
Duel
sans merci
(The Duel at Silver Creek)
Réalisé par Don Siegel
Avec Stephen McNally, Audie Murphy, Faith
Domergue, Susan Cabot
Scénario : Gerald Drayson Adams
et Joseph Hoffman
Musique : Hans J. Slater
Photographie : Irving Glassberg
Un film Universal |

Universal
77 mn
Zone 1
Format cinéma : 1.33
Format vidéo : 4/3
Langues : Anglais
Sous titres : Français / Anglais
Mono d’origine
Chapitrage et menus fixes |


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Chroniqués
par DvdClassik :
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De
dangereux bandits menés par Rod Lacy (Gerald Mohr)
sévissent dans la région. Sous la menace, ils
forcent les mineurs sans défense à céder
leur concession avant de les tuer pour ne pas laisser de témoins
de leurs exactions. Le père du jeune Luke Cromwell
(Audie Murphy) meurt ainsi alors que son fils allait justement
porter à la ville les fruits de leur découverte.
De son côté, à Silver City, ayant trouvé
une piste, le Marshall "Lightning" Tyrone (Stephen
McNally) part à la poursuite du même gang. Mais,
alors qu’il va les appréhender, il se fait blesser
à la main et est rapatrié dans un fort afin
d’y être soigné. Il se trouve qu’on
y amène aussi un autre blessé témoin
des agissements des tueurs et ayant pu voir leurs visages.
Avant qu’il ne puisse parler, une jeune et jolie femme,
Opale (Faith Domergue), se faisant passer pour une infirmière,
l’étrangle. De retour dans sa ville, le Marshall
apprend que son vieil adjoint et ami a été tué
d’une balle dans le dos. Après avoir soupçonné
un nouvel arrivant se faisant appeler "Silver Kid",
il comprend son erreur après que ce dernier lui ait
expliqué qu’il n’est autre que Luke Cromwell,
à la recherche lui aussi des assassins de son père.
Ne pouvant plus se servir de sa main blessée et connaissant
de réputation la grande habileté au tir de ‘Silver
Kid’, il fait de lui son nouvel adjoint. Pas besoin
de chercher le gang bien loin car, sous couvert d’honorabilité,
il se cache au sein même de la ville : Rod Lacy et sa
"sœur" Opale y tiennent une échoppe.
Opale (en fait la petite amie et associée de Rod) use
de ses pouvoirs de séduction à l’encontre
du Marshall afin de mieux le faire tomber dans des guet-apens
mais le Kid veille. Après d’innombrables péripéties
et morts violentes, nos deux valeureux héros finiront
par mettre fin aux agissements des voleurs de concessions
au cours d’un ‘Gunfight’ au milieu des rochers
de Silver Creek. |
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S’il
n’est aucunement gênant de connaître l’intrigue
au complet avant de visionner ce film, c’est parce
qu’il s’agit d’un western de série
avec tout ce que cela implique comme conventions. Conventions
que les "aficionados" du western sont pourtant
ravis de retrouver de film en film ; conventions qui participent
aussi au charme des films dit "de genre". Pas
besoin d’être devin pour immédiatement
comprendre que Faith Domergue est vile, que Audie Murphy
et Susan Cabot finiront dans les bras l’un de l’autre
et que les bandits seront mis hors d’état de
nuire au final. Mais les amateurs de série B le savent
et pour eux, ces "clichés" ne rentrent
pas en ligne de compte dans leur appréciation d’une
œuvre. Il faut juste le savoir avant d’entamer
la vision de The Duel at Silver Creek mais cela
peut aussi s’appliquer à une quantité
impressionnante de westerns tournés uniquement dans
l’intention de divertir un public avide de spectacle.
DVDtalk parle même de "film too silly to
be any good and too unpretentious to dislike"
! Définition un peu dure mais assez explicite pour
ce western somme toute très sympathique, pas plus
idiot que beaucoup d’autres et que le manque de prétention
rend justement plutôt très agréable
à regarder.
