
| Réalisation : George Sidney (1952)
Scénario : Ronald Millar et George Froeschel d’après
le roman de Rafael Sabatini
Photo : Charles Rosher
Montage : James E. Newcom
Musique : Victor Young
Interprétation : Stewart Granger, Janet Leigh, Mel Ferrer,
Eleanor Parker, Henry Wilcoxson, Lewis Stone, Nina Foch, Richard
Anderson … |

Warner Zone 1 - 4/3 1.33 Son : anglais mono, français
mono Sous-titres : anglais, français,
espagnols
115 minutes |


| Chroniqués
par DvdClassik :
Pas d'autres films de Sidney à ce jour
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Fin
du 18ème siècle : André Moreau (Stewart
Granger), séducteur impénitent, ne se soucie
guère de la Révolution qui couve dans les rues
parisiennes jusqu’au jour où il découvre
que son frère adoptif, Philippe De Valmorin, se cache
derrière le pseudonyme de Marcus Brutus. Cet écrivain,
signataire de pamphlets révolutionnaires, est recherché
par les autorités royales. Moreau décide de
le protéger, et s’enfuit avec lui en province.
Malgré leurs ruses, les deux hommes sont rattrapés
par le marquis De Maynes (Mel Ferrer) et ses hommes de main.
De Maynes provoque De Valmorin en duel et le tue. Moreau jure
alors qu’il vengera son frère. Pour atteindre
son objectif il se cache au sein d’une troupe de comédiens
qui interprète Scaramouche et apprend le maniement
des épées auprès des meilleurs maîtres
d’armes … |
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Depuis
les origines du cinéma, le film de cape et d’épée
demeure un genre populaire. Des premiers muets avec Douglas
Fairbanks (The mask of Zorro, 1920), jusqu’aux épisodes
de Star Wars, en passant par les aventures d’Errol
Flynn ou de Tyrone Power, la machine hollywoodienne s’est
toujours régalée de ces films mêlant
combats, cascades et comédie. Dotées de
gros budgets, ces productions avaient souvent un roman
pour origine et deux auteurs marquèrent le genre
de leur empreinte : Alexandre Dumas et dans une moindre
mesure Rafael Sabatini. Dumas le français, est à l’origine
du roman de cape et d’épée par excellence,
celui qui fut tant de fois adapté : Les
trois mousquetaires. Sabatini, de son côté,
est un dramaturge de talent dont les histoires furent
maintes fois exploitées par Hollywood. Avant son
décès (1950), le romancier italien eut
le bonheur de voir les adaptations de Captain Blood dans
trois versions dont la plus mémorable reste celle
de Curtiz en 1935, The black Swan (Henry King, 1942),
The Seahawk (Frank Lloyd, 1924) ou encore Scaramouche adapté en 1923 par Rex Ingram. Depuis 1950, son œuvre
n’a pas été oubliée puisque
Captain Blood fût revisité par Hunebelle
en 1960 dans le Capitan avec Jean Marais, tandis que
Scaramouche fit de nouveau parler son épée
en 1952 devant la caméra de George Sidney.
Sidney
n’est pas à proprement parler, un
cinéaste de l’aventure et encore moins du
film de capes et d’épées, genre que
les anglo-saxons nomme le "Swashbuckling". Il débute
sa carrière en 1937 par des comédies musicales
très calibrées et sans grand intérêt.
Les critiques le considèrent comme un bon faiseur,
ses films sont rentables mais ne marquent malheureusement
pas les esprits. Pour Tavernier et Coursodon (1) "Tous
les grands réalisateurs de musicals cherchent à développer
une forme nouvelle de comédies musicales à l’écran.
Rien de tel chez Sidney qui semble être venu là par
hasard" !!
En 1948 son destin artistique prend
un nouveau virage lorsque les "executives" de la MGM
lui proposent la mise
en scène de The three Musketters d’après
Alexandre Dumas. Sidney décide d’y appliquer
la méthode "musical" et filme Gene Kelly dans des
mouvements de caméras légers, rapides et
sur un rythme dramatique effréné. En insufflant
ce style au "swashbuckling", il parvient à revisiter
le genre ; Les trois mousquetaires est un énorme
succès au box-office et son réalisateur fait
désormais figure de spécialiste du film de
cape et d’épée !
