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Test blu-ray

Frayeurs

BLU-RAY - Région B
Artus Films
Parution : 2 / 10 / 2018

Image

Troisième film à intégrer la belle collection Lucio Fulci d'Artus, Frayeurs est également présenté dans une restauration 2K très correcte. La copie est stable, très propre, avec des images lumineuses, des contrastes équilibrés et une colorimétrie plutôt naturelle, souvent bien saturée. Malgré de fréquentes erreurs de mise au point (ou d'un tirage optique un peu à l'ouest), la définition est assez bonne, le trait est fin, mais le niveau de détail paraît souvent limité. Il faut avouer qu'il n'est pas du tout aidé par un encodage très problématique ayant une fâcheuse tendance à gommer les éléments les plus fins et lisser des parties de l'image. Textures et détails dans les aplats (vêtements et même visages) paraissent alors bien inconsistants, d'autant plus que le grain a été sérieusement estompé, voire effacé la plupart du temps. On peut se faire une vague idée des images d'origine dans les extraits inclus dans certains suppléments, ainsi que la bande-annonce. C'est une correction assez lourde qui a été appliquée par l'éditeur, et nous avons du mal à y trouver une justification solide : il reste autour de 10 Gigas de place disponible sur le disque (soit près de 20 % du total), ce qui était largement suffisant pour renforcer le débit vidéo et probablement éviter ce malheureux résultat. Dommage...

Son

La version originale mono est de bonne facture, sans souffle ou traces d'usure marquées. Les dialogues sont clairs, avec quelques légères sifflantes et des ambiances mesurées (conformes au mixages d'origine). La version française perd un peu en basses fréquences mais reste de bonne qualité, également, notamment par la qualité du doublage. On ne relève pas de souffle et aucune sifflante.

Suppléments

Frayeurs est présenté en Blu-ray et DVD, dans un très beau digibook contenant Frayeurs, une porte vers l'univers tentaculaire d'H.P. Lovecraft, un livre de 80 pages richement illustré, rédigé sous la direction de Lionel Grenier, du site luciofulci.fr. Après quelques extraits d'entretiens donnés par le réalisateur, qui dit privilégier la tension à l'horreur, et avoir pensé Frayeurs comme un "film-cauchemar", la majeure partie du livre s'articule autour de l'auteur H.P. Lovecraft qui influença le cinéma de genre... dont Frayeurs. Un premier texte compile des films ayant été fortement inspirés de son univers, comme Evil Dead (1981) qui célèbre "joyeusement" la filiation, L'Antre de la folie (1995) et sa "grande fidélité au style de Lovecraft", Mortuary (2005) et son décor macabre, à l'"horreur suintante, organique et putride", ou Dark Waters (1993), "oeuvre viscéralement lovecraftienne (...) qui convie à l'ivresse des profondeurs".
Un second texte propose des analyses fouillées et comparatives des différentes adaptations d'H.P. Lovecraft au cinéma avec leurs "textes source", regrettant que le cinéma parvienne finalement "assez rarement à rendre justice à la puissance des fictions de l'écrivain". On évoque ici La Malédiction d'Arkham (1963), Nécronomicon (1993), Réanimator (1985), "reprise très kitsch et camp" de Stuart Gordon ("l'un des adaptateurs les plus prolifiques de l'oeuvre de Lovecraft") ou From Beyond (1986). Le livre se conclut avec un focus sur La Malédiction céleste de David Keith (1987), dont Lucio Fulci réalisa les scènes à effets spéciaux.

Le film est accompagné de plusieurs suppléments spécialement produits pour cette édition par Artus :

Voyage au bout de la peur (15 min - 1080i)
Lionel Grenier fait une présentation très complète de Frayeurs, "véritable premier film d'horreur de Lucio Fulci". Répondant aux critiques de l'époque qui accusaient le film d'être "désarticulé", Grenier assume l'invraisemblance de l'histoire et recoupe certaines figures récurrentes dans la filmographie de Fulci. Il évoque Savannah, lieu de tournage "judicieux" qui rappelle le culte vaudou, et souligne les différentes allusions au vampirisme ou au western. Il rappelle que Frayeurs est marqué par les stigmates d'une certaine imagerie catholique et revient sur les obsessions thématiques du réalisateur, comme l'omniprésence de l'oeil.

