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Réalisation & scénario
: S. Kubrick
Avec : Frank Silvera, Jamie Smith, Irène Kane, Ruth Sobotka…
Musique : Gerald Fried
Photographie : Stanley Kubrick
Un film produit par Stanley Kubrick et Morris Bousel
Etats-Unis – 1h05 – 1955
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Zone 2
Format vidéo 4 :3
Langues : Anglais / Italien / Espagnol / Allemand
Sous-titres : Français / Anglais / Italien / Espagnol / Allemand
/ Hollandais
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Article
sur Imdb.com
Kubrick par Michel Ciment
A Life in Pictures
DVDRama.com |

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Davy Gordon est un boxeur. Alors qu’il vient de perdre
un match de boxe, il se retrouve à défendre
Gloria, entraîneuse dans un dancing, qui est malmenée
par son patron. Les deux jeunes gens vont sympathiser
avant de s ‘éprendre l’un de l’autre.
Voulant rester avec Davy, Gloria décide de changer
de vie et pour cela de quitter son emploi, au grand désespoir
de son patron qui, amoureux d’elle, tente d’éliminer
Davy pour la reconquérir. Davy se retrouve mêlé à une
sale affaire de désir et de jalousie… |
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En
1955, Kubrick âgé de 27 ans réalise
Le Baiser du tueur. Ce film en noir et blanc de
65', n’est pourtant pas son premier long-métrage.
Fear and desire le précède de deux ans mais
Kubrick le renie très rapidement ; peu de gens auront
la chance de le voir. Parmi eux, James B. Harris qui rêve
de rencontrer le jeune réalisateur : "Fear
and desire et Le Baiser du tueur étaient des exemples
formidables de son génie naissant". Par
la suite, les deux hommes s’associent pour donner
naissance aux films Harris-Kubrick : L’Ultime
Razzia, Les Sentiers de la gloire et Lolita.
Le baiser du tueur est un film noir qui permet à Kubrick
de renouer avec un sport qui le passionnait étant
jeune, la boxe. C’est Walter Cartier, qu’il
rencontre lorsqu’il est photographe chez Look à New
York qui lui fait apprécier ce sport. La boxe est
aussi son premier sujet de réalisation par l’intermédiaire
du court-métrage Day of the fight (1951).
Après
ce court, Kubrick quitte le magazine Look pour se consacrer
uniquement à la réalisation. La même
année, il met en scène un deuxième
court-métrage Flying Padre, puis en 1952
un documentaire
The Seafarers (documentaire pour les Affaires étrangères
sur le "Rassemblement mondial de la jeunesse").
En 1953, il réalise enfin son premier long-métrage
Fear and desire puis vient Le Baiser du tueur (Killer’s
Kiss) en 1955.
L’histoire est inspirée par le romancier
Mickey Spillane (pour le Kubrick de 1953, le plus accessible,
le plus facile à imiter et le moins provocant des écrivains
féroces). Kubrick bâtit une histoire originale
qui se passe dans les coins les plus mal famés du
Sud de Manhattan. Dans ce film, les lieux et les métiers
ne sont pas choisis au hasard mais dans le but de renforcer
le côté noir du film. En effet le boxeur,
le ring, l’usine, les cours désertes, les
appartements tristes, renforcent cette idée d’enfermement
et de réclusion. Les lieux sont le taudis révélateur
de l’ambiance.
Le Baiser du tueur est réalisé avec
une totale indépendance. Kubrick y est producteur,
réalisateur,
directeur de la photographie et monteur. Tourné avec
peu de moyen et beaucoup de prêt, il le fut cependant
avec la même minutie que ses futurs long-métrages.
Comme le dit Alex Singer, photographe de plateau du film
: "Tourné pour une somme ridicule, le film
fut réalisé avec la même minutie et
le même soin que Kubrick apporte à tout ce
qu’il fait. C’est un perfectionniste, un perfectionniste
absolu. J’ai essayé d’appliquer les
mêmes règles à ma carrière mais
j’ai dû payer le prix fort avant d’y
renoncer. Si l’on ne vous laisse pas la liberté de
l’exercer, le perfectionnisme peut être fatal.
Il tourne à l’obsession, une obsession qui
n’a rien à voir avec le commerce".
