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Test blu-ray

Eaux profondes

BLU-RAY - Région A, B, C
Gaumont
Parution : 4 / 6 / 2014

Image

Bien que le film de Michel Deville soit vendu à moins de 10 €, l'éditeur n'a pas du tout bradé l'aspect technique de cette collection. Nous sommes ici dans la moyenne habituelle des Blu-ray Gaumont, avec des points forts et quelques défauts récurrents comme ce niveau de noir légèrement trop élevé, là où l'on aurait aimé des contrastes plus profonds. Ce défaut a l'inconvénient de faire ressortir dans les noirs une dominante verte parfois assez prononcée, conséquence de l'étalonnage d'origine. Peu remarquée dans les scènes en pleine lumière, cette colorimétrie particulière est beaucoup plus visible dans les scènes nocturnes ou d'intérieur (et notamment celles au début du film) sans que cela impacte les teintes de peau. Si l'on considère que ce master HD respecte les choix artistiques d'origine, on peut en même temps se demander si l'on n'aurait pas pu en profiter pour corriger des imperfections de ce genre (certaines restaurations, comme celle des Mariés de l'an II chez le même éditeur, ne se sont pas gênées à l'époque). Excepté cela, le rendu est très beau : une copie très propre avec un grain plutôt discret mais suffisamment préservé pour ne pas atténuer le piqué de l'image et le niveau de détail, de bonne tenue. Bien que le taux de compression soit élevé on notera de rares défauts d'encodage dans les arrière-plans uniformes (dont un à 29 min 00 s, par exemple). Les plus pointilleux relèveront enfin un léger effet de posterisation pendant le fondu au noir après le logo Gaumont, en tout début de film.

Son

Gaumont propose une bande-son de qualité, restituant très fidèlement le mixage mono d'origine : un rendu clair et équilibré, extrêmement propre et dénué de tout bruit parasite.

Suppléments

Nous retrouvons les suppléments produits pour le coffret DVD consacré à Michel Deville, sorti en 2008.

Faire un film par Michel Deville : diriger les acteurs (22 min - SD)
Entretiens croisés qui dévoilent un peu les méthodes de travail du réalisateur, et en particulier ses rapports avec les comédiens auxquels il donne une grande importance. Il compose lui-même son casting et fait beaucoup d'efforts pour entretenir une complicité forte avec eux, attentif à leur bien-être sur le plateau. Sensible au pouvoir de séduction de l'acteur, Deville utilise leur côté "extériorisant" pour donner un contrepoint à son cinéma intimiste et privilégie la spontanéité en filmant, par exemple, les répétitions. Un supplément éclairant.

Timidité, certitudes et Gary Cooper (28 min - SD)
Ce module revient sur Eaux profondes, idée d'abord proposée à Michel Deville par Jean-Pierre Cassel (qui devait interpréter le héros) après le tournage du Mouton enragé en 1974. Mais pour des questions d'adaptation peu satisfaisante et de casting compliqué, le projet est abandonné. Sept ans après, et quelques films plus tard, Deville ayant pris du recul se trouve de nouveau inspiré et prêt à le tourner. Le réalisateur retrouve alors Jean-Louis Trintignant avec qui il vient tout juste de terminer la supervision du doublage français de Shining pour son ami Kubrick. L'acteur revient sur Eaux profondes, qu'il considère davantage comme un film d'amour plutôt qu'un thriller, et sur son personnage qu'il a joué au "premier degré", dans un seul ton. Très humble, Jean-Louis Trintignant (pour qui ce film compte parmi les dix meilleurs qu'il ait tournés) ne peut s'empêcher de penser que Jacques Dutronc (également pressenti pour le rôle) aurait été meilleur. Deville reconnaît, quant à lui, que Trintignant s'est amélioré et "a pris goût au jeu" depuis Le Mouton enragé. S'il manque sans doute un fil conducteur marqué et un aspect analytique plus étoffé, l'ensemble se suit avec intérêt.

Bande-annonce (2 min 19 s - HD)
Attention car elle dévoile, dans ses premières secondes, un moment crucial de l'intrigue. A ne visionner qu'après avoir vu le film !

Par Stéphane Beauchet - le 29 mai 2014

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