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Le richissime Matherson engage le très vétéran colonel Allen Faulkner pour mener une troupe de mercenaires pour sauver le très démocrate président Limbani du "Zembala" et le remettre au pouvoir. Allen recrute ses vieux amis, le charmant et sourcilleux Shawn Fynn et le planificateur idéaliste Rafer Janders et une cinquantaine d'hommes, bientôt entraînés et lâchés en Afrique. Et là, tout s'enchaîne. |
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Un : je prends Les Oies Sauvages pour ce qu'il ne devrait pas être, un film entrant dans la catégorie film du jeudi soir sur FR3 (je n'ai pas dit France 3, ce n'est plus la même chose) : ça renvoie à mes jeunes années. Le jeudi soir voulait dire que c'était bientôt vendredi soir. Le film du jeudi soir sur FR3 est en gros un film multi-diffusé – je cite de mémoire La Grande Menace, Le Dossier Odessa ou La Nuit des Généraux -, sympathique une première fois, et dont le charme fané s'étiole de vision en vision. Je retombe dessus, j'en vois un bout sur le pouce, j'isole une petite séquence que j'aime bien et me lève, ou pas, pour faire autre chose quand elle s'achève. Jon Voight a attrapé le nazi ! Cuisine. Omar Sharif a attrapé le nazi ! Cahier de textes. Je reviens pour une autre séquence favorite. Cuisine, Jon Voight a attrapé le chef des nazis ! Cahier de textes (ou ce que vous voulez), Philippe Noiret a rattrapé le nazi ! Pour Les Oies Sauvages, c'était Télé 7 jours et Roger Moore sadique faisant parler la poudre face à un jeune dealer.
Trois : Les Oies Sauvages est représentatif d'un sous-genre cinématographique éphémère de la fin des années 70 (avec Les Chiens de Guerre, plus réaliste) : le film de mercenaires post-coloniaux, ces soldats de fortune renversant des états africains pour beaucoup d'argent et très peu d'idéologie. En étant plus précis, on peut aussi ranger Les Oies Sauvages dans la case "film de commandos de vieux briscards" (la nostalgie, camarade), Andrew McLaglen ayant entamé avec ce film une trilogie informelle avec Moore en fil rouge, et où des gentlemen plus très verts sautent sur les méchants : Le Commando de sa Majesté (avec Gregory Peck et David Niven) et le meilleur du lot, Les Loups de haute mer, où, misogyne barbu et amateur de chats, Moore affronte Anthony Perkins sur une plate-forme pétrolière sous les yeux d'un James Mason fripé. On pourrait même écrire que ces films font la transition avec un autre genre de la décennie suivante : le film bananier sud-américain (Salvador, Under fire). Ainsi, en Afrique ou ailleurs, de grandes puissances se disputent la main mise sur des états instables et déchirés pour de basses raisons stratégiques. (1)
(1) L'affaire du putsch avorté en Guinée Equatoriale en 2004 (des mercenaires commandités aux nom d'intérêts pétroliers par le fils de Lady Margaret Thatcher sont arrêtés) rappelle que peu de choses ont changé depuis.
(3) Comparaison non fortuite, Lloyd ayant œuvré dans le film de genre au budget serré à partir des années 60 : le western Shalako avec Connery et Bardot, Opération opium et ses stars Mastroianni, Brynner, Sharif et d'autres payés pour un dollar symbolique ou le très thatchérien Who dares wins, où les commandos anglais bottent les fesses d'extrémistes pacifistes menés par Judy Davis. Surtout, Lloyd semble être l'un des premiers producteurs à pré-vendre aux distributeurs un film sur la seule foi du script et de ses têtes d'affiche. Méthode très cannonienne. (4) On retrouve au générique du film, comme dans nombre de productions anglaises, des noms familiers de l'équipe technique des Bond : entre autres, John Glen bien sûr (monteur, réalisateur de 2nde équipe puis réalisateur de cinq Bonds), Syd Cain aux décors, le cascadeur Bob Simmons et Maurice Binder, substituant aux femmes nues et canons phalliques de ses génériques bondiens des images d'actualités africaines un peu moins glamour.
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Image : très bonne copie au format respecté, à peu près exempte de défauts. C'est flagrant pendant les scènes diurnes en Afrique, très lumineuses et où on peut s'attarder sur la sueur sur le front de nos mercenaires. Son : un traitement de blockbuster avec
des pistes sonores françaises 5.1 et DTS dynamiques (pan!) et
bien réparties (boum!). De quoi se refaire une campagne africaine
dans son salon avec la musique troupière de Roy Budd (La
Loi du milieu) et mouiller son kleenex avec la chanson-titre.
Doublage français d'époque et de qualité avec les
biens connus Jean-Claude Michel (Burton) et Claude Bertrand (Moore).
De même, une piste anglaise remixée pour l'occasion en
5.1 de même qualité.
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Commentaire audio vo sous-titré de Euan Lloyd, John Glen et Roger Moore : modérés par un journaliste qui évite les temps morts, nos trois intervenants égrènent leurs anecdotes de tournage. Lloyd domine bien sûr le trio, lustrant son autoportrait de producteur sans concessions ("c'était audacieux de faire un film sans femme", lui demande le modérateur). Glen parle technique et l'ambassadeur de l'UNICEF Moore pratique avec bonne humeur son habituelle autodérision un poil masochiste ("beaucoup de personnages sont tués à ce stade du film pour des raisons budgétaires"), rappelant son admiration pour Stewart Granger qui incarne l'odieux banquier (rôle devant revenir initialement à un ami de Lloyd, Joseph Cotten). Une piste donc très informative et tout à fait à l'image du film : de vieux messieurs se rappellent le bon temps (entre autre comment gérer deux stars notoirement portées sur l'alcool) et les films qu'on faisait en ce temps là. L'envol des oies sauvages – making-of (vost) : un documentaire d'époque montrant images de tournage, acteurs évoquant qu'ils sont très contents de travailler avec untel. Les louanges et superlatifs enfilés sont à peu près les mêmes qu'on retrouve sur les making-of actuels, mais sur un ton un peu plus institutionnel d'actualités Pathé au cinéma ou de film d'entreprise. Une curiosité respectueuse, datée (le titre original est Stars' war) où vous apprendrez tout sur la fête d'anniversaire de Roger Moore donnée sur le tournage. L'avant-première des Oies Sauvages (vost) : un movietone (actualité au cinéma) portant bien son nom, dans le ton du documentaire précédent, en plus anecdotique et promotionnel (pour un hôtel londonien et une œuvre caritative). Moustaches, cols pelle à tarte et stars d'alors au programme.
La bande-annonce originale du film Des filmographies d'Andrew McLaglen, Roger Moore, Richard Burton et Richard Harris. |
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