James
Stewart piste une jeune femme, qu’il ne connaît encore pas,
et son regard balaie les gens assis au hasard dans un restaurant chic
de San Francisco, dont le rouge du décor surprend autant qu’il
intrigue... Le murmure de l’assistance, des bruits de couverts...
la musique de Bernard Herrmann commence pianissimo, la caméra
subjective (l’œil de James Stewart) se dirige vers un couple,
que l’on distingue de loin, la femme présentant son dos
dont la blancheur tranche avec la pénombre de la salle... la
magie commence... L’homme se lève, invitant sa compagne
à quitter les lieux, et tous deux se dirigent vers la sortie...
La femme est blonde, ses cheveux retenus en une coiffe savamment épinglée,
sa démarche souple... la musique monte crescendo... L’image
nous la présente de profil, dont le contour est souligné
par un halo de lumière vive se détachant du décor
grenat... Profil parfai... elle est belle, tout à fait le genre
de beauté qui rend un homme fou, fou d’amour... La musique
atteint son paroxysme... Puis le couple s’éloigne, et nous
voyons Kim Novak, dont l’image se reflète dans un miroir,
se diriger vers la sortie, laissant entrevoir sa robe du soir de mousseline
de soie verte et noire, donnant l’impression que l’actrice
glisse plutôt qu’elle ne marche, telle une apparition surgie
des limbes venue illuminer de sa présence notre pauvre condition
terrestre, et nous laissant dépité par son départ,
espérant une prochaine visite... La machination est en marche...
Cette scène introduit la rencontre entre James Stewart et Kim
Novak dans un film, Sueurs froides (Vertigo,
1958), que certains considèrent comme une œuvre très
personnelle et la plus réussie du maître du suspense, Alfred
Hitchcock. C’est aussi peut-être dans ce film que Kim Novak
restera gravée à jamais dans la mémoire des cinéphiles,
interprétant un double rôle qui marquera les annales du
cinéma, et représentant la femme fatale du Film Noir,
rejoignant en cela ces mythes que sont Rita Hayworth, Veronica Lake,
Lana Turner, Ava Gardner...
Si ce rôle fut décisif dans la carrière de Kim Novak,
il ne doit pas occulter une filmographie riche, et faire oublier les
multiples talents d’une actrice mésestimée par les
critiques français, sauf peut-être par François
Truffaut, qui voyait en Kim Novak, la sensualité de Marilyn Monroe
et le caractère bien trempé de Lauren Bacall.
Tout commence en 1933, le 13 février exactement, à Chicago
où la petite Marilyn Pauline Novak pousse son premier cri. Native
du verseau, la petite fille présente, conforme à son signe
zodiacal, un caractère indépendant et anticonformiste
qui la pousse, une fois atteint l’âge de s’assumer,
à voyager à travers les Etats-Unis en tant que Miss «
Deepfreeze » (Miss Grand - Froid !), vantant ainsi les mérites
d’une marque de réfrigérateur, et donnant raison
à Hitchcock, qui perçut, chez notre future héroïne
hitchcockienne, le feu sous la glace ! C’est en arrivant à
Los Angeles que la demoiselle envoie des photos à la RKO, tentant
ainsi sa chance comme des centaines de postulantes. Grand bien lui pris,
puisqu’un chorégraphe bien avisé la remarque (il
lui trouvait un air différent) et en parle au directeur de la
Columbia, Harry Cohn, célèbre pour son tempérament
insupportable, qui déclare d’emblée : « Une
blonde de plus ! ».