Chez Universal, des westerns de toute sorte continuèrent
à fleurir tout au long des années 50 dont,
tout en haut du panier, trois de la série Anthony
Mann / James Stewart. Joel McCrea tourna aussi dans bon
nombre d’entre eux mais la véritable star cow-boy
du studio à l’époque était bel
et bien Audie Murphy, par ailleurs le héros de guerre
le plus décoré des Etats-Unis. Après
Le Kid du Texas et Kansas en feu, Duel
sans merci est avant tout un autre véhicule
pour l’acteur au visage poupin. Souvent programmés
en double programme avec une comédie de la série
Francis ou avec une fantaisie orientale, les westerns
avec Audie Murphy faisaient se déplacer les foules
qui n’attendaient rien d’autre que de "l’entertainment",
des coups de feu et de l’action. Belle gueule mais
au physique trop enfantin, "il souffrit des limites
sévères que lui imposèrent son apparence
et son image militaire" (Christian Viviani in
Le western) mais aujourd’hui, en le redécouvrant,
force est de constater que, même limité, son
jeu est somme toute plaisant et que ses westerns tiennent
assez bien la distance. Dans Duel sans merci, un dialogue
entre le Marshall et le barman résume assez bien
le "style" de l’acteur et du personnage
:
- Tu as entendu parler
d’un étranger nommé ‘Silver
Kid’, demande le Marshall ?
- Oui et je n’aimerais pas me frotter à lui
même s’il a l’air d’avoir encore
du lait qui lui coule du nez
"Silver Kid" se définit
lui-même ainsi : "Manier un flingue et jouer
au poker, c’est tout ce que je sais faire".
Audie Murphy, vêtu de noir des pieds à la tête,
possède une certaine classe et les dialogues vifs
et pince-sans-rire qu’on lui attribue dans le film
finissent par nous rendre ce personnage bien attachant.
A ses côtés, Stephen McNally s’en tire
plutôt pas mal non plus et prouve, après Winchester
73, qu’il pouvait être aussi convaincant
d’un côté comme de l’autre de la
loi. D’ailleurs, fait assez drôle, comme dans
Winchester 73, Stephen McNally se retrouvera pour
un duel final au sommet de parois rocheuses, mais cette
fois, du côté des "bons", il ne commettra
pas la même erreur que face à James Stewart
et en sortira vainqueur. La touche féminine est amenée
par la vile séductrice et meurtrière Faith
Domergue (ses moues, haussements de sourcils, de paupières,
sa manière de s’exprimer et sa voix langoureuse
font étrangement penser à Marilyn) et par
la jeune et frêle Susan Cabot, future égérie
de Roger Corman. Dans les seconds rôles nous trouvons
entre autres, dans une de ses premières apparitions,
l’immense Lee Marvin. Déjà ici, c’est
peut-être lui qui laisse l’impression la plus
forte et il n’était alors pas difficile de
deviner qu’il sortirait du lot tellement son physique
et sa présence sont impressionnants. Avec son cigare
à la bouche, sa moustache, son chapeau penché
et son rictus démoniaque, il est difficile à
oublier et la séquence de poker où il se trouve
opposé à Audie Murphy est certainement la
meilleure du western de Siegel. Le réalisateur lui
donnera par la suite un rôle marquant dans The
Killers (A bout portant), remake du film de Siodmak
dans lequel l’acteur sera terrifiant
Après avoir travaillé à la Warner dès
1933 et s’être fait remarquer en tant que monteur
de talent, Don Siegel s’est révélé,
dès les années 40/50, un spécialiste
de la série B par l’efficacité de ses
mises en scène, sa direction d’acteur irréprochable
et la bonne gestion de ses modestes budgets qu’il
ne dépassait que rarement. Après s’être
distingué par un court métrage très
intéressant, Hitler Lives en 1945 (diffusé
par Patrick Brion au Cinéma de minuit) et
avoir tourné le sympathique mais mollasson Ca commence
à Vera Cruz, le cinéaste met en scène
avec Duel sans merci son 5ème long métrage
et son premier western. Par la suite, dans le genre, il
y aura encore l’attachant Les rôdeurs de
la plaine qui donnait à Elvis Presley l’un
de ses rôles les plus consistants, le pénible
Sierra Torride mal influencé par le western
italien et enfin en 1976, l’émouvant Le
dernier des géants, les adieux déchirants
de John Wayne au western et au cinéma. Duel sans
merci peut se distinguer des autres westerns de série
Universal de l’époque par sa violence plus
accentuée que la moyenne, aussi bien dans l’action
que dans les dialogues. Il n’est dès lors pas
étonnant que 20 ans plus tard, ce soit le même
cinéaste qui réalise Dirty Harry.
