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Réalisé par Sidney Lanfield
Avec Dick Powell, Raymond Burr, Jane Greer, Agnes Moorehead
Scénario : Frank Fenton, Winston Miller d’après
le roman de Luke Short
Musique : Heinz Roemheld
Photographie : Harry J. Wild
Un film RKO
USA - 79 mn - 1948
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Ed.
Montparnasse / La collection RKO
79 mn
Zone 2
Format cinéma : 1.33
Format vidéo : 4/3
Noir et blanc
Langues : Anglais / Français
Sous titres : Français
Mono d’origine |


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Chroniqués
par DvdClassik :
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Un
chariot chargé d’or est retrouvé pillé,
deux convoyeurs de la cavalerie américaine tués.
Dans la contrée, plus personne y compris la ‘Wells
Fargo’, ne souhaite s’occuper des transferts
d’or à cause des innombrables vols et meurtres
commis par un gang qui opère avec efficacité et
discrétion. Dans le même temps, arrive dans
cette petite ville du Far West, John Haven (Dick Powell),
qui, par son impertinence et son sans-gêne, semble
délibérément chercher les ennuis.
Il s’agit en fait d’un officier de l’armée
américaine envoyé incognito en mission
pour tâcher de découvrir les meurtriers
des convoyeurs. Il tombe amoureux de la femme qui paraît
tenir la ville sous sa coupe, la belle Charlie (Jane
Greer). Il se fait embaucher par Mrs Carlson (Agnes Moorehead),
la propriétaire de la mine d’or de la région,
afin d’effectuer lui-même les convois et
se trouver ainsi directement en contact avec ceux dont
il souhaite mettre fin aux agissements… |
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Musicien de jazz à ses débuts,
le réalisateur
Sidney Lanfield a commencé comme gagman à la
Fox en 1926 et s’est lancé dans la mise en
scène en 1930. On ne peut pas dire qu’il ait
laissé grand chose dans l’histoire du cinéma
car seuls deux de ses films sont plus ou moins connus en
France : L’amour vient en dansant (1942), une comédie
musicale avec Fred Astaire et Rita Hayworth et surtout
Le chien des Baskerville (1939), le premier film de la
série des Sherlock Holmes, avec dans le rôle
du célèbre détective, son plus illustre
interprète, Basil Rathbone. Pouvoir découvrir
aujourd’hui ce petit western de série original
et tout à fait sympathique est donc une véritable
aubaine.
Le cadre a beau être "westernien",
l’intrigue
ressemble plus à celle d’un film noir : il
pourrait s’agir d’une aventure de Philip Marlowe
au Far West. Les éléments qui rendent ce
film de série très agréable sont donc
avant tout, une idée de départ ingénieuse
(les enquêtes ayant pour cadre le Far West étant
encore excessivement rares) mais surtout des dialogues
constamment jouissifs et percutants, impertinents et tranchants à la
manière justement de Raymond Chandler ou de l’une
des adaptations cinématographiques de ses romans
comme Le grand sommeil de Howard Hawks ou Adieu
ma belle dans lequel, 3 ans plus
tôt, Dick Powell tenait le
rôle du fameux détective. L’acteur s’est
très certainement inspiré de Marlowe pour
jouer ce lieutenant des Services Secrets de l’armée,
représentant du gouvernement, se faisant passer
pour un civil afin de démasquer un gang de voleurs
et de tueurs.
Outre un Dick Powell, futur réalisateur
de films comme Torpilles sous l’Atlantique,
assez à l’aise
dans son unique western, le reste de la distribution est également
assez bien choisi. La belle Jane Greer, surtout connue
pour avoir joué dans La griffe du passé (1947)
de Jacques Tourneur et pour avoir été Antoinette
Mauban dans la fameuse version du Prisonnier de Zenda (1952)
de Richard Thorpe, tient ici le rôle de la femme
fatale dont tombe amoureux l’agent secret. Cette
femme, au premier abord douce et tendre, est en fait une
séductrice et une manipulatrice qui tient la ville
et ses habitants sous son emprise: Burl Ives dira d’elle "Charlie
possède la ville, fossoyeur et shérif inclus.
Elle possède tout sauf la classe de catéchisme.
