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Réalisé par Jacques Tati
Avec Jacques Tati, Barbara Dennek, Rita Maiden, France Rumilly,
France Delahalle, Valérie Camille, Erika Dentzler, Nicole
Ray, Marie-Pierre Casey...
Scénario de Jacques Tati & Jacques Lagrange
Musique de Francis Lemarque
Photographie 70mm d’Andreas Winding et Jean Badal
Montage de Gérard Pollicand
Produit par Bernard Maurice et René Silvera
- Specta Films
Distribué par Specta Films
Durée cinéma 119’
France - 1967
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DVDs : 9 (un dvd consacré au film, un second aux bonus)
Zone : 2
Edité par Wild Side
Format vidéo : 16/9 compatible
4/3
Format cinéma : 70mm - 1.85 :1
Langues : Français stéréo |


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Chroniqués
par DvdClassik :
Pas d'autre chronique à ce jour
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Dix
ans après Mon Oncle, revoici
Monsieur Hulot, perdu dans les dédales d’un
Paris ultra-moderne (solitude). De multiples rencontres
plus ou moins avortées émaillent
le parcours labyrinthique de Hulot dans cette capitale
fantômatique et kafkaïenne : cadres ternes
et suractifs, anciens camarades de régiment, VRP
sur les nerfs et autres touristes américaines
s’extasiant sur d’immenses buildings impersonnels.
Tout ce beau monde se retrouve finalement le soir pour
l’inauguration en grande pompe du Royal Garden,
restaurant chic dont le standing n’est que de façade.
S’ensuit alors un déluge de catastrophes… et
de gags. |
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Play… C’est
bien de jeu qu’il est question dans Playtime…
Paris
comme immense terrain de récréation.
Là, Tati, jeune chien fou de 58 ans, magnifie
une ville des Lumières grisâtre qui, sous
son regard, redevient poétique et festive. Dans
la lignée directe de Mon Oncle (qui se
terminait dans un aéroport, décor d’ouverture
de son Playtime), le quatrième long-métrage
de Jacques Tatischeff embrasse une myriade d’idées
joyeuses déjà développées
dans ses œuvres précédentes, les portant à un
point d’incandescence et de perfection que le cinéma
français ne connaît qu’une fois par
décennie. Film-miracle, film-somme, film-monde,
Playtime porte le sceau de son génial créateur
et accompagne certains cinéphiles, sourire béat
aux lèvres, tout au long de leur vie de spectateur.
Chef
d’œuvre parmi les chefs-d’œuvre, Playtime est
un film maudit, au destin singulier. Entamé en
1964, soit 6 ans après le triomphe international
de Mon Oncle, le tournage du film traverse des
tempêtes
que n’auraient pas reniées les historiens
de cinéma friands de naufrages à la Cléopatre… D’une
ambition démesurée, ce cinquième
film est né après une longue gestation,
qui aura notamment vu Jacques Tati abandonner L’Illusioniste,
scénario semi-autobiographique co-écrit
avec Jean-Claude Carrière. Resté dans les
tiroirs, ce scénario avorté laisse finalement
place à la préparation d’un autre
projet qui, de Récréation (premier
titre du film), deviendra Playtime…
Dans l’incapacité de
tourner cette histoire d’Une Grande Ville (titre
provisoire parfois évoqué dans
les documents du CNC) en décors réels,
Tati et son équipe de production se décident à construire
un studio d’une superficie hallucinante pour l’époque.
Dans la banlieue de Joinville, jouxtant les laboratoires
GTC qui viennent de s’équiper en matériel
70mm (format choisi pour le film), l’immense plateau
explose littéralement le budget et retarde le
tournage de plusieurs mois : entamée en juillet
64, la construction du décor s’achèvera
non sans peine en mars 65… Déçu par
la colorimétrie des premiers rushes, peu convaincu
par les perspectives de certains de ses décors,
embarrassé par des conditions météorologiques
déplorables, Tati se débat tant bien que
mal avec un budget pharaonique et un tournage qu’il
continue toutefois, imperturbable, à diriger d’une
main de maître. Sur un plateau exténué,
le sobriquet de Tatillon ne quittera alors plus le créateur
de Playtime.
