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Test blu-ray

Témoin à charge

BLU-RAY - Région B
Rimini Editions
Parution : 5 / 2 / 2019

Image

Cinquième titre à rejoindre la belle collection Billy Wilder chez Rimini, Témoin à charge est proposé dans sa dernière restauration en date, disponible en Blu-ray aux Etats-Unis depuis 2014 (chez Kino Lorber) et 2018, en Angleterre (chez Eureka) ou en Allemagne. L'impression générale est assez séduisante puisque, outre une copie stable et propre, l'étalonnage apparaît très réussi, avec une gamme de gris nuancée et des contrastes solides. Des caractéristiques qui sont assez typiques des restaurations 2K, sauf que l'image apparaît tout de même un peu douce et le niveau de détail correct, sans être marquant. Pas tout à fait certain que ce soit du 2K, donc, mais on n'en est pas loin. Les plans truqués (les fondus) possèdent sans surprise une texture un peu plus dégradée, avec un trait et un grain plus épais (le pire étant vers 16 min 43 s, passage très marqué). On remarquera d'autres brefs moments assez similaires, causés par l'utilisation d'une source différente mais de moindre qualité, pour pallier à la probable dégradation du négatif à certains endroits. Bonne nouvelle, par contre, puisque le grain n'a pas été gommé et que l'image conserve à l'identique la restauration d'origine. En comparant avec l'édition américaine de 2014, le disque Rimini s'avère même encore meilleur : l'encodage est plus affiné, le grain est mieux restitué et les contrastes sont mieux tenus. L'éditeur français a radicalement changé son fusil d'épaule en abandonnant ainsi les retouches abusives, et cela paye puisqu'il s'agit sans doute ici, en comptant les suppléments, de l'édition de référence pour ce film.

Blu-ray Kino Lorber (2014) vs. Blu-ray Rimini (2019) :   1   2   3   4   5

Nous avons établi un petit comparatif avec la précédente édition du film en France. C'était en 2004 sur support DVD, l'image était non compatible avec les écrans 16/9. L'upgrade en Blu-ray est donc bien meilleur :

DVD MGM (2004) vs. Blu-ray Rimini (2019) :  1  2  3  4  5  6  7  8

Son

La version originale est de très bonne facture : spectre assez détaillé, sans sifflantes, saturations ou traces du temps disgracieuses. On ne relève pas de souffle. La version française se situe sans doute un peu trop dans le haut du spectre, avec un manque de basses fréquences qui peut se remarquer, mais des voix claires et propres. On note, par contre, une sorte d'usure récurrente en arrière-plan, que l'on pourrait presque confondre avec du souffle.

Suppléments

Témoin à charge est tout d'abord accompagné d'un livret de 32 pages signé Marc Toullec. Cette sacrée vérité rassemble informations et anecdotes sur ce projet livré presque clé en main à Billy Wilder, amusé de faire "un film à la Hitchcock" avec cette adaptation d'une pièce à succès d'Agatha Christie. C'est surtout l'évocation de la "parfaite alchimie" entre le réalisateur et sa petite troupe d'acteurs : l'implication du grand Charles Laughton, son talent pour interpréter un personnage "taillé à sa démesure", sa dévotion envers sa partenaire Marlene Dietrich pour parfaire son jeu et son perfectionnisme ("elle a incarné ce rôle comme si toute sa carrière en dépendait") - même si cette dernière avouait à sa fille le faible professionnalisme de la star déclinante Tyrone Power...

Conversation entre Mathieu Macheret et Frédéric Mercier (40 min - 1080i)
Retour des deux compères critiques (du Monde et de Transfuge) qui, au gré d'une discussion toujours florissante, reviennent sur cette "récréation" wilderienne éditée par Rimini. Ils évoquent le mélange des genres, figure habituelle du réalisateur, et l'espace théâtralisé et codifié de la cour de justice où le film devient "l'orchestration d'un duel", une mise en scène de la parole : Wilder joue sur l'image de ses vedettes et saisit "les mouvements secrets" de leurs personnages, les doubles masques et leur "incontrôlable maîtrise des illusions". Marlene Dietrich trouve ici "un vrai corps de comédienne", l'occasion de prouver ses talents d'actrice en jouant avec "son propre stéréotype" face à un Charles Laughton magnétique. Relevant "la limpidité d'un récit qui nous fait douter de notre certitude", les critiques soulignent "les ponts très forts" avec le Sherlock Holmes que Wilder réinventera quelques années plus tard...


Portrait d'un homme à 60% parfait (56 min - SD - 4/3 - upscalé en 1080i)
Assez peu de documents avec Billy Wilder intègrent les éditions DVD/Blu-ray de ses films, à travers le monde. Certains reviennent pourtant régulièrement, comme ce long entretien réalisé par Anne Tresgot et mené par le critique et journaliste Michel Ciment, en 1980. Filmé dans son appartement de Los Angeles ou dans sa maison de Malibu, le cinéaste revient sur son parcours de journaliste en Autriche et scénariste puis metteur en scène à Hollywood, raconte anecdotes et souvenirs sur des tournages ou des rencontres, où le bon mot n'est jamais loin, où sa verve naturelle, spirituelle et parfois délicieusement fielleuse fait souvent mouche. On le voit dans son quotidien, au travail dans son bureau un peu fourre-tout, assis dans son salon rempli de peintures de grands maîtres, où il peut tranquillement assouvir sa passion de collectionneur "de tout" ("j'accumule"). Il évoque son métier, ses collaborateurs ou acteurs fétiches ("c'est comme enfiler de vieilles pantoufles"), le stade de l'écriture ("un supplice") et certains de ses films comme le "très innocent" Embrasse-moi idiot! ou Un, deux, trois ("j'adore irriter tout le monde"). Un moment savoureux dont on ne se lasse pas.


Bande-annonce (3 min 05 s - 1080p) non sous-titrée


En savoir plus

Taille du Disque : 38 404 546 302 bytes
Taille du Film : 23 559 426 048 bytes
Durée : 1:56:25.395
Total Bitrate: 26,98 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 22,00 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 22007 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1559 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1737 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Subtitle: French / 0,031 kbps
Subtitle: French / 37,723 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 10 avril 2019