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Critique de film
Le film

Le Gang Anderson

(The Anderson Tapes)

Partenariat

L'histoire

Duke Anderson, voleur professionnel, sort de prison après de longues années d’internement. Sa principale résolution une fois sa liberté reconquise ? Cambrioler l’immeuble entier où habite son ancienne compagne. Il est comme ça, le Duke, plein d’initiatives et toujours tourné vers le même objectif. Il va donc réunir autour de lui un gang de braqueurs pour perpétrer son méfait. Sauf que ce joli immeuble est truffé de caméras de surveillance et de systèmes d’écoute. Notre chef cambrioleur n’est pas au courant de ce petit détail mais on imagine bien que cela ne l’aurait pas arrêté s’il l’avait su. Sacré Duke, va !

Analyse et critique

Si vous voulez voir Sean Connery dans l’un de ses rôles les plus marquants et succulents, vous avez choisi le bon film. Oeuvre paradoxalement peu connue et assez rare sur nos écrans (petits et grands), Le Gang Anderson est l’occasion idéale de contempler la magnifique performance de l’acteur écossais qui interprète un homme énergique mais complètement borné, entreprenant mais vivant dans son propre monde. L’occasion est belle aussi de voir un Sidney Lumet s’engager pleinement dans les années 1970, une décennie qu’il illuminera de tout son talent, avec ici un film policier au rythme particulièrement vif (dans le sous-genre assez codifié du film dit "de casse") et contenant déjà certaines de ses préoccupations sociales (dont le rapport qu'entretient la société avec sa propre représentation par l'ogre médiatique, à ce sujet The Anderson Tapes annonce à sa drôle de façon l'affaire du Watergate) - et il faut voir de quelle manière sont croqués les personnages, des truands aux hommes de loi.

A la vitalité, à la précision et à la modernité de sa mise en scène (on relèvera un découpage percutant et parfois volontairement déstabilisant qui joue habilement sur la temporalité des événements) s’ajoute un humour bienvenu - passant souvent par un langage très cru - qui tire vers l’absurde dans l’enchaînement des situations jusqu’à un final étonnant. Mis en musique par le génial Quincy Jones - entre thèmes groovy et sonorités expérimentales - et interprété par une belle bande de comédiens - Sean Connery donc, un familier du cinéaste depuis La Colline des hommes perdus, Martin Balsam, Dyan Cannon, Ralph Meeker, Alan King et le jeune Christopher Walken dans sa deuxième apparition au cinéma -, Le Gang Anderson est une véritable curiosité à (re)découvrir.

En savoir plus

La fiche IMDb du film
Par Ronny Chester - le 1 avril 2011