Epique, le tournage se heurte à de nombreuses
contraintes, au point que le chef opérateur Jean
Bourgoin (Mon Oncle mais aussi – excusez du peu
- Goupi Mains Rouges, Dédée d’Anvers,
Orfeu Negro, La Marseillaise, Mr Arkadin, Le Jour le
Plus long…) qui travaillait sur le projet depuis
de longs mois, jette l’éponge au bout de
quelques semaines de tournage. Homme de scène,
Tati nourrit quelque méfiance à l’égard
des techniciens de cinéma, qui peinent parfois à retranscrire
toute la palette imaginative de leur réalisateur.
Ainsi, les scènes d’aéroport nées
des différentes tournées promotionnelles
de Mon Oncle, se heurtent à des considérations
plastiques (le plexiglas utilisé pour les décors
reflète les éclairages, et sera finalement
remplacé par du verre) qui horripilent Tati. Pétri
d’humour mais terriblement exigeant, le créateur
de Monsieur Hulot dirige son plateau d’une main
de fer. Ce qui ne suffit pas à boucler le film
dans les temps prévus…
Endetté jusqu’au cou, Tati se résout
alors, la mort dans l’âme, à annuler
purement et simplement le tournage de certaines séquences,
notamment dans le long passage du Royal Garden. Le montage
est entamé alors que le tournage est loin d’être
terminé, afin de convaincre des investisseurs étrangers
de renflouer ce bateau ivre, frôlant le naufrage.
En bon capitaine, Tati tient la barre, se souciant comme
d’une guigne des soucis financiers de la production
pour ne jamais perdre de vue la maîtrise artistique
de son film, qu’il se permet de peaufiner à coup
de retakes répétées. Le 15 septembre
1967, soit trois ans et demi après le premier
coup de truelle à Joinville, le tournage s’achève
avec la destruction du décor - que Tati espérait
pourtant conserver pour y fonder une Université du
Cinéma, projet qui lui sera refusé par
André Malraux, alors ministre de la Culture de
De Gaulle.
Le montage - entamé entre autres par Sophie Tatischeff,
fille de Jacques – livre finalement une première
copie du film, le 16 décembre 1967.
Véritables crève-cœurs, les mois
qui suivent voient la durée du film fondre comme
neige au soleil sous la pression de la production. Des
2h33 initiales lors de la première du film (présenté avec
entracte, au grand dam de son créateur), le film
passe par diverses durées - atteignant un pic
de 2h50, se réduisant ensuite à 2h15 (deux
copies conservées par les Cinémathèques
de Lausanne et Toulouse, en très mauvais état)
pour finalement atteindre les 1h59 restaurées
que nous connaissons aujourd’hui (et qui sont celles
que vous verrez sur le DVD de Wild Side).
Mal accueilli
par la critique qui le juge toujours trop long, le film
trouve finalement
son public, sans pour
autant atteindre les sommets des triomphes précédents
de Tati. Ainsi à Paris, le film attire 400.000
personnes, succès tout relatif et insuffisant
pour combler le gouffre financier généré par
le tournage… Aux Etats-Unis, les coupes exigées
par les distributeurs sabordent le film qui sort dans
l’indifférence générale, alors
que Monsieur Hulot est pourtant une star reconnue outre-Atlantique.
Playtime, film d’une ambition folle, signe finalement
la ruine de Tati qui cède la majeure partie de
ses droits à Panoramic Films. Et Tati, dépressif,
de perdre une once de son génie et de son envie
dans ses œuvres suivantes, moins brillantes : Trafic et Parade…
Car c’est bien de génie dont il s’agit
quand Tati arrive sur le tapis. Film d’une précision
démentielle (les superlatifs manquent dès
qu’il convient d’écrire une ligne
sur le papa de Monsieur Hulot), véritable métronome
burlesque, Playtime est le travail d’un orfèvre
qui aurait ciselé chacun de ses plans sans relâche.