Dès les premières images, nous voyons des
gros plans d’armes à feu tirant à bout
portant sur des victimes sans défense, la fumée
sortant du canon après de fulgurantes et sèches
détonations. Les hommes, bandits ou prospecteurs,
tombent comme des mouches et les cadavres s’amoncellent
à une vitesse hallucinante. Siegel est à son
affaire quand il s’agit de filmer des chevauchées,
des duels, des scènes d’action mais il aurait
pu se passer de quelques afféteries qui détonnent
par ailleurs comme ce plan de Faith Domergue et Stephen
McNally vu de l’intérieur d’une cheminée,
derrière le feu crépitant.
Ne chipotons pas trop et apprécions comme il se doit
ce film bien rythmé, soutenu par une musique bien
enlevée de Hans J. Slater, une belle photographie
du chef opérateur des Affameurs de Anthony
Mann, relativement bien interprété et se concluant
par un magnifique duel à trois (et non pas un triel
mais je vous laisse découvrir pourquoi) suivi par
le "Gunfight" final, le "duel à Silver
Creek" du titre qui est en fait, plutôt qu’un
duel, un règlement de comptes entre une horde de
hors la loi et le groupe des hommes du shérif dans
un cadre rocheux et aride. "Silver Kid", "Johnny
Sombrero", "‘Brown Eyes", "Rat
Face" et "Lightning" sont les personnages,
aux surnoms aussi conventionnels que l’intrigue, qui
vous feront peut-être passer un agréable moment
à condition de ne pas trop faire la fine bouche.
En revanche, divertissement assuré pour les fanatiques
du genre !
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Commençons
tout d’abord par annoncer la sortie du zone 2 français
pour fin août 2004 : ce devrait être très
vraisemblablement le même master
comme à l’habitude avec Universal (l’habillage
sera déjà identique et seul la VOST sera aussi
proposée). Tout ça pour dire que ceux qui
voudraient découvrir cette rareté le feront
à partir d’une copie étonnement propre
; donc plus aucune hésitation à avoir car
ce western de série de Don Siegel a la chance de
se voir proposé sur un très beau DVD. Même
les chefs-d’œuvre d’Anthony Mann n’ont
pas bénéficié d’un tel traitement
! Malgré quelques points bleus, un petit manque de
contraste et un léger voile sur les scènes
nocturnes, peu d’artefacts à déplorer.
La compression et la définition sont parfaites et
même si les couleurs ont à de faibles reprises
tendance à virer discrètement vers le vert
ou le rouge, le technicolor demeure pimpant. Sur certains
lecteurs, il faudra cependant mettre la luminosité
au maximum pour avoir un rendu impeccable.
La seule version sonore proposée
est la version originale dont le rendu est parfois un peu
bouché et assourdi mais sans que ça pose de
gros problèmes d’audition ou de compréhension.
La musique de Hans J. Salter ressort bien et les détonations
perpétuelles possèdent un certain ‘éclat’.
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Le menu est, comme pour tous les westerns Universal,
présenté avec comme musique de fond une
country d’ascenseur du plus mauvais effet mais tout
ceci n’est pas bien grave. Comme seul supplément
une bande annonce étonnamment
propre et bien conservée elle aussi, ce qui est
assez rare et mérite d’être signalé.
De plus, elle donne un juste et bel aperçu du film
qui donne vraiment envie de le découvrir.
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