Il décide néanmoins de retourner vers la
comédie musicale en espérant que son succès
de 1948 sera bénéfique à sa mise en
scène. Malheureusement, il retombe dans ses travers
et, en 1951, les critiques et le public boudent son adaptation
d’un des meilleurs spectacles de Broadway : Showboat.
La MGM, constate l’échec et lui propose un
nouveau récit d’aventure, ce sera Scaramouche !
Voici
donc l’œuvre de Sabatini et le savoir-faire
de Sidney réunis pour une production chiffrée à 3,5
millions de dollars. En tête d’affiche, la
MGM décide de propulser sa nouvelle étoile,
le comédien anglais Stewart Granger. L’interprète
de Jeremy Fox dans Moonfleet (1955) est alors âgé de
39 ans. Le public l’a découvert deux ans auparavant
dans le rôle d’Allan Quatermain (King
Salomon’s
Mines, Compton Bennett, 1950). Sous la conduite de Sidney,
Granger incarne André Moreau, un bourreau des cœurs
qui se transforme en héros. Dépourvu des
biceps d’un Douglas Fairbanks ou de la forme bondissante
d’un Errol Flynn, Granger séduit par son charme
: ses mimiques, son sourire et son regard ravageur captivent
les foules qui font du dandy la nouvelle coqueluche du
film d’action. Lors du tournage de Scaramouche, Granger
s’implique totalement dans son personnage : il suit
des cours d’escrime, ne cesse de s’entraîner
et finit par éclipser sa doublure qui se retrouve
au chômage technique ! Refusant que le moindre cascadeur
prenne sa place, Granger prend de nombreux risques et finit
par se blesser après avoir bondi sur une rangée
de sièges du théâtre lors de la scène
finale. Il doit être soigné et reprend le
tournage quelques jours plus tard avec le même enthousiasme.
A
ses côtés on trouve Janet Leigh, dont la
beauté illumine l’image et Eleanor Parker à la
fois extrêmement drôle et d’une sensualité débordante.
Les deux comédiennes forment, avec Granger, le triangle
amoureux perturbé par l’infamie du Marquis
de Mayne incarné par le génial Mel Ferrer.
Avec ses faux airs de Jean-Claude Van Damme (!!), Ferrer
incarne une brute sadique et distinguée dont l’agilité dans
les combats n’a rien à envier à Granger.
Ancien danseur de Music hall, Ferrer trouve ici une nouvelle
façon d’exprimer sa gestuelle. Sa prestation
impose un parfait "méchant" comme les
aimait Hitchcock et participe en grande partie au succès
du film. A côté de ces têtes d’affiche,
on retrouve de nombreux second rôles savoureux comme
Henry Wilcoxon ou Lewis Stone qui incarnait De Mayne dans
la version de 1923. Il prend ici le rôle du père
adoptif de Moreau ; une belle façon pour la MGM
de rendre hommage à l’œuvre originale
déjà produite pour le studio.
Dirigée par Sidney, cette troupe de comédiens
offre un spectacle jubilatoire. Après les trois
mousquetaires, le réalisateur ne déroge pas à la
règle et impose, à nouveau, la technique
du musical à Scaramouche. Il apporte vitesse, légèreté et
fluidité à ses mouvements de caméras,
qu’il orchestre sur un rythme frénétique
entretenu grâce à des combats, poursuites équestres
ou cascades chorégraphiées au millimètre
près. Ces séquences d’actions ponctuées
de scènes de comédies participent à la
progression du drame jusqu’à la vengeance
de Moreau. Vengeance qui constitue le point culminant du
drame et qui voit De Mayne et Moreau s’affronter
dans un duel sans coupures de plus de six minutes trente.
Sans révéler le dénouement du climax,
il faut tout de même insister sur cette scène
brillante qui voit les deux héros se livrer un combat
haletant, courant sur les balustrades, se jetant dans le
vide, sautant des escaliers et se balançant à des
cordes tout en maniant leurs épées avec rage
et dextérité. Ici la fluidité des
mouvements de caméra atteint une perfection chorégraphique
rarement égalée sur grand écran et
Sidney impose, enfin, son empreinte à l’art
cinématographique.