Tel un horloger, Tati filme au micron près, n’omettant
aucun détail. Paradoxal pour un cinéaste
adepte du plan large, magnifié ici par un 70mm
ample et généreux. Mais c’est bien
dans le détail que cette amplitude prend tout
son sens, chaque cadre constituant la somme de gags s’imbriquant
parfaitement, tels les pièces d’un puzzle.
Perfectionniste, le grand Jacques portait un soin maniaque à tout
ce qui pouvait composer son plan : décors, costumes,
jeu d’acteurs mais aussi le son, sur lequel Tati
apportera moult innovations et découvertes tout
au long de sa carrière. Révolutionnaire,
véritable enjeu narratif et comique de son oeuvre,
la bande-son façon Tati mise sur une musicalité des
bruits et des ambiances qui remplace toute notion de
dialogue. Bande-son qui participe de ce luxe de détails,
enveloppée de plus par la délicieuse musique
de Francis Lemarque.
Un des premiers plans séquence du film, large
plan d’ensemble découvrant une salle d’attente
d’aéroport, pourrait condenser à lui
seul tout cet art du détail chez Tati. Le moindre
mouvement, le moindre son, le moindre costume attire
l’œil, qui aura rarement été aussi
sollicité devant un écran de cinéma.
Ce plan, long et lent, fourmille d’incidents, de
trouvailles, à droite, à gauche, au fond,
là au premier plan, et dans le même instant
tout au fond, puis de nouveau à droite, puis à gauche… Sans
que pour autant le son ne nous ait laissé le temps
de mettre quelque sens au repos. Servi par un 70mm de
toute beauté, le film profite pleinement de ce
format gigantesque sans pour autant jamais donner le
sentiment de trop-plein ou d’illisibilité.
Cadreur hors pair, orfèvre du cadre large et de
la profondeur de champ, Tati offre à nos mirettes
un émerveillement perpétuel : le film supporte
ainsi facilement plusieurs visions, chacune permettant
la découverte de nouvelles trouvailles insoupçonnées
lors de la précédente.
Truffaut ne disait
rien d’autre dans sa lettre écrite à Tati
le lendemain de la première de son quatrième
film : "Playtime ne ressemble à rien
de ce qui existe déjà au cinéma.
Aucun film n’est mixé ou cadré comme
celui-là.
C’est un film qui vient d’une autre planète,
où l’on tourne les films différemment.
Playtime c’est peut être l’Europe de
1968 filmée par le premier cinéaste martien,
leur Louis Lumière ? Alors, il voit ce que l’on
ne voit plus, et il entend ce que l’on n’entend
plus et il filme autrement que nous."
Véritable mosaïque gaguesque, le premier
plan de l’aéroport résume ce sens
du cadre si particulier à Tati, qui trouve son
point d’orgue dans une scène de restaurant
anthologique, là encore louée par Truffaut
(L’épisode du restaurant est tellement complet
et fort que l’on ne peut s’empêcher
de penser qu’à lui seul il eût constitué tout
un film…)
Superbe morceau de bravoure, la
séquence du Royal
Garden dure en effet pas moins de 46mn, soit plus d’un
tiers du film. Là, Tati s’autorise tout,
dilatant ses plans à merci pour mieux installer
ses trouvailles, allumant la mèche d’un
gag qui explosera dix minutes plus tard, menant le spectateur
sur des pistes qu’il abandonne aussitôt pour
mieux les relancer dans les secondes suivantes. Le tout
sans se départir d’un œil lucide sur
la société contemporaine, égratignant
ici le racisme ambiant (le Noir refoulé du restaurant
avant que l’on ne se rende compte qu’il fait
partie de l’orchestre), là l’injustice
et la violence sociale de son époque (les ouvriers
cachés en arrière-boutique pour ne pas
embarrasser la riche clientèle).
