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COMPILATION N °1
Les Amours de la pieuvre, 1965 (13mn - couleur) Réalisation : Jean Painlevé et Geneviève Hamon. Musique : Pierre Henry. La pieuvre sous toutes ses coutures : comment elle se déplace, respire, se nourrit et s’accouple. Oursins, 1954 (10mn - couleur) Réalisation : Jean Painlevé et Geneviève Hamon. Musique : Bruits organisés en hommage à Varese. Photographie : Claude Beausoleil. Documentaire réalisé grâce à un procédé de macro cinéma, permettant de découvrir la texture incroyablement complexe d’une coquille d’oursins. Comment naissent les méduses, 1960 (13mn30 - N&B) Réalisation : Jean Painlevé et Geneviève Hamon. Musique : Pierre Conte. Nutrition et reproduction chez différentes espèces de polypes et de méduses. Hyas et Sténorinques, 1929 (9mn30 - N&B) Réalisation : Jean Painlevé. Musique : Chopin, orchestré par Maurice Jaubert. Crustacés longilignes qui se couvrent de ce qu’ils trouvent, algues ou animaux, afin de se cacher... Convivialité avec leur voisin, le ver spirographe. L'Hippocampe, 1934 (13mn45 - N&B) Réalisation : Jean Painlevé. Musique : Darius Milhaud. Opérateur : André Raymond Locomotion de l'hippocampe, seul poisson vertical. Présentation de son mode de reproduction étonnant puisque c'est le mâle qui accouche, après que la femelle a déposé ses œufs dans sa poche ventrale. Développement des embryons. Cristaux liquides, 1978 (5mn45 - couleur) Réalisation : Jean Painlevé. Musique : François de Roubaix Etude au microscope des transitions de phase des cristaux liquides. Acéra ou le bal des sorcières, 1972 (12mn30 - couleur) Réalisation : Jean Painlevé et Geneviève Hamon. Musique : Pierre Jansen. Mollusque bisexué qui nage et danse à l'aide d'un repli formant un manteau autour du corps. Histoires de crevettes, 1963 (10mns - couleur) Réalisation : Jean Painlevé, Geneviève Hamon et C. Tchemigovtzeff. Musique : Pierre Conte La crevette sous toutes ses coutures , biologie et comportement. Reproduction et mue. COMPILATION N°2 Mathusalem, 1926 (9mn - N&B) Réalisation : Jean Painlevé Cinq séquences réalisées pour une pièce de théâtre d'Ivan Goll, projetées pendant les représentations. On y voit Jean Painlevé jouant Hamlet et Antonin Artaud en évêque lors d’une enterrement surréaliste. La Daphnie, 1927 (12mn30 - N&B, muet) Réalisation : Jean Painlevé Anatomie et vie de la puce d’eau, petit crustacé aquatique. La Pieuvre, 1927 (9mn - N&B, muet) Réalisation : Jean Painlevé Ce film est le brouillon du futur Les Amours d’une pieuvre. Les Oursins, 1928 (9mn30 - N&B, muet) Réalisation : Jean Painlevé Oursin des sables, oursin de roche, petite peluche ou créature minérale. Le Bernard L'Ermite, 1927 (14mn - N&B) Réalisation : Jean Painlevé. Musique : Maurice Jaubert. Opérateur : André Raymond Painlevé réalise ici son premier film sur le comportement animal. Le Bernard l'Ermite cherche à se loger... Caprelles et Pantopodes, 1929 (16mn30) Réalisation : Jean Painlevé. Musique : Scarlatti, orchestré par Maurice Jaubert. Opérateur : Eli Lotar. La Caprelle est un minuscule crustacé sous-marin vivant dans les algues. Son allure de phasme ne l’empêche pas de se déplacer avec élégance dans son environnement. Crabes et Crevettes, 1929 (14mn) Réalisation : Jean Painlevé. Musique : Maurice Delannoy. Opérateur : Eli Lotar Banals habitants du littoral auquel Painlevé confère une allure de titan. Traitement d'une Hémorragie, 1930 (3mn30 - N&B, muet) Réalisation : Jean Painlevé Traitement d’une hémorragie provoquée chez un chien. Après avoir été entièrement saigné, du sérum Normet lui est injecté. Le temps du film, le chien "meurt" puis revient miraculeusement à la vie. Barbe Bleue, 1938 (12mn30 - couleur) Réalisation : René Bertrand. Musique : Maurice Jaubert. Film d'animation en pâte à modeler d'après le conte de Perrault. La Quatrième Dimension, 1936 (10mn - N&B) Réalisation : Jean Painlevé. Trucages : A.P. Dufour Présentation des trois dimensions, puis introduction d'une quatrième dimension, celle du temps. Le Vampire, 1939-45 (8mn30 - N&B) Réalisation : Jean Painlevé. Musique : Duke Ellington Cette chauve-souris d'Amérique du Sud s’attaque au bétail et lui suce le sang. Ici, un cobaye est placé en présence de cette chauve-souris. On observe la lente approche de la proie, son anesthésie, la découpe de la chair et la succion du sang. |
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Les Documents cinématographiques nous proposent
de découvrir en deux dvd (bientôt un troisième)
l’œuvre trop rare de Jean Painlevé. Autant de
films féeriques et envoûtants, inquiétants ou
drôles, quelque peu tombés dans l’oubli. Car
si pendant des décennies, Painlevé fut reconnu, si
ses films furent souvent chroniqués dans les revues de cinéma,
si Cocteau ou Bazin firent des articles dithyrambiques sur son œuvre,
s’il comptait au rang de ses amis Jean Vigo,
Il a mis en place des techniques inédites de prises de
vues micro cinématographiques. Avec ses microscopes, ses
ingénieuses techniques d’éclairage, il nous
ouvre un monde inédit, inconnu, et pourtant si proche. Nul
autre médium que le cinéma n’aurait pu nous
faire arpenter ces terres inconnues. Le film scientifique permet
ce que les reproductions photographiques, les prises de son seules,
sont incapables de reproduire. Pas seulement capter le réel,
mais en utilisant tous les moyens offerts par le cinéma,
être capable de nous restituer ce qui était jusqu’ici
caché. Au-delà de nous faire découvrir des
mondes inédits (les fonds sous-marins, les boîtes de
pétri) Painlevé peut, avec les techniques de prise
de vue, capter le mouvement, le temps. En filmant Pasteur, il découvre
même des phénomènes sur la reproduction des
levures, inconnus jusqu’ici. L’accéléré
montre des phases jusqu’alors inconnues, que le temps humain
ne pouvait percevoir.
