video 1080p / 23.976 fps / 16:9 / Main Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Subtitle: French, English

Par Antoine Royer - le 15 janvier 2024