Car sans jamais
insister, Tati délivre tout au
long de son film une certaine idée de la vie -
déjà évoquée dans Jour
de Fête, Les Vacances de Monsieur Hulot ou Mon
Oncle.
Traçant un portrait sans concessions de la France
des années 60, Hulot/Tati s’inquiète
35 ans avant tout le monde de l’uniformisation
de l’architecture, de la réification de
nos vies, du rôle grandissant de la télévision
ou encore de l’influence de la société de
consommation sur nos existences… Automates gris
et tristes, les citadins suivent un parcours tout tracé,
loin de la fantaisie gouleyante du quartier populaire
de Mon Oncle. Cousins urbains du couple Arpel (Mon
Oncle,
toujours), les Parisiens de Playtime ont perdu toute
fantaisie dans un monde bétonné – et
leurs vies au destin tout tracé (voir les mouvements
saccadés et rectilignes de tous les personnages
durant la première heure du film) jurent avec
la fantaisie de Monsieur Hulot, clown lunaire et oisif
perdu dans un monde trop agencé pour lui. Jamais
lourd ni réactionnaire, le propos de Tati évite
avec tact toute nostalgie poujadiste d’un Paris
Vieille France. Jamais rance, le quatrième film
de Tati célèbre au contraire, tout en nuances,
le bonheur de vivre en communauté - et sacralise
le désordre, le contact et la chaleur humaine
comme remèdes à des vies trop bien rangées
: ce sont ainsi quelques grains de sable dans un Garden
Royal à l’aspect tristement lisse qui vont
enfin donner vie à tout un quartier, qui se réveille
sous des airs de lampion.
Commencé sous le signe rigide des verticales
et des horizontales (les bâtiments dans lesquels
erre Hulot durant la première heure du film),
le film finit rond comme un ballon, déployant
de belles arabesques, transformant un bête rond-point
en un manége enchanté, des lampadaires
en brins de muguet et un lugubre drugstore en Bar des
Amis où se multiplient rondes… et ballons
de rouge. Une discrète évocation d’histoire
sentimentale est même esquissée entre Hulot
et la jeune touriste américaine, ajoutant quelques
teintes roses et rouges à une fin bigarrée.
Admirablement construit, Playtime évite ainsi
le sale rôle du brûlot (qui a déjà ri
devant un film assommant ses quatre vérités à son
public ?) pour se transformer en joyeuse allégorie
du bordel, pourvu qu’il soit humain, festif et
bruyant. Humaniste inquiet mais jamais désenchanté,
Tati délivre avec Playtime un véritable
tour de magie, transformant le gris en or.
Cette
magie influencera longuement le cinéma
contemporain, plusieurs cinéastes allant jusqu’à citer
ouvertement Hulot/Tati dans leurs films : de Lynch,
Kaurismaki, Suleiman à Iosseliani en
passant par Truffaut, toujours - qui offre une seconde
jeunesse à Monsieur
Hulot lors d’un clin d’œil/hommage dans
Domicile Conjugal, et qui se permet même
de reproduire les gags du fauteuil lors de l’entretien
d’embauche
de Doinel chez Monsieur Max. Mais aussi Hal Hartley et
ses banlieusards à complet gris et pipe dans Trust
Me ou encore Blake Edwards dont le mythique The
Party reprend nombre de gags
(le panneau de commande, la fête
qui dégénère…) entrevus dans
Playtime. On raconte même que les deux
cinéastes
correspondirent lors des tournages simultanés
de leurs deux films… Juste retour des choses pour
Tati, cinéaste qui avouait tout devoir à ses
idoles, rencontrées lors d’une émouvante
visite à Hollywood : Buster Keaton, Mack Sennet,
Harold Lloyd et Stan Laurel.