Elle possède même une partie de moi et il
vous arrivera la même chose si vous restez en ville." Agnes
Moorehead, actrice dans les deux célébrissimes
premiers films d’Orson Welles, interprète
la riche propriétaire de la mine, personnage assez
romantique, qui va épouser l’officier supérieur
du corps d’armée basée dans la région
; c’est d’ailleurs grâce à l’amour
du vieux militaire (Tom Powers) pour cette honnête
femme que l’armée décide de s’occuper
de "l’affaire". On ne peut pourtant pas
parler d’une "faible femme" puisqu’elle
n’hésite pas à se servir d’un
revolver quand il le faut. Raymond Burr, que l’on
verra plus souvent à la télévision
qu’au cinéma, mais dont tout le monde se rappelle
sa composition du "méchant" dans Fenêtre
sur cour de Hitchcock, joue ici "un avocat sans
plaidoiries",
rempli de dettes de jeu et n’assumant pas son rôle
par couardise et corruption, tenant plus à sa peau
qu’à la justice : "Si vous croyez
me faire peur, vous avez tout à fait raison : je
ne suis ni un héros, ni un idiot" dira
t’il
au détective, ce dernier le tenant en joue avec
un revolver.
Enfin, le personnage le plus original
est tenu par l’imposant
Burl Ives, inoubliable patriarche des Grands espaces (1958)
de William Wyler et de La chatte sur un toit brûlant
(1958) de Richard Brooks. Il
se retrouve ici dans la peau d’un tenancier d’hôtel,
espèce
de "narrateur ménestrel" comme le coq
du Robin des Bois de Wolfgang Reitherman (production
Disney), la guitare toujours à portée de
main et donnant des conseils au héros en chanson.
Dick Powell, lui demandant ce qu’il sait faire à part
tenir l’hôtel, il répond "Certains
me disent poète, d’autres, idiot du village.
Qui suis-je pour les contredire ?" Il s’agit
en quelque sorte d’un démiurge qui sait tout
et sur tout le monde, source d’informations inaltérable
et celui qui relance l’action au moment ou notre
héros se retrouve un peu perdu. Un allié pour
Haven, apportant une sorte de touche "fantastique" au
film (il a l’air de connaître à l’avance
toute l’intrigue du film) mais dont la morale, et
la morale du film, s’avèrera quand même
assez machiste et réactionnaire, le dernier couplet
de sa chanson concluant le film résonnant de ses
paroles : "…Et un homme ne peut pas vieillir
tranquille entouré de femmes et d’or".
Si la mise en scène de Lanfield
se révèle
assez fade et somme toute banale, à cent lieues
de celle des rois de la série B "westenienne" que
sont Budd Boetticher ou André De Toth, elle est
entièrement au service de l’excellent scénario
co-écrit par Frank Fenton, qui prouvera par la suite
que cette réussite dans le genre n’est pas
restée unique puisqu’il écrira seul
ces petites merveilles remarquablement charpentées
que sont Fort Bravo de John Sturges, Rivière
sans retour de Otto Preminger ou encore Le jardin
du diable de Henry Hathaway.
Mais comme nous le disions ci-dessus, ce sont surtout des
dialogues finement ciselés qui
ont permis à ce film de ne pas sombrer corps et
biens dans le cimetière des innombrables et médiocres
films de séries. Un véritable feu d’artifices
de répliques qui font mouche et qui tient en haleine
le spectateur, ce dernier n’attendant qu’une
seule chose, que le sarcastique Dick Powell ouvre la bouche
pour savoir si sa réplique suivante sera aussi cinglante
que la précédente; en effet, c’est
l’acteur principal qui bénéficie de
presque tous ces "mots d’auteur". En
voici quelques exemples pour le fun! Une fille de bar
lui demandant s’il ne trouve pas triste de boire
seul, il lui rétorque "Non, pas quand on
boit beaucoup". Tenu en respect par un homme
voulant vraisemblablement le corriger, il lui dit sèchement
: "Tu me
tabasses ou tu restes planté là ? " Se
faisant embaucher par Jane Greer, celle ci lui demandant
s’il est prêt à tout, il lui réplique "A
tout sauf à la potence"…
D’autres détails assez
incongrus comme le pianiste n’arrêtant pas
de jouer car non dérangé par
la musique à cause de sa surdité, une scène
de bagarre très efficace avec la stupéfaction
de découvrir pour l’époque une caméra
tenue quelquefois sur l’épaule, un très
beau panoramique ouvrant le film et nous plongeant immédiatement
dans l’intrigue, un ensemble de "petites choses"
qui finissent de nous rendre éminemment sympathique
ce film qui ne pourra pourtant être pleinement apprécié que
par les inconditionnels des films de série de l’époque.