Il est vrai qu’à Hollywood, les blondes sont légion,
c’est presque un apostolat ! Cependant, Harry Cohn doit faire
face à la déferlante Marilyn, et sa Star, Rita Hayworth,
donne des signes de faiblesse... Promue princesse, la jeune femme revient
à Hollywood après son divorce d’avec Ali Kahn, et
refuse certains rôles que lui propose Cohn. Capricieuse et trahissant
le poids des années, il doit assurer la relève : Kim tombe
à point ! Kim va donc être lancée à grand
renfort de publicité et de stratégie marketing. On abandonne
le prénom de Marilyn, décidément trop courant pour
celui de Kim , après avoir proposé Kit Marlow, qui sera,
bien plus tard, repris dans la série Falcon Crest
(1986).

Kim Novak va démarrer sur les chapeaux de roue,
puisque son premier film est le très estimé Du
plomb pour l'inspecteur (Pushover, (1954),
du non moins apprécié Richard Quine. L’actrice principale
devait être inconnue pour des raisons de budget, le salaire de
Fred Mac Murray, de 60 000 dollars, entamant sérieusement la
production. Le producteur dira de Kim Novak : « Ce n’était
pas une véritable actrice lorsque nous avons commencé
le tournage. Le visage était magnifique. Le corps superbe. Elle
était photogénique. Mais elle était incapable de
montrer la moindre émotion. Nous avons décidé de
limiter son dialogue au minimum. Lorsque vous ne jouez pas, vous êtes
forcé de réagir et c’est ce sur quoi nous comptions.
» (Le Film Noir, Patrick Brion).
Le manque d’assurance de la jeune femme, qui débute dans
la profession, et son peu d’expérience lui portent quelque
peu préjudice ; ne doit-elle pas reprendre jusqu’à
trente-cinq fois de courtes scènes pour rendre son texte crédible,
selon Otto Preminger ? Il faut dire qu’elle est très nerveuse,
voire terrifiée face à la caméra et Otto Preminger
n’a pas la réputation d’être un tendre, en
témoigne quelques années plus tard une Jean Seberg terrorisée
par son autorité. Qu’importe finalement, puisque c’est
cette actrice que voulait Preminger pour son Homme au bras d'or
(The Men With the Golden Arm, 1955), après avoir
vu ses précédents films.
Le succès de l’actrice va crescendo, son sex-appeal y étant
certainement pour beaucoup. François Truffaut dira que rarement
actrice américaine fut aussi charnelle à l’écran,
et, en 1956 on lui décerne le prix de l’actrice la plus
sexy de l’année, son homologue masculin étant Rock
Hudson. Sa notoriété équivaut celle de Marilyn
Monroe, l’éclipsant même pour un temps dans le cœur
des américains. Kim poursuit donc sa route semée d’étoiles,
et interpelle dans le rôle de l’héroïne de Picnic
(1956) de Joshua Logan, en jeune provinciale amoureuse de William Holden,
dont une scène captivante est la danse lascive qu’entreprennent
nos tourtereaux !

Les années 1956 - 1957 marquent sa collaboration avec le réalisateur
de comédies musicales, George Sidney, pour trois films. Dans
Tu seras un homme, mon fils (The Eddie Duchin
Story) , elle partage l’affiche avec
Tyrone Power, Sidney la mettant merveilleusement en valeur grâce
à une photographie soignée. Elle enchaîne avec Un
seul amour (Jeanne Eagles), « un
grand rôle pour Kim Novak qui sait être émouvante
et sensuelle, frivole et grave, égoïste et généreuse,
et incarne la vie de l’actrice Jeanne Eagles (1894-1929).
» (Tulard). C’est d’ailleurs ce rôle qui procura
à l’actrice son expérience la plus riche, selon
ses dires. Pour La Blonde ou la Rousse, elle retrouve
Frank Sinatra, et incarne... .la blonde ! Rita Hayworth, la rousse !
Aucune rivalité entre les deux femmes, au grand désespoir
des journalistes !
L’année 1957 inscrit un événement notable
dans sa carrière, puisque, forte de son statut de superstar de
la Columbia, Kim fera grève en protestation de son salaire jugé
indigne de sa notoriété !