C’est dire la filiation prestigieuse qui entoure
Playtime, bouleversante leçon de mise en scène
et de mise en son. Leçon de vie aussi, de la part
d’un quinquagénaire enchanteur et joueur
qui ne retrouvera malheureusement jamais ni les moyens
de son ambition, ni même l’énergie
déployée dans ce film immense. Reste un
film, magnifique, et une ode à la vie simple,
humaine et oisive. De la pellicule qui embellisse la
vie, il n’y avait que Tati pour réussir
ce tour de magie. Standing ovation. A vous de jouer désormais,
it’s play time…
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Bien que sorti sous
l’enseigne
Wild Side, Playtime ne fait pas partie de leur désormais
fameuse collection Les Introuvables. On verra que ce point
n’est pas sans importance tant on peut parfois se
demander quelle est la part de l’éditeur dans
cette collection qui semble plus avoir été chapeautée
par Les Films de Mon Oncle (Jérôme Deschamps
/ Macha Makeieff) que par notre éditeur culte…
Image : la copie de la nouvelle édition enfonce
littéralement le master Criterion, chose assez
rare pour être signalée. Bénéficiant
de la restauration de la copie 70mm entreprise en 2001
pour la ressortie du film sur grand écran l’année
suivante, le DVD de Wild Side est la nouvelle référence
pour tout Tatiphile qui se respecte. Scènes restaurées
alors qu’elles avaient quasiment disparu, nettoyage
numérique des masters existants, suppression des
artefacts : un travail pharaonique qui saute aux yeux
! Résultat : de très rares poussières
(un cheveu énervant sur le premier plan du générique,
mais bon, là on chipote…), une compression
de tout premier ordre, une colorimétrie dans les
nuances de gris qui respecte merveilleusement la copie
vue l’an dernier sur écran géant...
Bref, rien à redire si ce n’est peut-être
un contraste qui aurait mérité un peu plus
de pêche, notamment dans les scènes de nuit… A
part ce petit détail (et le fait que - c’est
encore plus évident sur ce film précis
- rien ne pourra remplacer le 70mm sur écran géant)
: que du bonheur !!!
Son : Immense, le travail de Tati
sur le son analogique promettait monts et merveilles
une fois restitué en
numérique. Restaurée tout comme l’image,
la bande-son est limpide, une merveille de précision
qui rend parfaitement la foultitude de détails
et de gags sonores qui parsèment le film, sans
pour autant abuser d’effets grâce à une
stéréo d’une sobriété exemplaire.
Reste une question : à moins d’une erreur,
il semble acquis à la Rédaction que le
film est ressorti l’an dernier en 3.1, et que la
copie offerte sur le DVD restitue le film en Stéréo.
Qu’en est-il de cette disparition ?
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Les
voici donc ces bonus, qui ont déjà donné lieu à de
furieux débats sur divers forums spécialisés,
celui de Dvdclassik en tête. Commençons par
un état des lieux des suppléments présents
sur la seconde galette, et forcément alléchants
lorsque l’on jette un œil sur le boîtier
(magnifique, ceci dit) du DVD.
Bande-annonce (2’55’’) : D’une
qualité moyenne (qui permet de voir les splendides
efforts portés sur la restauration du film), cette
bande annonce d’époque présente bien
peu d’intérêt. Voix-off indigne de
l’imagination du père de Hulot, format 4/3
irrespectueux du travail de cadre de Tati, simple compilation
d’extraits du film et récapitulatif des
prix remportés par le film à travers
divers festivals. Bref, le tout venant de la BA…
Cannes 2002 : Petit reportage (8’13’’)
sans commentaire qui se contente de compiler des images
de la présentation du film à Cannes 2002,
ce module n’a lui non plus guère plus d’intérêt
si ce n’est de voir Piccoli grimé en Hulot
monter les marches du Palais - accompagné de David
Lynch, du facteur de Jour de Fête et du couple
Deschamps/Makeieff. Aucun effort particulier (pour ne
pas dire pas d’effort du tout…) dans le montage
de ce mini-reportage. Le dernier plan, interminable et
inutile, est à l’image de l’ensemble.
