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Test blu-ray

La Poursuite implacable

BLU-RAY - Région B
SNC / M6 Vidéo
Parution : 27 / 3 / 2019

Image

M6 vidéo poursuit sa très belle collection digibook des classiques du catalogue SNC en proposant pour la première fois au monde la nouvelle restauration 4K de La Poursuite implacable. Nous serons brefs : malgré quelques rares poils insistants coincés en bordure de cadre (inscrits sur le négatif à cause d'un mauvais nettoyage des optiques de la caméra au moment du tournage ?), nous ne trouvons aucun défaut sérieux à ce transfert absolument magnifique. Il y a bien quelques mises au point parfois un peu défaillantes, encore un défaut de tournage, mais qui n'atténuent en rien la qualité de définition de l'image, soutenue, et le niveau de détail, précis - les gros plans sont superbes. La copie est stable et totalement nettoyée, les noirs sont détaillés mais toujours dans une solide et belle harmonie de contrastes, la colorimétrie est naturelle. L'ensemble possède une patine argentique bien respectée, avec un grain fin idéalement retranscrit (le débit vidéo est, à ce titre, très impressionnant). De très solides conditions techniques, à la hauteur du sérieux de l'éditeur pour cette collection.

Notez que le film est présenté par seamless branching à la fois dans son montage original italien ainsi que dans le montage français, censuré de 34 secondes.

Son

La version originale italienne, post-synchronisée, propose un mixage assez équilibré, sans sifflantes ou traces d'usure, mais avec un léger souffle, très discret, pendant de nombreuses parties dialoguées. Un souffle (aussi ténu) que l'on retrouve également dans la version française, peut-être un peu plus gâtée en basses fréquences mais avec des voix un peu sifflantes et parfois proches de la saturation.

Suppléments

Présenté dans un très classieux digibook, La Poursuite implacable est proposé en combo DVD-Blu-ray, accompagné d'un livret de 24 pages (très bien) écrit par Emilie Cauquy, de la Cinémathèque française. Sergio Sollima : vent de face retrace d'abord le parcours de "l'un des trois Sergio des années 70", réalisateur au travail résolument "éclectique et politique", à l'oeuvre "à la fois cohérente et hétéroclite", obsessivement marquée par les rapports de classe. Après des débuts déjà ancrés dans le film de genre (Agent 3S3, "premier film italien avec scènes de karaté"), il aura dans les années 60 sa "phase de l'Ouest", comme il l'appelle, avec une trilogie formée par Colorado, énorme succès, Le Dernier face-à-face ("le western métaphysique est né") ou le mal-aimé Saludos, Hombre ! Avant de se consacrer la télévision (et la série des Sandokan), il se tournera durant la décennie 70 vers les "polars maniéristes" et notamment La Poursuite implacable"son oeuvre la plus sombre, la plus pessimiste, la plus nerveuse", "hors mode et en plein dans son temps", "fable politique habile et sophistiquée""tout n'est que sursis". Emilie Cauquy en fait une bonne analyse, soulignant la musique "inoubliable" d'Ennio Morricone ou le "coup de génie du casting" - ce temps où les stars internationales venaient en Italie donner un coup de fouet et d'oxygène à leur carrière...

Sergio Sollima et le néo-polar (26 min - 1080i)
Jean-François Rauger, critique et programmateur à la Cinémathèque française, explique comment le cinéma de genre italien des années 60 et 70 est un miroir très représentatif de l'Histoire du pays, des westerns qui traduisent une époque de prospérité, d'euphorie et d'utopie, aux polars tournés dans une période de peur, de désillusion et de violence. Jean-François Rauger insère dans son argumentaire une très bonne analyse de La Poursuite implacable, "un film qui va très très loin dans la peinture de la société contemporaine", et en resitue les thèmes (justice, rapports de classe et d'amitié, etc.) au sein de l'"oeuvre très personnelle" de Sergio Sollima, l'"un des cinéastes les plus subtils de l'époque". Il montre comment le réalisateur fait corps avec le cinéma de son temps : exigence du réalisme, "dimension concrète" de la ville, dénonciation politique qui ne sacrifie pas au spectacle, critique de la pop culture (qu'il montre récupérée par la classe dirigeante). Constatant la sortie du film dans l'indifférence, il parle de la critique italienne de l'époque, son mépris pour la culture populaire, démontrant (avec exemples à l'appui) qu'elle ne s'oppose pas au cinéma élitiste... Un supplément de choix et un discours érudit, passionnant, extrêmement clair et pédagogique.


Bande-annonce originale (3 min 40 - 1080p - VOSTF)

Bande-annonce de Chronique d'un homicide de Mauro Bolognini (3 min 33 - SD - VOSTF), dont certains extraits illustrent l'entretien avec Jean-François Rauger. Une future sortie Blu-ray ?

En savoir plus

Taille du Disque : 41 919 087 631 bytes
Taille du Film : 34 730 913 792 bytes
Durée : 1:49:30.125
Total Bitrate: 42,29 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 37,97 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 37971 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: Italian / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1087 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 768 kbps / 24-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1061 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 768 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 21,234 kbps
Subtitle: French / 28,934 kbps
Subtitle: French / 0,174 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 11 avril 2019