1958 est l’année de Sueurs froides et
marque ainsi sa collaboration avec un réalisateur pour qui les
acteurs sont du bétail, et qui sublime encore ses passions pour
ses actrices principales, jusqu’à Pas de printemps
pour Marnie (1964), où il déclare sa flamme à
Tippi Hedren, la harcelant avant de détruire sa carrière.
Ses rapports avec Kim Novak n’ont rien d’un long fleuve
tranquille ! Abandonné par Vera Miles (qui tombe enceinte), dont
il voulait faire une star grâce à ce film, on lui propose
Kim, dont il visionne notamment Un seul amour. Hitchcock
n’hésite pas à déclarer : « J’ai
perdu tout intérêt au film quand on attribua le rôle
à Kim Novak. ».Voilà qui ne laissait rien présager
de bon quant à leur association. Kim, quant à elle, a
pris de l’assurance, et la timide violette des débuts s’est
transformée en une actrice solide, au tempérament d’acier.
L’actrice demande des indications sur le rôle, mais
Hitchcock
ne l’aide pas, l’estimant insupportable et vulgaire. Elle-même
fait des caprices de diva, refusant de porter du gris, la couleur du
fameux tailleur, jetant son dévolu sur le mauve, couleur qui
lui sera attribuée quand elle incarnera Judy, personnage plus
proche du caractère de l’actrice, selon le réalisateur
! Quand on connaît le perfectionnisme d’Hitchcock, et notamment
ses choix draconien pour les couleurs, comme le vert lors de l’apparition
de Madeleine et celle de Judy, la " couleur de la Mort ",
on comprend leurs relations conflictuelles. Selon la légende,
Hitchcock profita de la scène du suicide de Madeleine, où
Kim Novak se jette à l’eau dans la baie de San Francisco,
pour l’envoyer " au bouillon " à maintes reprises
!
Curieusement, Kim Novak donna une autre version des faits dans Obsessed
with Vertigo (1997),documentaire retraçant la restauration
du film. Elle déclare sans hésiter avoir aimé collaborer
avec Hitchcock, celui-ci travaillant beaucoup avec elle sur le rythme
et lui indiquant comment parler, quoi porter, en précisant bien
qu’elle fut choisie pour ce qu’elle apporterait au rôle.
Hitchcock s’ingéniait même à jouer sur les
différents profils de l’actrice, l’un dévolu
à Madeleine, l’autre à Judy, mais le résultat
à l’écran est peu visible. L’animosité
entre les deux artistes était-elle une légende ? Ayant
lu plusieurs aspects de leur relation, j’en viens à penser
qu’Hitchcock exagérait leurs différents, dans le
but de promouvoir le film. Si l’actrice avait réellement
déplu, se serait-il encombré d’elle ? Il finira
par avouer qu’avec une actrice plus expérimentée,
le résultat n’aurait pas été aussi bon !
Reste une composition toute en nuance, Kim déployant toute une
gamme d’émotions, de la blonde Madeleine somnambulique
tout droit sortie d’un rêve, à la brune Judy, un
tantinet vulgaire mais ô combien désespérée.
La
Paramount, ayant bénéficié des services de Kim
Novak, va en échange, céder à la Columbia ceux
de James Stewart, le temps d’un film, L’Adorable
voisine (Bell, Book and Candle, 1958), d’un
certain Richard Quine ! C’est leur deuxième film (considéré
par Tavernier comme l’un des plus beau des années 50 !