Biographie
de Jacques Tati (20’45’’)
: Didactique mais plutôt bien documentée,
cette biographie sous forme de reportage (extraits divers
et voix-off) offre de nombreux détails sur l’enfance,
les débuts (ses séances de mime amateur
durant son service militaire ou lors de troisièmes
mi-temps de rugby) et la carrière de Jacques Tatischeff.
Quelques images émouvantes et passionnantes (extraits
de spectacles, de films rares, et de courts-métrages,
que l’on regrette par ailleurs de ne pas voir sur
ce DVD : où est passé par exemple Cours
du Soir, tourné la même année que
Playtime et dont Tati est le héros ???).
Restauration
du film : Soit quelques pages de textes agrémentées
de photos pour expliquer le mode de restauration du film.
Intéressant, le
texte est extrait du livre de Stéphane Goudet
consacré à Playtime (et sorti l’an
dernier aux Editions Cahiers du Cinéma). On aurait
peut-être préféré constater
de visu avec comparaison avant/après… Pas
bien grave ceci dit.
Au delà de Playtime : Peut-être le bonus
le plus intéressant du DVD, avec l’analyse
du film par Stéphane Goudet. Explication du tournage,
de la construction (puis de la destruction) des décors
avec d’émouvantes images de tournage. Reste
que tout cela est bien court : 06’12’’.
Possibilité de voir ce petit module commenté ou
non…
Diaporama : 2’37’’ de
photogrammes (carrés, un comble !!!) présentés sous
forme de diaporama. Aucune image rare puisque ce ne sont
que des plans du film collés les uns à la
suite des autres, recadrés en 4/3 . Qui, sincèrement,
va s’amuser à regarder cela ?
Design & Look : Nouvelle succession de photogrammes
mis en scène de manière kitchissime et
assumée (ce qui n’en fait pas pour autant
quelque chose de génial, drôle ou pertinent)
pour mettre l’accent sur les costumes et les décors
du film. Quelques effets à la limite du Power
Point, un intérêt proche d’epsilon.
Vous pouvez passer votre chemin, sous peine d’énervement
prononcé…
Script-Girl : Interview de la scripte
du film - Sylvette Baudrot - agrémentée de quelques photos
et documents de tournage. Profusion d’anecdotes,
de petites leçons de mise en scène à la
Tati et d’informations - sur 12’07’’.
Très intéressante petite interview qui
apporte, enfin, un vrai éclairage sur le travail
de Tati sans se contenter de recycler paresseusement
la matière première du film. On apprend
ainsi que le plan mythique des bureaux en open-space
est en grande partie joué par des figurantes… en
carton !
Tati vu par… Jean Delavalade,
Macha Makeieff, Jacky Berroyer, Marc Dondey (dramaturge),
Gérald
Poussin (peintre), Hervé Laïssince (faux
jeune et vrai Deschiens qui "kiffe" Tati
: "Mon Tati préféré c’est
celui de Barbés". Aaaarf, on rigole…)
racontent leurs scènes favorites et donnent leur
point de vue sur l’humour et le cinéma de
Tati. Un bonus
totalement dispensable…
Peindre Tati (3’) : Six enfants peignent sur une
feuille blanche leur version de la scène de l’escalator
dans Playtime. Une intégrale Criterion au lecteur
qui saura me convaincre de l’intérêt
de cette… chose, aux velléités sûrement
poétiques mais montée à la va comme
je te pousse et totalement indigne de Wild Side.
Like
Home, une analyse du film par Stéphane Goudet (18’30’’) : Analyse du film via des
extraits (en format respecté, oooouf…) par
le spécialiste de Playtime, Stéphane Goudet,
auteur du splendide livre consacré au film sorti
l’an dernier. Le bonus sûrement le plus intéressant
du lot, pour qui n’aurait toutefois pas lu le livre
précédemment cité… A travers
de nombreux extraits, variés et pertinents, Stéphane
Goudet livre une analyse précise et concise de
certains thèmes et figures récurrents du
chef-d’œuvre de Tati. Si l’on pourra
toutefois regretter quelques longues plages de silence,
on ressort au bout du compte rassasié et satisfait
de cette analyse.