"Personne ne verra jamais ce film" (24 min - 1080i)
Lionel Grenier a rencontré Catriona McColl qui se souvient de cette période où, actrice débutante, elle avait eu quelques doutes à tourner un film d'horreur. Elle raconte plusieurs anecdotes sur ses partenaires dans le film ou sur le tournage à Savannah, dans des lieux pas toujours hospitaliers, et revient longuement sur la scène du cercueil, au déroulement très technique mais peu rassurant. Si elle fut "impressionnée par le résultat", elle se rappelle encore les tensions avec le réalisateur, comme pour la scène des asticots qui lui montrèrent un aspect de la personnalité de Fulci qu'elle ignorait encore : il semblait prendre plaisir à la voir souffrir.

Artus reprend ensuite certains suppléments produits par Freak-O-rama :

La ville des morts-vivants (31 min - 1080i)
L'acteur Giovanni Lombardo Radice revient, dans un bon français, sur son approche du personnage de Frayeurs, pensé à l'origine comme bossu. Il évoque le caractère "très sombre" de Lucio Fulci et se souvient de ses partenaires comme Michele Soavi, qui le dirigera quelques années plus tard, ou Antonella Interlenghi dont il fut "foudroyé par l'absolue beauté" et avec qui il partagea visiblement pas mal de joints. Il parle de son amitié avec le directeur de la photographie Sergio Salvati qui lui donna de précieux conseils pour mieux jouer avec la caméra, et dont le travail transforma Savannah de "ville joyeuse" en cité fantomatique. Giovanni Lombardo Radice raconte le tournage de la scène de la perceuse, avec un Venantino Venantini "authentiquement violent", et surtout la phase de fabrication d'une prothèse pour les effets spéciaux qui fut "vraiment une torture".

Sous le cimetière (31 min - 1080i)
Le décorateur Massimo Antonello Geleng parle de sa collaboration avec Lucio Fulci, "problématique" au début puisqu'il fut imposé par la production, le réalisateur ayant mis ensuite un certain temps à lui faire confiance. Il parle de son travail sur les décors du film, "où tout ou presque a été reconstitué", comme les appartements recrées avec des "stratagèmes divers et variés" ou le sous-sol du cimetière, "construction très compliquée" basée sur des éléments mobiles. Il parle du tournage à Savannah, choisie davantage pour des raisons financières qu'esthétiques, dont les quartiers dégradés au "cadre unique" étaient submergés de poussière et de brouillard pour les besoins du film. Geleng évoque ses nombreux tableaux (dont un autoportrait) qui apparaissent dans Frayeurs, et se souvient de plusieurs scènes à effets spéciaux : les vers collés un à un sur des "acteurs choqués", ou la tête transpercée ("sur ce genre d'effets, Fulci est un maître immense").

Bandes-annonces de Frayeurs (2 min 59 - 1080p), au grain mieux restitué que sur le film, L'Enfer des zombies (1 min 23 - 1080p) et L'Au-delà (3 min 25 - 1080p)

On trouve enfin une galerie d'affiches et de photos d'exploitation (3 min 17 - 1080i)


En savoir plus

Taille du Disque : 41 797 661 736 bytes
Taille du Film : 19 941 992 448 bytes
Durée : 1:32:41.541
Total Bitrate: 28,69 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 23,87 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 23875 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / LPCM Audio / 2.0 / 48 kHz / 1536 kbps / 16-bit
Audio: Italian / LPCM Audio / 2.0 / 48 kHz / 1536 kbps / 16-bit
Subtitle: French / 11,029 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 28 décembre 2018