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Test blu-ray

Santa sangre

BLU-RAY - Région B
Wild Side
Parution : 6 / 11 / 2013

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Wild Side avait en 2008 exhumé Santa Sangre du purgatoire de l'invisibilité où il sommeillait depuis trop longtemps, dans une édition DVD de la collection des Introuvables déjà tout à fait convenable. Pour voir le film en HD, il fallait se tourner vers l'édition américaine de Severin Films, zonée et sans sous-titres français. Compte tenu de ces quelques points de comparaison, nous pouvons aisément affirmer que cette édition Blu-ray 2013 se pose, à ce jour, comme la meilleure édition du film sur le marché.

Si l'upgrade vis-à-vis du DVD est une évidence sur laquelle il est inutile de s'attarder, la comparaison avec l'édition Severin est intéressante : toutes deux d'une très belle tenue - propreté, piqué, précision, rendu du grain, discrétion du DNR... - elles se différencient principalement au niveau de la gestion des contrastes et de l'étalonnage. Et là où l'édition Severin paraissait parfois un peu fade, voilée, l'édition Wild Side pousse le gamma pour redonner au film un contraste plus éclatant, avec notamment des rouges (orientation chromatique majeure du film) vivifiés.


A gauche : Blu-ray US Severin Films                                                    A droite : Blu-ray Fr Wild Side

Seul le tout dernier plan du film, sur lequel s'inscrit le générique de fin, n'a pas bénéficié de cette cure de jouvence et permet, par comparaison, de mesurer l'étendue du chemin parcouru jusqu'à ce master...

Son

Deux pistes DTS-HD Master Audio 2.0 sont proposées, l'une avec la version anglaise (langage de tournage), l'autre avec la version italienne (langage de production). Ces deux pistes sont équivalentes, avec peut-être un peu plus de naturel et moins de distorsion sur la version anglaise. On peut relever quelques effets mineurs de saturation sur les élans les plus virulents de la partition électronique de Simon Boswell.

A noter également la possibilité d'accompagner le film d'un commentaire audio d'Alejandro Jodorowsky.

Suppléments

Les suppléments reprennent pour l'essentiel (et souvent en SD) ceux de l'édition Wilde Side de 2008 :

The Jodorowsky Connection (26") propose une discussion, décontractée et souvent surprenante, entre Alejandro Jodorowsky et ses deux films Axel et Adan, interprètes du personnage principal de Santa Sangre. On y mesure à quel point les relations de famille sont, chez les Jodorowsky, d'une intensité exacerbée, et à quel point la participation au film demeure, chez eux, une expérience fondatrice de leur lien affectif. Les trois hommes - en particulier les deux fils - s'y révèlent sans détour, et certains anecdotes s'avèrent assez stupéfiantes ou particulièrement touchantes...

On retrouve également, dans une qualité assez médiocre, deux scènes coupées du film, commentées par Alejandro Jodorowsky. La première se situe dans la première partie, probablement immédiatement après la scène du "tatouage", dont elle poursuit la logique d' "initiation" du jeune Fénix. Après un long plan en travelling au sein de la foule et des prostituées, on retrouve en effet les membres de la famille vaquant à leurs occupations favorites, à savoir la prière pour la mère et les couteaux pour le père. La séquence, un peu longue, s'achève avec le père de Fénix demandant à son fils de décapiter un poulet...

L'autre scène coupée se situe dans la deuxième partie, et plus précisément lorsque Fénix ramène la catcheuse, la "Sainte", à son domicile. S'ensuit alors un long numéro de pantomime dans lequel le talent d'Axel Jodorowsky, élève du Mime Marceau, se confirme une nouvelle fois, mais dans le commentaire audio, Alejandro Jodorowsky justifie la suppression de ces séquences par leur côté abusivement référentiel, le premier numéro évoquant trop directement Les Enfants du Paradis, et le deuxième l'art scénique du Nô japonais.

  

Enfin, un module de 26 minutes, Le Cinéma de Jodorowsky vu par... s'efforce de traduire la diversité de l'influence d'Alejandro Jodorowsky sur ceux qui l'ont côtoyé. Des intervenants divers et variés (Jen-Paul Coillard, Brontis Jodorowsky, François Boucq - voir ci-dessous -, le réalisateur Jan Kounen ou l'actrice-écrivaine Coralie Trinh Thi...) se succèdent pour témoigner de l'apport souvent considérable du fantasque Chilien à leurs carrières ou à leurs vies ; y sont, là encore, question de ses obsessions d'auteur ou de son mysticisme, notamment dans sa dimension de "passeur"...

On retrouve également une galerie d'images ou une filmographie (forcément brève) d'Alejandro Jodorowsky.

Par Antoine Royer - le 4 novembre 2013