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Test blu-ray

Blue Collar

BLU-RAY - Région All
Elephant Films
Parution : 7 / 7 / 2020

Image

Belle découverte en 2014, lors de sa ressortie dans les salles, l'excellent et méconnu Blue Collar a aujourd'hui la chance de sortir dans une bonne édition Blu-ray grâce à Eléphant Films, à partir du master Universal ayant servi aux disques allemand (chez Cargo en 2016), anglais (chez Indicator en 2018) et américain (chez Kino Lorber en décembre dernier). Ce n'est pas une restauration dernier cri, mais pas non plus du niveau très moyen auquel le studio nous a parfois habitués. Le rendu est plutôt honnête, offrant un minimum de précision, malgré un texture encore bien douce et un niveau de détail limité. La copie est relativement propre, assez stable. L'étalonnage fait le service minimum, mais c'est déjà pas mal : contrastes corrects, colorimétrie un peu chiche en saturation mais à peu près naturelle, quand les carnations ne sont pas trop rosées. Le grain est plutôt épais, un peu plus visible dans les scènes nocturnes (ce qui est normal), mais il n'a pas été gommé ou retouché, et il est retranscrit sans problème d'encodage. Des conditions de visionnage tout à fait honorables à défaut d'être marquantes, mais Eléphant Films ne peut faire qu'avec le matériel mis à sa disposition.

Son

La version originale est de très bonne tenue : ouverture appréciable, ambiances détaillées, voix très claires et absence de traces d'usure. Un rendu sans doute tout à fait conforme aux conditions d'écoute d'origine. Comme le précise Julien Comelli dans son supplément (cf. ci-dessous), Blue Collar est sorti en France uniquement en version originale. La version française présentée sur le Blu-ray a sans doute été produite pour le DVD sorti par Universal en 2013, en réutilisant musique et ambiances quasiment à l'identique. Seules détonnent des voix cristallines, un peu trop propres pour être totalement raccord avec un film qui a trente-cinq ans d'âge, malgré la participation de certaines voix d'époque. Le rendu reste heureusement très correct.

Suppléments

Blue Collar est proposé en Blu-ray et DVD, avec une jaquette réversible reprenant l'affiche originale. On trouve également Darkness on the edge of town, un livret de 12 pages écrit par Stephen Sarrazin, entre autre critique d'art et de cinéma, enseignant à l'université Paris VIII et spécialiste du cinéma japonais contemporain. Dans un texte pourtant resserré, l'analyse reste un peu légère, souvent réduite à un résumé du film et sa description d'un monde sans horizon, refermé sur lui-même. Sarrazin évoque une "première expérience de tournage traumatisante" sans en dire plus (dommage), rapproche brièvement le film de son contemporain Voyage au bout de l'enfer, et fait une rapide présentation de Paul Schrader et des trois acteurs du film.


Le film est accompagné de deux suppléments :

Blue Collar par Jean-Baptiste Thoret (50 min - 1080i)
Qui mieux que Jean-Baptiste Thoret pour évoquer Blue Collar, pépite qui aurait sans aucun doute intégré sa collection "Make my day" s'il avait fait partie du catalogue StudioCanal. Le journaliste, critique et spécialiste (entre autres) du cinéma américain des années 70 présente d'abord le parcours de Paul Schrader, l'un des scénaristes les plus courtisés du Hollywood de l'époque, fan d'un cinéma de l'abstraction (surtout européen), influencé par La Horde sauvage ou La Prisonnière du désert, qui deviendra l'un des grands cinéastes (tardifs) du Nouvel Hollywood. Thoret relève quelques figures récurrentes de ses films, avec des personnages "empêchés dans leurs actions", soumis à de fortes tensions intérieures et à des explosions de violence. Il fait surtout une longue et brillante analyse du film, chronique sociale de "la vie peu enviable d'un ouvrier" qui bascule presque dans le thriller paranoïaque, utilisant le cinéma de genre comme "métaphore de la machine oppressive américaine" et meilleur moyen de décrire un système mafieux. Thoret revient sur quelques films ayant pour cadre les luttes syndicales, et s'attarde sur les personnages du film "qui ont tous leurs raisons", et le casting d'acteurs "en train d'émerger", notamment Richard Pryor dont Schrader joue avec l'image de comique moderne (et une intervention intéressante de Thoret sur les sitcoms humoristiques utilisées pour abêtir les communautés).


Les hommes du syndicat (24 min - 1080i)
Retour du critique suisse, le sympathique Julien Comelli, qui revient sur le destin de Blue Collar, grand film maudit vanté par Bruce Springsteen ou Spike Lee, mais éclipsé par un autre drame syndicaliste sorti à la même période, Norma Rae - deux films qui ouvriront la brèche, avec Rocky et d'autres, à une vague de films sociaux dans le cinéma américain. Blue Collar connut en France un parcours similaire, sorti discrètement, sans avoir été doublé, ce qui l'empêchera de sortir en vidéo pendant plusieurs décennies (jusqu'à un DVD en 2013). Julien Comelli prodigue une nouvelle fois de pertinents conseils de visionnage lorsqu'il évoque le parcours de Paul Schrader, scénariste qui a contribué à certains débuts de carrière, et pas des moindres (Brian De Palma et Martin Scorsese), ou lorsqu'il revient sur les filmographies de son trio d'acteurs, comme Richard Pryor, un "pré-Eddy Murphy" qui trouve ici "le rôle de sa vie".

Bande-annonce originale (2 min 29 - SD - 4/3 - VOSTF)

En savoir plus

Taille du Disque : 44 134 088 535 bytes
Taille du Film : 28 288 677 888 bytes
Durée : 1:53:32.430
Total Bitrate: 33,22 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 28,01 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 28018 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1564 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1656 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Subtitle: French / 0,056 kbps
Subtitle: French / 34,955 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 13 juillet 2020