Painlevé s’amuse des sexualités "différentes".
Il nous montre le mâle hippocampe qui donne naissance à
ses petits, accouchement douloureux où son corps frêle
se cambre sous les contractions de son ventre, avant de libérer
une myriade d’hippocampes miniatures. Ce sont également
les chaînes amoureuses des acéras, mollusques bisexués
qui forment des chaînes où un individu central est
à la fois mâle et femelle. Les polypes de Comment
naissent les méduses se reproduisent par simple
bourgeonnement ou auto fécondation. Ce sont encore les daphnies
qui n’utilisent pas la fécondation mais la parthénogenèse
et qui voient les mâles apparaître seulement lorsque
leur milieu de vie est déséquilibré. Le plus
beau reste Les Amours de la pieuvre, où
deux individus s’accouplent (« pas de position officielle,
privilégiée ») pendant des heures, des
jours. C’est une lutte amoureuse, violente, sensuelle, à
laquelle nous assistons.
On a parfois l’impression troublante de remonter aux premiers temps du cinéma. Dans ses premiers films, la caméra est fixée au microscope, ne nous montre qu’un plan fixe, un cadre figé. L’œil de la caméra guettant ce qui se passe dans cet espace circonscrit est le même que celui posé devant la sortie des usines Lumière. Mais très vite, Painlevé expérimente, déjà en faisant glisser sa caméra sur le microscope, ou plutôt en déplaçant la lame sur la platine. Il utilise les vertus du montage, glisse des images subliminales des danses de Loïe Fuller dans Acéra ou le bal des sorcières, célèbres scènes pionnières de la colorisation au cinéma (Fuller était une artiste passionnée de sciences qui utilisa de nombreux procédés optiques, chimiques ou électriques dans ses spectacles). Surtout, Painlevé est un passionné de musique. Maurice Jaubert et Marcel Delannoy, musique contemporaine de François de Roubaix (Cristaux Liquides) pour Pierre Henry, jazz avec Duke Ellington (Le Vampire, Les Assassins d’Eau Douce)… Comment naissent les méduses prend des accents de film gothique. Painlevé manie l’ironie dans L’Hippocampe, se moquant de sa « dignité un peu compassée » par l’usage d’une musique parodique de film de chevalerie. Les voix off participent de la spécificité de son regard . Elles sont très éloignées de ce que fera plus tard par exemple Frédéric Rossif avec Sauvage et beau (1984) ou La Fête sauvage (1976), avec leurs commentaires grandiloquents. Les commentaires de Painlevé sont d’une poésie ironique ou décalée, qui s’amusent de ce qu’ils illustrent. Des textes de fanfarons, à l’opposé du côté compassé de vigueur dans le documentaire scientifique. Dans Histoire de crevettes, il se moque gentiment de cette « pitoyable proie », opposant avec fierté son rostre acéré aux filets des haveneaux. Painlevé n’hésite pas à mettre en scène ses "acteurs". Des Bernard l’Ermite jouent au football, une pieuvre, dans de pures visions surréalistes, s’épanche sur une poupée ou un crâne, grimpe en haut d’un arbre. Sa mort devient un ballet fantomatique, ses longues tentacules s’abandonnant aux flots, corps torturé expirant dans une étrange beauté lugubre.
Jean Painlevé touche même à l’animation
avec Barbe-Bleue, œuvre en pâte à
modeler sur une musique de Maurice Jaubert, animé par René
Bertrand et coloriée, éclairée avec soin, dans
la tradition de Ladislas Starewitch. Painlevé et Bertrand
mettent au point une caméra capable de filmer image par image,
et en couleur, selon le procédé Gasparcolor. «
Nous épousons les gestes du modeleur invisible (…).
Plusieurs journées de leur travail se traduisent par
une seconde de spectacle,
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![]() ![]() Image : Les films sont souvent proposés dans une qualité étonnante pour leur grand âge. Certes, des couleurs sont délavées, quelques cartons coupés, il y a moult griffures, tâches et poinçons. Mais il faut bien avouer que l’âge ainsi marqué sur la pellicule fait partie du charme envoûtant de ces expériences cinématographiques. Son : La qualité sonore est certes variable, mais restitue le plus souvent de manière pleinement satisfaisante musiques et commentaires. Les films de la première période sont muets, mais Le Bernard l’Ermite, Crabes et Crevettes, Caprelles et Pantopodes et Hyas et Sténorinques sont présentés ici dans leur version sonorisée ultérieurement par le cinéaste. |
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| Menus animés et musicaux. Les suppléments
comportent : |
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