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Un
quartier d'immigrés à Brooklyn au début
du siècle. La famille Nolan, irlandaise de souche, y vit plus que
modestement. Johnny (James Dunn), le père, rêveur, fantasque
et alcoolique travaille sporadiquement comme serveur-chanteur et rentre
souvent à la maison ivre (« malade » comme
on préfère le dire avec pudeur). Katie (Dorothy McGuire),
la mère, pour pouvoir faire subsister sa famille, est obligée
de prendre les choses en main avec fermeté. Obnubilée par
les soucis quotidiens, elle fait cependant tout pour que ses ses enfants
puissent s’en sortir et ne continuent pas à vivre dans le
même dénuement. Les enfants, ce sont Neeley, le cadet, et
sa grande sœur Francie (Peggy Ann Garner), jeune fille sensible et
à l’imagination débordante, qui s’évade
de cette vie de misère par la lecture et la soif d’apprendre
et de se cultiver. Son souhait le plus cher est de pouvoir entrer dans
l’école chic de leur quartier et de se lancer dans la carrière
d’écrivain. Mais les revenus restent maigres et, Katie se
trouvant à nouveau enceinte, il va être difficile de pouvoir
continuer à satisfaire aux aspirations de Francie. Il faudrait
plutôt qu’elle se mette à travailler pour aider la
famille à boucler les fins de mois. Un drame survient qui va tout
remettre en question… |
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Il est clair que Leon Shamroy a effectué un travail remarquable à la photographie (que le DVD permet d’apprécier à sa juste valeur) mais il serait totalement injuste de lui imputer l’entière réussite du film. Au contraire, Kazan lui-même devrait être le premier à en récolter les honneurs puisque, ex metteur en scène de théâtre travaillant sur un scénario en quasi huis-clos, il ne cède pas à la facilité et évite presque tous les pièges du "théâtre filmé" ; témoin, dès les premières minutes, la mise en place de son drame intimiste filmée avec une caméra très mobile, allégrement rythmée, montée de manière très découpée et bénéficiant d’une esthétique assez raffinée grâce aussi à un travail remarquable sur la lumière et les décors. Il en sera de même par la suite. Son expérience du théâtre est en revanche évidente dans sa direction d’acteurs, ici absolument parfaite. Son film récoltera d’ailleurs un Oscar pour la performance de James Dunn en tant que second rôle et surtout un Juvenile Award pour celle de la jeune Peggy Ann Garner, alors agée de 13 ans, véritable révélation qui, malheureusement, ne fera par la suite plus rien de marquant au cinéma si ce n’est qu’on la reverra en 1978 dans Un Mariage de Robert Altman. « De même qu’A l’Est d’Eden est à la mesure du visage de Julie Harris et du pétillement de ses yeux, de même Le Lys de Brooklyn est une histoire intime et intérieure. Il faut bien que le cadre extérieur soit présent mais ce qui importe c’est de rendre la lumière dans les yeux de cette petite fille, l’expression de son visage et ses sentiments profonds. J’étais alors loin de ma femme, mes enfants me manquaient : j’avais moi aussi une petite fille et j’étais d’autant plus sensible à l’amour d’un enfant pour son père : on le sent dans ce film… Je ne crois plus aux sentiments maintenant. » Il nous prouvera pourtant encore le contraire de cette dernière affirmation tout au long de sa carrière à travers ses films les plus maîtrisés et les plus puissants sur le plan de l’émotion tels Sur les Quais (On the Waterfront) ou Le Fleuve sauvage (The Wild River) pour ne citer que deux sommets de sa passionnante filmographie.
« Le Lys de Brooklyn est avant
tout une histoire assez mince » dira-t-il encore. Nous
ne pouvons pas lui donner tort mais le problème n’en
est pas forcément un puisqu’en revanche, le scénario
est d’une très grande richesse. Parfois un peu sentencieux
et moralisateur mais sans excès, avec quelques problèmes
d’équilibre sur la durée, les ellipses brutales
alternant avec certaines séquences quelque peu trop longues,
il permet à Kazan d’exprimer ses préocupations
sociales et de décrire des pauvres et leurs problèmes
quotidiens. « Trop joli, propre et aseptisé
» s’est-il fait également critiquer. Mais Hollywood
étant ce |
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Image : Une plutôt belle copie, bien définie et compressée, manquant cependant d’un brin de luminosité, au grain un peu trop prononcé et aux noirs un peu trop charbonneux, qui permet cependant de découvrir et d’apprécier ce film dans d’excellentes conditions. Son : Pas grand chose à signaler. Un mono de bonne qualité, non sans souffle ni craquelements mais sans que jamais ceux-ci en deviennent gênants. Du bon travail. A signaler que les sous-titres sont amovibles et que le film peut se suivre ainsi aussi en VO non sous-titrée. |
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![]() Débuts à Hollywood : interview de Michel Ciment (43') : De la part de Michel Ciment, on savait à quoi s’attendre. Son érudition, sa culture et sa passion sont toujours de la partie et, s’exprimant toujours très clairement, il nous offre une quarantaine de minutes d’anecdotes, d’analyse du film et de la carrière de Kazan tout à fait passionnantes, le tout filmé avec sobriété par Noël Simsolo. Un seul bonus mais de très grande qualité. Un très bon point pour cette nouvelle collection lancée par Les Films de ma vie. Ceci n’est qu’un détail mais il est bien dommage que le packaging soit aussi laid ! Filmographie défilante d’Elia Kazan |
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