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Test blu-ray

Premier rendez-vous

BLU-RAY - Région B
Gaumont
Parution : 15 / 5 / 2019

Image

Suite de la salve Henri Decoin, éditée par Gaumont au printemps dernier, avec ce Premier rendez-vous qui n'a pas été simple à restaurer. Le laboratoire Eclair a effectué un scan et une restauration en 2K à partir du meilleur matériau exploitable : un contretype 35mm, duplication d'un "marron", et donc un élément de 2e génération. Cela explique la texture un peu charbonneuse et moins fine de l'image, sa précision un peu en retrait, la faiblesse du niveau de détail, et le noir & blanc moins nuancé par rapport à une restauration directement issue du négatif. Précisons que la photographie du film (souvent diffuse, filtrée), les flous optiques créés par les objectifs de la caméra (réduisant parfois la zone de netteté au seul centre de l'image) ou les nombreux plans truqués (fondus, volets ou surimpressions) à la texture plus épaisse n'ont pas atténué l'impression de douceur.



texture du grain avant / après le nettoyage numérique

Il y eut, cependant, d'autres complications avant d'arriver à ce résultat : comme on peut le voir dans le supplément consacré à la restauration, la pellicule était toujours bien endommagée, sujette à des pulsations permanentes de luminosité et de contraste, des tremblements marqués et surtout de multiples altérations (griffures, rayures, points blancs, poinçons, etc.) qui ont considérablement compliqué le nettoyage numérique, au point de jouer sur l'homogénéité du grain. Si celui-ci reste bien conservé, on pourra régulièrement remarquer des passages où sa texture semble un peu s'évaporer : un détail qui sera surtout remarqué par les plus observateurs, mais un passage obligé pour obtenir une propreté suffisante et une copie désormais immaculée (ou presque).

Son

L.E. Diapason aura fait au mieux pour améliorer, là aussi, les conditions limitées du matériau d'origine. Si le souffle a été grandement atténué, si les craquements ont été gommés, on n'a pas pu faire grand chose pour la dynamique et le spectre relativement réduits. Les voix restent distinctes mais sont sujettes à une saturation rapidement atteinte, tandis que les ambiances manquent parfois considérablement d'ampleur, là aussi très vite saturées. Des conditions particulières pour un film qui a été difficilement conservé puisque les négatifs originaux sont apparemment perdus ou trop endommagés.

Suppléments

La trublionne magnifique (42 min - 1080i)
Propos croisés de Clara Laurent, auteure d'une biographie de Danièle Darrieux, et Christine Leteux, qui a publié un passionnant ouvrage sur la Continental. Elles évoquent Premier rendez-vous, sixième collaboration du duo Decoin/Darrieux, "l'une de leur plus belle réussite", et éclairent de façon détaillée l'élaboration du projet et son tournage, dans un environnement historique très particulier : en pleine Occupation et produit par une firme à capitaux allemands, époque où les subtilités relationnelles face à l'occupant étaient de mise. Elles s'interrogent sur ces plans de sportifs magnifiant les corps, rappelant la propagande nazie, et re-contextualisent "le train de la honte", ce fameux voyage effectuée par Danièle Darrieux (et d'autres) en Allemagne, en 1942. Les deux historiennes analysent surtout Premier rendez-vous, tourné comme une comédie américaine des années 30, avec un "canevas de la Cendrillon moderne" montrant en même temps "une crise de la masculinité", des héros mous supplantés par les femmes et la jeunesse, "l'espoir, le renouveau". On revient sur l'aisance de Danièle Darrieux à passer d'un registre à l'autre, ou son travestissement surprenant, loin de la féminité conventionnelle imposée à l'époque... Un supplément éclairant, rempli d'informations, mais souvent redondant puisque les deux historiennes évoquent parfois les mêmes sujets, l'une après l'autre. Un montage plus dynamique aurait pu rythmer et resserrer les propos... 


Premier rendez-vous restauré (2 min - 1080p)
De courts extraits avant/après la phase de nettoyage et de stabilisation numérique des images. On peut constater l'état du scan au départ, des éléments très abîmés, puis le résultat immaculé. Une belle résurrection.

En savoir plus

Taille du Disque : 40 018 556 721 bytes
Taille du Film : 28 102 189 056 bytes
Durée : 1:45:04.250
Total Bitrate: 35,66 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 29,84 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 29847 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1887 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1814 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 35,186 kbps
Subtitle: English / 33,317 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 2 septembre 2019