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Il faut sauver Alamo

Comme nous le savons et l’entendons dire régulièrement par la presse cinéma américaine depuis des années, le film Alamo, réalisé par John Wayne en 1960, est laissé à l’abandon, subissant les outrages du temps sans espérer voir arriver la moindre tentative de restauration qui lui serait bien plus que profitable. Ainsi, actuellement, il ne s’agit pas de demander simplement une restauration en vue de sortir un Blu-ray, mais bien de sauver un film essentiel du patrimoine cinématographique américain, et dont les sources originales nitrate en 70mm seront bientôt détériorées jusqu’à un point de non-retour. Or, c’est bien de l’exploitation de ce matériel-là dont on a besoin aujourd’hui dès lors que l’on effectue un scan en 4K, en prévision d’une restauration numérique. Au train où vont les choses, et quantité de sites l’ont mentionné avec de solides arguments, Alamo sera bientôt perdu. La version longue de ce chef-d’œuvre (202 fabuleuses minutes au total) est donc menacée de disparition définitive.

Un comble quand on connait la popularité et l’importance d’un tel titre. La MGM a refusé de continuer les travaux de restauration qui avaient pourtant été entrepris par Robert A. Harris il y a de cela plusieurs années. Le studio reste ferme et évite consciencieusement les questions à ce sujet. On ignore bien ce qui peut pousser une telle société, au passif pourtant mythique, à se mettre dans une telle situation de recul et à abandonner le film à son triste sort. Un abandon totalement invraisemblable.

Afin d’exhorter la MGM à continuer son travail, ou bien à confier à une autre structure le soin de procéder à la restauration d’Alamo, plusieurs pétitions ont été mises en circulation sur le Net. DVDClassik convie ses lecteurs à s’associer à ce véritable mouvement pour la préservation culturelle, lutte capitale s’il en est (surtout à l’heure actuelle), via ce lien qui permettra à toutes et à tous de pouvoir signer cette pétition française qui, on l’espère, sera portée à la connaissance de la MGM. La chose est gratuite et ne demande qu’un instant... Une ou deux minutes pour défendre ce film face à sa destruction programmée. Pour toutes celles et tous ceux qui aiment le cinéma.

Pétition pour sauver Alamo

Car Alamo n’est pas simplement qu’un chef-d’œuvre, un classique du cinéma américain parmi d’autres. C’est une œuvre qui traite de la liberté, du sacrifice et de la dévotion absolue à une cause que l’on considère juste. On peut penser que les valeurs véhiculées par le film semblent un peu passéistes de nos jours, et pourtant rarement un film aura autant signifié son attachement au système des démocraties qui ont érigé nos sociétés progressistes. Par son histoire américaine, avec un grand A, Alamo touche en réalité à l’universalisme par son audace, son dénouement tragique confinant au sublime et son aura, celle d’un film au discours engagé et, s’il pourra toujours être discuté (ce qui demeure l’apanage de tout discours démocratique), courageux.

Plus encore, voir Alamo c’est aussi comprendre son auteur, à savoir l’acteur-réalisateur-producteur-scénariste John Wayne. L’homme a tout donné dans ce film, absolument tout. Il faut savoir qu’il a mûri ce projet durant près de 15 années avant de se lancer dans l’aventure, et qu’il y a jeté toutes ses forces et ses économies personnelles. Peu rentable, le film l’a mis dans une situation financière intenable au début des années 1960. En outre, à 53 ans, John Wayne pouvait très bien voir sa carrière péricliter et ne plus remonter. Cela n’a pas été le cas, et il est rapidement reparti à l’assaut du public, pour encore 16 ans d’une superbe et unique filmographie, essentiellement située dans l’antre du cinéma populaire. Certains de ses films l’ont si bien décrit : Wayne était homme à rêver d’un idéal, à modeler l’homme comme il devait être, comme il aurait pu être. Des films comme Les Cowboys de Mark Rydell ou bien Le Dernier des géants de Don Siegel ont également très bien su raconter John Wayne... Les Bérets verts aussi. Un film discutable et non dénué de défauts, mais dans lequel Wayne, pour la seconde fois acteur-réalisateur-producteur-scénariste, n’a rien renié de sa personnalité. Que l’on aime ou pas John Wayne n’a guère d’importance. Respectueusement, on peut cependant affirmer qu’il n’a jamais fui un seul combat, jusqu’au-bout de sa vie.

Désormais, c’est à nous, en quelque-sorte, de défendre Alamo.

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