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Test blu-ray

Jeanne la Pucelle

BLU-RAY - Région B
Potemkine
Parution : 17 / 9 / 2019

Image

Alors qu’est sorti le film Jeanne de Bruno Dumont, suite de Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc, Potemkine en profite pour ressortir en Blu-ray et DVD le film en deux parties de Jacques Rivette, Jeanne La Pucelle, dont une restauration image et son en 4K d’après les négatifs 35mm originaux a été effectué en 2017 par la société Hiventy, sous la supervision de la directrice de la photographie Irina Lubtchansky. Cette même société a aussi restauré La Belle Noiseuse et La Bande des quatre de Jacques Rivette dont les sorties en Blu-ray n'ont toujours pas été annoncées.

Concernant Jeanne la pucelle, on peut d’ores et déjà affirmer que la définition et la visibilité sont excellentes, aussi bien dans les plans en intérieur, souvent éclairés à la lueur des bougies ou d’un feu de cheminée, que dans les plans en extérieur, de jour comme de nuit : de nombreuses images en clairs-obscurs permettent d’apprécier la gestion de la luminosité et de la profondeur des noirs. Les plus observateurs constateront tout de même la présence assez rare de point blancs, taches et griffures qui sont fort heureusement rares sur les 5 h 36 min de film. Le film ne semble pas avoir subi de filtrage numérique, ce qui permet d’apprécier un grain cinéma discret et un niveau de détails élevé. Cependant, les deux parties du film tenant sur un unique Blu-ray, le débit vidéo en souffre évidemment, avec quelques problèmes de compression récurrents, légers dans l'ensemble mais parfois un peu visibles, sans que cela n’influe trop sur l’image qui reste de bonne qualité. N’ayant eu droit jusqu’ici qu’à une diffusion en VHS, Jeanne La Pucelle est aujourd'hui proposé avec la meilleure qualité possible.

Son

Le film dispose, certes, d’une piste sonore DTS-HD MAster Audio 5.1 mais ne vous attendez pas à de l’action grandiloquente. Contrairement à ce qu’évoque le titre de la première partie, « Les Batailles » ne sont pas si nombreuses et on est loin des superproductions tel que pouvait être le Jeanne d’Arc de Luc Besson. On appréciera surtout la clarté des voix ainsi et l’ambiance sonore générale qui profite plutôt bien de l'enveloppement surround du 5.1, nous transportant véritablement au centre des différents tableaux du quotidien de Jeanne, lorsqu’elle est dans une ferme, une armurerie, ou durant les batailles et les assauts, quand fusent les flèches, les coups d’épées et les cavalcades en hors-champ, ou quand les flammes crépitent lors de la fatidique séquence du bûcher. La musique dirigée par le compositeur Jordi Savall prend toute son ampleur lors de moments importants tel que le sacre du roi Charles VII à Reims ou lors des batailles avec un air plus martial. Elle apparaît sinon furtivement, comme pour les moments de prière de Jeanne. L’audiodescription décrit parfaitement les scènes en évitant soigneusement d’empiéter sur les dialogues.

Suppléments

Les suppléments, uniquement présentés sur un DVD, sont finalement très légers. Il aurait pu être intéressant d’avoir un exemplaire ou même des extraits du journal de tournage de Sandrine Bonnaire, par exemple.

Analyse du film par Pacôme Thiellement (21 min -  2019)
Dans cette analyse passionnée, le vidéaste Pacôme Thiellement aborde tout d’abord la figure de femme guerrière dans la filmographie de Jacques Rivette, de son premier long métrage Paris nous appartient en 1960 jusqu’à Jeanne la Pucelle en 1994. Il présente ensuite, très brièvement, le Roman d’un tournage, ouvrage écrit par Sandrine Bonnaire dans lequel on apprend par exemple que quelques temps avant le tournage de La Belle Noiseuse en 1991, Jacques Rivette contactait déjà l'actrice pour jouer le rôle de Jeanne d’Arc. Il parle ensuite du livre de Régine Pernoud, Jeanne d’Arc, par elle-même et par ses témoins", qui décrit Jeanne non seulement sous son propre angle mais surtout sous celui de ses contemporains. Il donne ensuite son avis sur le personnage de Jeanne vu par Rivette, pas forcément juste historiquement, mais qui se démarque fortement des autres interprétations qu’on a pu observer au cinéma jusqu’alors. Celle de Rivette est plus humaine, fait moins figure sacrée comme Renée Falconetti dans La Passion de Jeanne d’Arc ou la Jeanne de Fleming, Preminger ou Rossen. Il insiste enfin sur la présence du réalisateur dans le film, qui interprète un prêtre exorciste, et restaure une figure jusqu’alors perçue comme un personnage hollywoodien ou utilisée politiquement pour défendre les convictions de l’extrême droite.

Interview d'Olivier Bouzy (22 min - 2019)
Cet entretien avec Olivier Bouzy, docteur en Histoire médiévale, se concentre sur la figure de Jeanne d’Arc, sur sa représentation et son héritage. Il aborde les sources historiques concernant l’histoire de Jeanne d’Arc grâce notamment à des journaux et des chroniques de l’époque ainsi que les procès et les rapports de docteur, ce qui permet d’obtenir des descriptions de Jeanne. Intéressant quoi qu’un peu trop scolaire et confus par moment, ce module s’éloigne un peu du film de Rivette.

Par Giuseppe Leone - le 29 octobre 2019