) et le début d’une histoire sentimentale et prolifique
quant à leur collaboration,
puisque
suivront deux autres film. Richard Quine vouait un véritable
culte à son actrice fétiche, et cette passion s’exprime
admirablement dans Liaisons secrètes (Strangers
When We Meet, 1960), les mots de Kirk Douglas résonnant
parfaitement avec ceux du réalisateur. Ainsi, il parle à
Margaret (Kim) de son magnifique sourire, la rendant captivante, et
qu’elle devrait rire plus souvent avant de lui déclarer
vouloir faire l’amour avec elle. La villa construite durant le
film, métaphore des sentiments s’élaborant petit
à petit, devait abriter les amours du couple Quine-Novak, mais
seul Richard Quine y vivra. Dans ses rapports avec la gent masculine,
l’actrice tient avant tout à garder son indépendance
et privilégie beaucoup l’amitié. Parmi les soupirants,
on dénombre une idylle avec Sammy Davis Jr, ce qui témoigne
de son audace quand on connaît le puritanisme américain,
ou encore avec le fils du dictateur de Saint-Domingue, Trujillo Jr,
ce qui fit grand bruit au Congrès, puisque les Etats-Unis se
demandait si « les dollars versés à un pays
du tiers-monde devaient être reconvertis en automobiles de luxe
pour les stars d’Hollywood, Kim s’ayant vu offerte une Mercedes
grand sport ! »(Désir de Stars, Jean-Pierre
Léonardini).
1959, Kim Novak présente à Cannes Au milieu de
la nuit (Middle of the Night) de Delbert Mann,
d’après le roman de Paddy Chayevsky. C’est sa deuxième
virée cannoise, la première étant pour présenter
L'Homme au bras d'or, où on la voyait en compagnie
d’Otto Preminger et monter les marches en duo avec Brigitte Bardot.
A partir des années 1960, Kim Novak s’investit davantage
dans des rôles plus légers et, après les films passionnels,
c’est avec plaisir qu’on la découvre dans des comédies
fleurant bon la satire sociale ou dans des films policiers. C’est
ainsi qu’elle entame son quatrième et dernier long métrage
avec Richard Quine pour L'Inquiétante dame en noir
(The Notorious Landlady, 1962), où elle est
accusée du meurtre de son mari et retrouve pour la quatrième
fois Jack Lemmon, collabore avec Michael Gordon dans Garçonnière
pour quatre (Boys' Night Out, 1962), film
dans lequel elle incarne une étudiante en sociologie dont la
thèse repose sur le comportement du mâle américain,
endosse la crinoline et nous plonge dans le Londres du 18eme Siècle
et nous proposant une version du roman picaresque de Daniel Defoe, Moll
Flanders qui deviendra Les Aventures amoureuses de Moll
Flanders (1965), de Terence Young, et en profitera pour épouser
un acteur anglais, Richard Johnson, dérogeant ainsi à
sa règle de vie qui était de vivre isolée dans
une maison au bord de l’océan, mariage éclair d’environ
un an qui la confortera par la suite dans un certain isolement, rejoignant
ces stars mystérieuses dont la vie est une énigme, à
l’instar d’une Greta Garbo.
Elle fait une incursion dans le western comique, chevauchant nue un
cheval, ses charmes stratégiquement camouflés par une
longue "crinière" parsemée de fleurs dans
Le Plus grand des hold-up (The Great Bank Robbery,
Hy, 1969) de Hy Averbvack, et rencontre le maître de la comédie
en la personne de Billy Wilder pour une savoureuse satire sociale, dans
cette perle d’humour qu’est Embrasse-moi, idiot
(Kiss Me, Stupid, 1964) , la voyant déambuler
un diamant dans le nombril, entraîneuse repoussant les assauts
de Dean Martin, dans un film aux connotations sexuelles évidentes,
le réalisateur jouant avec des symboles tels des cactus longilignes
et autres candélabres ! Les ligues de décence attaquèrent
vigoureusement le film, qui reste pour Billy Wilder un mauvais souvenir.
Dans son autobiographie, il relate la déception de son actrice
principale, qui s’isola dans sa villa durant des mois, et il n’osa
plus jamais lui proposer un rôle par la suite.
