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Personnalités

Serguei Paradjanov

Serguei Paradjanov

Biographie

Serguei Paradjanov, de son vrai nom Sarkis Yossifovitch Paradjanian, est né en 1924 à Tbilissi (Tiflis) en Géorgie, à la frontière de l'Europe et de l'Asie, ce qui ne sera pas sans influencer profondément son œuvre artistique. Son père est un commerçant en antiquités et en objets d'occasion et sa mère une passionnée d'art. Le jeune Serguei nage ainsi très tôt dans un univers fait de musique, de peinture, de danse, d'objets, et il s'émerveille de la beauté et de la variété des créations humaines. La multiplicité des arts qu'il découvre alors et apprend à aimer annonce cet art du collage qui va caractériser plus tard son cinéma et son œuvre picturale, mais aussi la variété des formes artistiques qu'il va expérimenter. Paradjanov va en effet s'illustrer comme écrivain, poète, peintre et cinéaste. Cette dernière carrière sera la plus empêchée et il ne tournera qu'une poignée de films et quelques courts métrages, l'homme étant jugé trop esthète, trop insolent à une époque où se faire remarquer par son exubérance n'était guère du goût des autorités...

Si le cinéaste s'intéresse à toutes les formes d'expression artistique, cette idée de collage est également sensible dans la manière dont il conçoit chacune de ses œuvres. Ainsi ses tableaux sont constitués de fragments de matières, comme des miroirs incrustés de morceaux de céramique ou de perles. Lorsqu'il sera en prison, il réalisera pas moins de huit cent de ces dessins et collages, mais aussi des photographies coloriées, des photomontages, des poupées et des chapeaux...

Le collage se retrouve aussi dans sa volonté d'unifier dans ses écrits, ses films ou ses créations manuelles, les peuples et les cultures du Caucase. Si sa famille est arménienne, il va voyager culturellement entre la Géorgie, l'Ukraine (où il fait ses études) et aussi les mondes arabes, ses dernières œuvres s'ouvrant tout particulièrement vers l'Orient.

Après avoir étudié la musique (chant et violon), la chorégraphie, la peinture, et travaillé comme acteur au sein d'une troupe de théâtre, il entre au VGIK de Moscou (l'institut cinématographique de l'Etat) en 1946. Il sort diplômé en 1952 avec le court métrage de fin d'étude Conte moldave (dont il fera une version rallongée sous le titre d'Andriech). Il tourne par la suite plusieurs documentaires pour les Studios Dovjenko de Kiev puis, en 1958, son premier long métrage de fiction : Le Premier gars. Suivent en 1960 Rhapsodie ukrainienne et en 1963 Une fleur sur la pierre. Il reniera ces différentes œuvres, soit parce que ce sont des commandes, soit parce qu'il les considère comme ratées à cause de son inexpérience et de son manque de vision cinématographique. En 1964, il signe Les Ombres des ancêtres oubliés d'après Kotsioubinski qui est sélectionné dans de nombreux festivals à l'étranger et qui remporte plusieurs prix. Mais sa véritable carrière de cinéaste débute avec Les Chevaux de feu en 1964.

Mais c'est avec son projet suivant, Les Fresques de Kiev (1966), qu'il met véritablement en place son style hyper formaliste basé sur des plans tableaux, un style si marqué, si original qu'une seule image suffit pour savoir que l'on est dans un de ses films. Il ne peut mener ce projet à terme et seules des rushes du film sont aujourd'hui visibles. Il reprend ce procédé de mise en scène avec Sayat Nova, la couleur de la grenade (1966), mais le film pose de nouveau problème aux critiques et aux autorités et il est remonté, mutilé. Ses prises de position publiques en faveur d'intellectuels et d'artistes arrêtés pour leurs idées font qu'il voit les portes des studios se fermer devant lui. Il est arrêté en 1973 et condamné à cinq années de prison pour homosexualité. Malgré le soutien de nombreux artistes à l'étranger, il n'est libéré qu'en 1979 et ne parvient toujours pas à monter le moindre projet. Il lui faut attendre 1986 et le début de la Glasnost pour parvenir à réaliser un nouveau long métrage, La Légende de la forteresse de Souram. Deux ans plus tard, c'est Achik Kerib, son ultime film qu'il dédie à son grand ami Andreï Tarkovski. Malade, il essaye de tourner La Confession, un projet qu'il caresse de réaliser depuis un quart de siècle. Paradjanov doit abandonner le film après trois jours de tournage et disparaît un an plus tard, le 21 juillet 1990. Cinquante mille personnes suivront son exhumation au Panthéon arménien d'Erevan.

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La fiche IMDb
Par Olivier Bitoun - le 9 avril 2013

Informations

Naissance : 9 janvier 1924
Décès : 21 juillet 1990
Pays : Géorgie
Métiers : scénariste, acteur, réalisateur, monteur, directeur artistique, création des décors