Côté comédie, il serait également
idiot de révéler les nombreux rebondissements
qui jalonnent le récit - jusqu’au dernier
plan d’une drôlerie déconcertante -
mais il faut souligner que, jusqu’à la dernière
minute, l’ennui demeure absent du film. Lorsque ses
protagonistes sont en dehors de l’action, Sidney
leur inflige des gags et fait beaucoup rire le public :
on se souviendra notamment des scènes de ménage
entre Moreau et Lénore ou des quiproquos lors de
la représentation de Scaramouche. Pour mettre en
scène ces situations comiques, Sidney utilise à merveille
le scénario qui décrit Moreau caché derrière
le masque du comédien burlesque : De Mayne regarde
le spectacle mais ne sait pas qui est caché derrière
ce masque. Le public, lui, se régale devant cette
situation si riche en ironie dramatique.
Pour conclure rappelons
le conseil du maître d’arme
: "L’épée est comme un oiseau
: serrez-la avec excès et ça l’étrangle,
ne serrez pas assez et il s’envole"… Sidney
a su appliquer ce conseil d’équilibre dans
sa mise en scène où il arrive à maintenir
l’attention du spectateur jusqu’au clap de
fin en jonglant subtilement entre scène d’action
et comédie. Car au fond le but est là : distraire.
Chez Sidney, point de thématique ou de quelconque
message artistique. Artisan de talent, il nous livre ici
un condensé de ce qu’Hollywood sait faire
de mieux en matière d’"entertainment"
: un film total, réunissant casting de rêve,
décors flamboyants, combats palpitants et un récit
basé sur une dramaturgie sans faille et riche en
rebondissements. Ecoutons donc le chevalier de Chabrilaine
s’adressant à Aline de Gavrillac qui cherche à se
divertir : "Orphée et Eurydice, le spectacle
est navrant, si vous voulez de la gaîté, allez
plutôt voir Scaramouche !".
(1) 50 ans de
cinéma américain
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Image :
Superbe ! Après la récente édition
des Contrebandiers de Moonfleet de Fritz
Lang,
Warner offre encore un superbe écrin à Stewart
Granger. Le DVD propose une image respectant le format
d’origine (1.37) et bénéficiant d’une
superbe définition. On remarque bien de nombreux
points blancs mais leur taille est ridicule et ne gène
en rien la projection du film. Les couleurs chatoyantes
et nettes rendent un bel hommage à la photographie
de Rosher. Les contrastes sont parfaitement gérés
et permettent une lecture confortables des scènes
de nuits. Côté compression aucun problème
de fourmillement ou de surbrillance à signaler.
Bref, du très beau travail !
Son :
De ce point de vue, rien de particulier à souligner.
La bande son mono respecte le travail d’origine.
Les voix, la musique et le bruit des épées
(!!) se détachent avec clarté, aucune saturation
n’est audible. La VF paraît moins propre
mais reste acceptable si vous voulez faire découvrir
le film à vos enfants ! |
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A
retrospective with Mel Ferrer : Mel Ferrer revient
ici sur le tournage de Scaramouche. Il se remémore
l’ambiance
du plateau, le professionnalisme de Stewart Granger et
parsème son récit d’anecdotes croustillantes.
Bref, quelques minutes de nostalgie totalement réjouissantes
comme on souhaiterait en avoir plus souvent en DVD. MGM
animated commercial : il s’agit ici d’une
bande-annonce sous forme de dessin animé. Tout à fait
original ce trailer devait avoir pour objectif de motiver
les enfants à voir le film. Une curiosité ! En
garde – Great screen swordfight : texte
expliquant succinctement l’histoire des combats
d’épées
dans le cinéma. Assez intéressant mais
un peu trop léger pour devenir passionnant. Theatrical
trailer : bande annonce d’origine de
facture très classique. L’image est moins
bonne que celle du film mais elle demeure correcte. Cast
and Crew : Générique résumé du
film. Sans aucun intérêt.
Conclusion : Ce DVD édité par Warner s’inscrit
dans la lignée des Moonfleet et autres Objective
Burma. Un DVD simple mais pourvu de bonus intéressants
et proposant le film dans une superbe copie pour un prix
très modeste. Bref, le meilleur moyen de (re)découvrir
ce chef d’œuvre du film de cape et d’épée.
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