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Test blu-ray

L'Amour d'une femme

BLU-RAY - Région B
Gaumont
Parution : 10 / 10 / 2018

Image

Nouvel opus réalisé par Jean Grémillon à paraître en Blu-ray, L'Amour d'une femme a été restauré en 2K par les laboratoires Eclair à partir du négatif original 35mm. Il y a peu de choses à dire sur cette restauration, très réussie sur de nombreux points : la définition est bonne, le niveau de détail reste soutenu (les plans truqués apparaissent un peu moins fins, rien d'anormal). On notera, comme d'habitude pour les restaurations Eclair, la grande stabilité et propreté de l'ensemble. On regrettera seulement (comme trop souvent, également chez Eclair) un étalonnage aux noirs un peu trop clairs. Parallèlement l'encodage du disque montre aussi (malgré un débit vidéo très élevé) quelques défauts non négligeables, notamment dans les zones sombres : on sent une absence de détail assez vite atteinte dans les noirs et surtout l'apparition de macro-blocks discrets, rendus parfois plus visibles à cause de ces noirs "décollés". Le film est sorti l'an passé chez Arrow, en Angleterre, ce qui nous permet de vous proposer un comparatif très éclairant sur les défauts du disque français :

comparatif BR Arrow (2017) vs. BR Gaumont (2018) :    1   2   3   4   5   6   7

Comme vous l'avez peut-être remarqué, le disque Arrow corrige deux défauts rencontrés sur le Blu-ray Gaumont, à savoir un renforcement des contrastes, des noirs mieux détaillés et un encodage cette fois invisible (pas de macro-blocks à signaler). Vous noterez enfin la différence de texture, assez nette, la gestion plus respectueuse du grain sur le disque anglais alors que le Blu-ray Gaumont l'a un peu atténué (créant une petite impression de lissage), même s'il reste bien palpable et d'un niveau largement acceptable - il apparaît intact dans les extraits inclus dans les suppléments.

Son

Restaurée par L.E. Diapason, la bande-son offre d'excellentes conditions d'écoute, conformes au mixage d'origine. il n'y a pas de souffle ou de craquements, les dialogues sont limpides, les ambiances claires et présentes, on ne relève pas de sifflantes prononcées ou de saturations. Notez que le film est également proposé en Audiodescription, pour les malvoyants.

Suppléments

Jean Grémillon et le réalisme sacré (55 min - 1080p)
Ce documentaire réalisé par Roland-Jean Charna propose quelques pistes d'analyses intéressantes sur L'Amour d'une femme, parfois sérieusement critiqué, en livrant quelques clés de compréhension supplémentaires autour du cinéma de Jean Grémillon. On parle ainsi, entre autres choses, de la dimension documentaire du film, de l'usage du travelling pour signifier la douleur ou de la mise en scène du son. L'aspect politique n'est évidemment pas oublié, centralisé par "la question homme-femme", étonnants "passages du féminin au masculin", et surtout cette vision cinglante d'une impossible conciliation, pour la femme des années 50, entre une passion, un métier et une vie privée épanouie. Le film est "un cri de révolte", écho direct au livre de Simone de Beauvoir Le Deuxième sexe, dont L'Amour d'une femme est "presque la version cinématographique". Les propos montrent que le film, en avance sur son temps, était donc "condamné à sortir en catimini". Voilà pour le fond, souvent pertinent et éclairant. Malheureusement la forme l'est beaucoup moins puisque cette succession d'entretiens avec ces intellectuels, spécialistes de Grémillon, maîtres de conférence ou professeurs en études cinématographiques, s'avère rapidement longue et confuse, les intervenants n'ayant pas été suffisamment guidés pour fournir des réponses condensées sur des questions précises. Il en résulte des explications en longueur, des démonstrations qui perdent parfois en lisibilité, un montage qui a bien du mal à faire des choix (cela aurait été une gageure, il est vrai) et un rythme général forcément un peu poussif. Dommage...

Scènes commentées (10 min - 1080p)
Philippe Roger, Maître de conférence en études cinématographiques, qui apparaît déjà dans le supplément précédent, se livre ici à l'exercice (très réussi) du commentaire audio sur quelques extraits du film. Pédagogue, enthousiaste et passionné par son sujet, Philippe Roger revient certes sur des points précédemment abordés, mais d'une manière plus écrite et plus claire. Il parle de la musique "sous le signe du tragique", du "fatalisme de l'île" et son héroïne condamnée à rester "un peuplier solitaire", de l'histoire "affaire de plaies ouvertes, de blessures à cicatriser", du phare comme figure du masculin et de l'isolement, de l'opération chirurgicale qui s'y déroule (un "accouchement métaphorique") ou des points communs avec Remorques (comme son ingénieur André Laurent, incarné par Gabin, qui devient ici André Lorenzi).

En savoir plus

Taille du Disque : 43 719 499 210 bytes
Taille du Film : 27 156 338 688 bytes
Durée : 1:43:00.041
Total Bitrate: 35,15 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 29,95 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 29951 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1562 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1595 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Subtitle: French / 20,915 kbps
Subtitle: English / 18,764 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 9 octobre 2018

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