Sur le DVD consacré au film,
on retrouve par ailleurs deux autres bonus…
Séquences commentées par Jérôme
Deschamps (12’45’’) : Intéressante
analyse de quelques séquences mythiques du film
(la salle d’attente, l’arrivée des
premiers clients au Royal Garden, la scène du
drugstore au petit matin…). Jérôme
Deschamps y relate plusieurs anecdotes, tout en mettant
l’accent sur quelques-uns des motifs qui participent
au génie de ces scènes. Plutôt pertinent,
parfois même touchant sur la fin, ce commentaire
est riche d’enseignements et nous console de certains
bonus évoqués plus haut. Ô joie !
Séquences commentées par Stéphane
Goudet (12’40’’) : Nouvelle
analyse de Stéphane Goudet, qui arrive en complément
du bonus Like Home. Ici, ce sont les
scènes de
l’open space et du copain de régiment qui
offrent à Goudet l’occasion de développer
plus amplement certaines de ses idées. Comme pour
l’analyse de Jérôme Deschamps, beaucoup
de choses à retirer de ces 12 petites minutes,
qui font finalement regretter l’absence d’un
commentaire audio complet. Le cul entre deux chaises,
les créateurs du DVD n’ont pas su choisir
entre 1. l’absence
de commentaire ou 2. un
commentaire complet - se contentant donc de petites analyses,
qui
si elles lancent quelques pistes passionnantes, sont
d’autant plus frustrantes. On comprend bien volontiers
la volonté de Macha Makeieff de ne pas expliquer
le film à travers ce DVD ("Il s’agit
de titiller la curiosité, pas de produire des
fausses masses encyclopédiques" - in Libération
du 03 octobre 2003), mais ce non-choix laisse toutefois
perplexe, surtout
au vu de la qualité de ces 12 courtes minutes.
Comment comprendre alors par exemple la parution du livre
pour le coup encyclopédique de Stéphane
Goudet et François Ede l’an dernier, livre
pourtant cautionné par Les Films de Mon Oncle ? Une question à creuser, qui semble renvoyer
le DVD au rang de simple objet anecdotique… Très
dommage.
A noter un petit bonus caché sur
le chapitrage (1° page, carré rouge), soit
un texte signé Stéphane
Goudet afin d’expliquer la méthode choisie
(et plutôt réussie) pour découper
le film en chapitre.
Autre remarque par ailleurs, un
habillage général plutôt laborieux
: bandes colorées totalement hors de propos - tout ça
pour faire tenir
un menu 4/3 dans une TV 16/9 - hôtesse d'accueil épuisante...
Mmmmouais.
En conclusion
Au bout du compte, cette édition laisse un curieux
goût en bouche. A la fois totalement réjouissante côté film - et c’est après
tout ce que l’on demande au DVD en priorité -
cette édition déçoit, et laisse
parfois pantois, lorsque l’on s’attaque aux
bonus. Desservi par un habillage horripilant et totalement à l’encontre
de l’univers Tati (point de vue tout personnel,
mais qui sera à mon avis partagé par beaucoup),
ce DVD donne l’étrange
impression d’un
clan Deschamps découvrant avec une pointe de naïveté (ou
de cynisme, au choix) le merveilleux monde du multimédia.
Bref de belles promesses déçues, que le
prix riquiqui et, surtout, la qualité du master
feront toutefois sûrement oublier.
En espérant que les futures rééditions
des autres Tati par Les Films de Mon Oncle / Wild
Side sauront corriger le tir
dans les deux ans à venir… Le reste de la
filmographie est ainsi attendu avec impatience dans les
24 mois :-).
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