Cette décennie (1960) la verra également jouer dans deux
comédies dramatiques, le premier étant L’Ange
pervers (Of Human Bondage, 1964) de Ken Hugues
dans lequel, reprenant le rôle naguère confié à
Bette Davis, elle compose une émouvante Mildred du roman de Somerset
Maugham, Of Human Bondage. La scène finale (je ne dirais
pas de quoi il s’agit !) témoigne du talent d'une actrice
d’une grande valeur, nous laissant subjugués par sa métamorphose,
après avoir été le bourreau du cœur de Laurence
Harvey, femme aussi légère qu’une bulle de champagne.
Elle collabore avec Robert Aldrich pour Le Démon des
femmes (The Legend of Lylah Clare, 1968),
« film resté classique sur Hollywood, une construction
où l’on découvre peu à peu les différents
visages d’une star ; l’interprétation de Kim Novak
et la violence de certaines séquences ont peut-être contribué
à dérouter les spectateurs. » (Tulard)
Le
tournant des années 1970 porte un rude coup aux déesses
d’Hollywood, et Kim Novak n’échappe guère
aux changements radicaux qu’opère l’industrie du
cinéma, à savoir ce besoin constant de nouveaux talents,
d’actrices plus jeunes…Elle avait quitté la Columbia
quelques années plus tôt, et travaillait en indépendante,
en témoigne sa période anglaise avec L'Ange pervers
et Les Aventures amoureuses de Moll Flanders.
Elle se tourne donc vers la télévision, et partage l’affiche
avec Tony Curtis dans Third Girl from the Left (1973),
ou encore Satan's Triangle (1975), rôle dans
lequel elle produit une forte impression dans un téléfilm
qui libère l’adrénaline ! En 1985, elle participe
à un épisode d'Alfred Hitchcock présente,
en compagnie d’une autre héroïne hitchcockienne, Tippi
Hedren. C’est avec plaisir qu’on la retrouve au cinéma,
parmi une pléiade de stars, comme Elisabeth Taylor ou Rock Hudson,
pour une adaptation d’un roman d’Agatha Christie, Le
Miroir se brisa (The Mirror Crack'd, 1980)
de Guy Hamilton, qui reprend l’histoire tragique de Gene Tierney,
film dans lequel elle échange quelques propos croustillants avec
sa rivale Elisabeth, et où l’on se demande laquelle des
deux trouvera la pire "vacherie" à débiter pour
déstabiliser son ennemie ! Kim Novak achèvera sa carrière
avec le très esthétique Liebestraum (1991)
de Michael Figgis, un bel hommage rendu aux Films Noir et un choix judicieux
que d’avoir employé celle qui incarnait sublimement la
femme fatale, 33 ans plus tôt dans Sueurs froides.
Si le cinéma français bouda cette blonde mystérieuse
et sensuelle, le cinéma allemand rendit les honneurs en lui décernant
un Ours d’or à Berlin en 1997 pour l’ensemble de
sa carrière, festival où fut projeté pour l’occasion
plusieurs films de la belle.
Les dernières nouvelles de Kim Novak nous sont parvenues grâce
à une interview de 2004, où l’on découvre
une femme énergique, toujours belle, vivant dans l’Oregon
en compagnie de son mari, Bob Malloy, vétérinaire, épousé
en 1976, avec lequel elle élève lamas et chevaux. Le récent
incendie de sa ferme en 2000 a réduit en cendre son autobiographie,
les scripts de Vertigo et Picnic,
ainsi que sa collection de tableaux. Elle reste cependant philosophe,
accusant la fatalité, et consacre son énergie pour la
création, notamment la peinture.
Un éventuel retour devant les
caméras ? Cela semble peu probable mais elle se déclare
prête à s’investir si le rôle en vaut la chandelle
! Pour l’heure, elle laisse ses films témoigner de son
âge d’or, permettant aux cinéphiles de chaque nouvelle
génération de découvrir une actrice magnétique,
dont les yeux de chat n’ont pas fini de nous hypnotiser !