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Test blu-ray

A Fuller Life

BLU-RAY - Région B
Carlotta
Parution : 3 / 1 / 2018

Image

Sans surprise, ce documentaire A Fuller Life datant de 2013, son rendu image est conforme aux attentes pour de la haute-définition. Bénéficiant d'un tournage HD et surtout d'une photographie étudiée pour les entretiens, l'image est resplendissante avec une tonalité chaude, une belle profondeur et de forts contrastes pour marquer à la fois la solennité et l'intimité que veulent faire partager la réalisatrice et les intervenants lors de leurs séances de lecture. De leur côté, les images d'archives (des années 20 aux années 70) font évidemment leur âge mais elles conservent une belle clarté et souvent une définition appréciable grâce à leur bon état général de conservation et à un travail de restauration évident et réussi. Quant aux extraits de films, leur rendu dépend des sources disponibles et leur niveau de qualité va de passable à correct - mais leur nombre est relativement restreint. En résumé, un résultat de haute tenue et une cohérence dans le rendu qui assure un confort de visionnage parfait.

Son

Le Blu-ray propose deux mixages sonores, en 5.1 et en 2.0. Les deux pistes sont d'une limpidité sans faille et présentent une excellente dynamique. L'équilibre voix / musique ne souffre d'aucun déséquilibre avec des voix cristallines parfaitement intégrées à la bande musicale. Les différence entre les deux pistes ne sont pas très flagrantes, tout juste ressent-on des basses plus accentuées et une légère spatialisation pour le mixage 5.1, essentiellement portée sur l'avant. Les extraits de film ne souffrent, quant à eux, d'aucun défaut particulier.

Suppléments

Dogface (26 min - 4/3 Noir et blanc - DD mono 1.0 - VOST - HD)
Le seul supplément proposé constitue néanmoins une vraie curiosité puisqu'il s'agit du pilote d'une série télévisée qui ne vit jamais le jour, écrit, produit et réalisé par Samuel Fuller en 1959. L'action se situe en Afrique du Nord en 1943. Sur des collines, une escouade américaine est presque entièrement abattue par la Wehrmacht grâce à un berger allemand dressé pour localiser l'ennemi et orienter les tirs d'artillerie. Le sergent survivant repart avec un homme sur le terrain alors que l'ensemble des GI's présents sur la zone a pour mission d'abattre l'animal. La première qualité de ce court téléfilm, malgré des comédiens moyennement convaincants, est de montrer avec réalisme et violence les relations entre les militaires du rang et leur vie qui ne tient qu'à un fil. Ensuite, l'originalité de Dogface est de révéler l'humanité de ses personnages grâce aux relations troubles qui s'établissent entre un soldat d'infanterie et un chien qu'il est censé éliminer. Fuller, malgré un manque de moyens évidents, parvient à livrer quelques scènes d'une forte intensité, dont une séquence de combat à l'intérieur des douches aménagées dans un fortin. Il est aussi étonnant de voir comment, vingt ans avant Dressé pour tuer, le cinéaste met déjà en scène avec un certain cynisme l'utilisation d'un chien comme arme et les conflits moraux qui en découlent. Ce pilote nous est livré brut de décoffrage, présentant une image constellée de rayures et de nombreux points blancs et noirs. Mais cela n'a vraiment aucune importance eu égard à la rareté de ce court métrage.

Enfin, cette édition propose également un livret de 20 pages tiré du livre Samuel Fuller - Jusqu'à l'épuisement écrit par Franck Lafond et paru fin 2017. Illustré de quelques photos, ce livret présente un extrait consacré aux rapports conflictuels entre le film J'ai vécu l'enfer de Corée et l'administration en charge du fameux Code Hays puis à sa réception par la presse. Tout ce que l'on dire pour l'instant dans cet article... est qu'il est vivement conseillé de se procurer l'ouvrage en question !

Par Ronny Chester - le 5 janvier 2018