Des westerns à l’intrigue policière,
il y en aura d’autres dans l’histoire du cinéma,
aussi bien dans la série B avec La mission du
commandant Lex (1952) de Andre De Toth, que dans la
série A
avec Cinq cartes à abattre (1967) de Henry
Hathaway. Une sympathique découverte, qui ne laissera
pas de souvenirs inoubliables comme bon nombre de chefs
d’œuvres
d’un genre qui en regorge, mais qui se regardera
avec une délectation certaine par les amateurs de
westerns.
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Les
Editions Montparnasse abandonnent donc pour notre plus
grand regret la superbe
collection "Diamant" et
ses jaquettes d’origines vraiment craquantes pour
les nostalgiques, mais c’est pour en entamer une
nouvelle tout aussi passionnante, reprenant quelques titres
déjà sortis mais les ¾ étant
constitués d’inédits du catalogue RKO
(le studio américain distribué par l’éditeur
Montparnasse), l’un des studios les plus remarquables
de l’âge d’or hollywoodien, véritable
et fabuleuse mine de chefs d’œuvre, de raretés
et de films de série plus ou moins sympathiques
; studio malheureusement mort à la fin des fifties
par la faute de la mégalomanie de Howard Hughes.
Les jaquettes de cette nouvelle collection ne sont plus
constituées d’affiches mais de somptueuses
photos en noir et blanc tirées du film. Une présentation
sobre et classieuse dans des boîtiers ultra fins
qui devraient faire plaisir à vos étagères
par le gain de place considérable qu’ils vont
vous faire gagner. Une chose est certaine, malgré les
défauts relevés ci-dessous pour ce titre
précis, une envie irrésistible me tenaille
d’avoir en ma possession toute la collection : quel
beau travail éditorial ! ;-)
Concernant La cité de la peur, de deux choses
l’une : soit vous êtes, comme moi, fanatiques
de westerns et vous ne vous ferez pas prier pour acheter
ce DVD : vous ne le regretterez pas à cause de
la rareté du film qui ne risque pas de ressortir
sous une quelconque autre forme ; soit vous êtes
intransigeants sur la qualité technique d’un
DVD et vous ne vous lancerez pas à la légère
dans l’achat de celui ci, honnêtement, loin
d’être parfait.
Là où le bat blesse dans cette édition,
c’est d’une part, une copie grisâtre,
peu contrastée donc, et de l’autre une compression
moyenne (ça fourmille dans les arrières
plans et nous voyons une espèce de trame de fond
piquetée de points noirs pendant toute la durée
du film) qui gâche un peu, comme il se doit, surtout
les scènes sombres. Enfin, pas de quoi crier au
scandale non plus, la copie étant très
propre et le film se laissant voir dans cet état
sans que ce ne soit très gênant pour l’apprécier
pleinement. De plus, les films de série de l’époque
de la RKO ne devaient pas bénéficier de
conditions techniques de tournage optimales : la photographie
et la bande son ne devaient pas être, dans les
copies originales d’une grande qualité.
Parlons en justement du son. Deux
versions proposées
: La version française, pas mauvaise sauf pour
le doublage ridicule des chansons, mais assez nasillarde
comme la plupart des doublages de l’époque
; la version originale, disposant de sous titres assez
discrets (non imposés heureusement), n’a
pas du tout été remasterisée, d’où un
souffle constant et des scènes parfois totalement
sourdes, les dialogues ayant du mal à être
compris clairement. La chanson de Jane Greer fait même
entendre quelques vibrations assez désagréables.
Ces séquences sont quand même assez rares
et ne constituent pas un grand handicap à l’écoute
du film.
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Aucun
bonus, pas même de chapitrage, si ce n’est,
comme pour le reste de la collection, une présentation
rapide et éminemment sympathique du film, à la
manière de ce que fait Patrick Brion pour Le
cinéma de minuit, par le toujours souriant
et sympathique Serge Bromberg. Très bonne initiative
qui renforce l’idée de collection et qui pourrait
faire office, sur nos étagères DVD, de remplacement à la
défunte Dernière séance,
chère au cœur de tous les cinéphiles
naphtalinés.
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