Réalisés par Claude Chabrol
Avec Jean-Claude Brialy, Gérard Blain, Michele Meritz et Bernadette Lafont
Scénario : Claude Chabrol (Le beau serge) / Claude Chabrol et Paul Gegauff (Les Cousins)
Photographie : Henri Decaë/Jean Rabier (Le beau serge) Henir Decaë (Les cousins)
Musique : Emile Delpierre (Le beau serge) Paul Misraki (Les cousins)
France - 1959 - 94' et 98'


Zone 2
Editions Les films de ma vie
Format : 1.33 format respecté
Langues : VF en mono d’origine
Sous-titres : Aucun


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Le beau Serge
Les cousins


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Le Beau Serge : Après une longue absence d’une dizaine d’années, François revient dans son village d’origine. Mais une fois sur place, bien des choses ont changé : l’ambiance amicale a disparu, son ami Serge est devenu alcoolique. François va tenter de le sortir de cet enfer.

Les Cousins : Charles, jeune étudiant, vient terminer ses études à Paris et profite de l’hospitalité que lui offre son cousin Paul. Le tempérament radicalement opposé des deux cousins ne sera pas sans conséquences.

A la fin des années 50, Claude Chabrol écrit avec un certain brio nombres de dialogues de films sans grande envergure. Baignant avec ses amis (Truffaut, Rohmer, Godard et Rivette principalement) dans un bain que l’on appellera "La nouvelle vague", Chabrol peine à trouver un financement pour filmer son scénario original intitulé Le Beau Serge. Jusqu’au jour où la grand-mère de sa première femme décède et laisse plusieurs millions de francs à sa disposition. Ainsi naît le film à l’écran.

Même si chronologiquement, il n’est pas le premier film à être assimilé au mouvement de La Nouvelle Vague, Le Beau Serge est, un an avant A Bout de souffle, celui qui contribua à la définir, tant par ses ambitions que par ses prises de position vis-à-vis du cinéma de l’époque (en particulier Français).

Le Beau Serge est donc le premier film de son auteur. Pour le juger à sa juste valeur, il convient de se remémorer le contexte dans lequel il a été pensé, conçu et réalisé.
A l’instar de Truffaut, Chabrol ne porte guère dans son cœur le cinéma d’après-guerre (à quelques exceptions près). Comme ils l’ont d’ailleurs reconnu plusieures années plus tard, leur conception du cinéma était avant tout fondée sur le rejet du cinéma "à papa".
Le cinéma de cette époque est donc résolument marqué du sceau de la contestation, de l’amertume et de la virulence. D’où une vision plutôt sombre et désenchantée de leur art.

C’est dans cette atmosphère que baigne Le Beau Serge et son successeur (tourné dans la foulée), Les Cousins. Ces deux films sont donc des coups de pieds dans la fourmilière cinéma de la fin des années 50.
Une formule célèbre dit que tout premier film est autobiographique, Chabrol l’applique presque à la lettre. Hormis le fait qu’il va tourner son film dans son village d’enfance, entouré d’amateurs, amis et proches, ce premier long est très métaphorique. Paul arrive dans son village comme Chabrol arriverait sur les terres du cinéma après avoir été critique. Sa vision du 7è art se ressent particulièrement dans le fait que Paul découvre un lieu connu métamorphosé, en ruines voire en décomposition (le ravage de l’alcool) ; lieu en quelques sortes à l’image du cinéma Français des années 50.

Tout respire ici donc la liberté de faire du cinéma, d’agir sans la pression d’un producteur et d’aborder sans tabou des thèmes aussi divers qu’osés comme la déchéance humaine, l’alcoolisme ou encore le suicide. Cette audace du fond va de pair avec une forme en parfaite adéquation avec le contenu. La mise en scène (qui n’est pas encore le principal souci de Chabrol) colle de près à ses personnages, à leurs sentiments, leurs regards, en un mot, à leur intériorité. Nul doute que quelqu’un comme Cassavetes a du être influencé par ses films (cf Faces entre autres). Ces deux longs-métrages, plus que n’importe quel autre film français de l’époque, offrent une vision des plus critiques de l’être humain, les jeunes en prenant particulièrement pour leur grade (Ils ne lisent plus que du porno et des policiers). Le Beau Serge et Les Cousins racontent tous deux le revirement et le basculement de la vie d’un homme : son éloignement progressif de la vie sociale (brillamment illustré dans Les Cousins par l’utilisation de la musique). Les films nous offrent en outre la possibilité de découvrir plusieurs grands talents parmi lesquels Bernadette Lafont, Jean-Claude Brialy et surtout Gérard Blain, remarquable de finesse et d’émotion dans les deux films.

Le cinéma de Chabrol ressemble en somme au personnage de Paul dans Les Cousins : à l’écart, presque isolé, glaçant sans pour autant être distant. 1959 est donc une grande année pour le cinéma Français puisque sort la même année Les 400 Coups, films également acclamé, autant par la public que par la critique. Une nouvelle route est désormais tracée.

Le cinéma Français ne sera désormais jamais plus comme avant.



Image
: les deux films offrent une image des plus médiocre, définition à peine passable, compression hasardeuse et inévitables tâches de master. Un bilan plus que moyen. En considérant que les films ont été tournés avec très peu de moyens et qu’ils sont âgés de plus de 40 ans, nous aurions pu nous attendre à un plus mauvais résultat.


Son : Proposées toutes deux en mono d’origine, les pistes des deux films offrent un son qui varie du correct au mauvais, particulièrement sur Les Cousins où certains dialogues sont peu intelligibles, chose très désagréable. C’est passable en revanche sur Le Beau Serge.




Interactivité : Inexistante, La Nouvelle Vague a du emporter les bonus loin au large.

En résumé, un dvd loin de nous satisfaire pleinement si ce n’est son prix des plus abordables dans la mesure où deux films nous sont offert pour le prix d’un.


Un film chroniqué par Leopold Saroyan