Pendant le tournage, l’entourage professionnel commence à ressentir
une attitude autoritaire de la part de Kubrick. Sur Le
baiser du tueur, Kubrick travaille avec Nat Boxer,
futur ingénieur du son de Conversation Secrète et Apocalypse
Now, mais leur collaboration fut désastreuse.
Kubrick attrape de mauvaises habitudes, fait patienter
l’équipe plusieurs heures pendant qu’il
met son éclairage en place. Après ces longues
attentes il les fait entrer, les observe et intervient
dans leur préparation pour leur dire de ne pas mettre
de micros là et là car "tu fais
de l’ombre".
Boxer est remercié et Kubrick enregistre le son
sur un magnéto non professionnel. Cela va, par la
suite, poser des problèmes à Kubrick qui,
au final, doit post-synchroniser tous les dialogues ; malheureusement
le résultat donne à certains moments la forte
impression que les acteurs ne sont pas "dedans".
Les électriciens et les machinistes eux aussi vont
connaître des conditions difficiles. En plus d’être
constamment dans le froid et de supporter les humeurs de
Kubrick, ils vont devoir subir une baisse de salaire régulière.
Frank Silvera rate même un rôle important au
théâtre. Toutes ces contraintes subits par
les techniciens permettent cependant à Kubrick d’imposer
ses idées et de travailler quasiment comme il le
veut.
Dans le film, on retrouve déjà des éléments
qui vont devenir "kubrickiens", le rêve,
l’utilisation de la courte focale, la voix off, la
violence abrupte, la recherche du cadrage… Le réalisateur utilise ses talents de photographe
grâce à son exceptionnelle capacité à jouer
avec la lumière pour contrecarrer le minimalisme
du décor. On peut l’admirer entre autre dans
une scène du chapitre 4 (00h10min15s) ou encore
au chapitre 13 (00h51min10s). On peut déjà apprécier
un goût très particulier pour le contraste
que l’on retrouvera dans ses cinq films en noir et
blanc. Il est déjà fidèle au contre-jour
qu’il reprend dans Orange Mécanique et Barry
Lyndon. L’éclairage pour Kubrick est primordial
dans tous ses films. Il contribue au travail sur la lumière
en collaboration avec ses directeurs photo. Cela va devenir
une de ses forces et une de ses caractéristiques
grâce à des choix variés allant de
la lumière latérale à zénithale
en passant par l’abyssale ou la lumière des
bougies pour ne citer que celles-là. Ce travail
minutieux autour de l’éclairage des scènes
va lui permettre de construire son récit autour
de moments inoubliables. L’utilisation de la lumière,
du travelling, sont quelques prémisses d’éléments
qui permettent de reconnaître la touche d’un
maître comme Eisenstein, Welles, Ford, Tarkovski… La
création de morceaux de bravoures le permet aussi
et Kubrick va nous en proposer un à la fin de son
film.
Effectivement, la fin nous projette
dans une poursuite sur les toits de Manhattan. Kubrick
utilise une courte
focale qui rend le personnage tout petit à côté de
l’immensité du décor et de la dimension
des immeubles. L’accumulation et la place des habitations,
oppressent, enferment les protagonistes. La musique fonctionnelle
utilisée souligne les traditionnelles scènes
de poursuites. Le coup de génie arrive au moment
où Kubrick nous projette à l’intérieur
d’une usine infestée de mannequins (chapitre
15 à 00h56min46s ). Cette dernière scène
est d’une grande ingéniosité et virtuosité :
se déroulant dans l’usine, elle plonge le
spectateur dans un univers irréel. On se trouve à la
fois dans une arène où les mannequins jouent
les inquiétants observateurs mais aussi dans un
monde angoissant de corps rigides qui paraissent morts
et où un dernier règlement de comptes va
avoir lieu. Une impression surréaliste se dégage
de ce passage : deux hommes utilisent des bras, des jambes
et des troncs de mannequins pour se défendre. C’est
l’originalité et le brio de cette scène
qui vont permettre à Kubrick de se faire remarquer.
Comment oublier l’expression du visage de Frank Silvera
rempli de nervosité ou le magnifique plan de Jamie
Smith qui se cache dans l’usine et au-dessus de sa
tête, de nombreuses mains de mannequins dirigées
vers le bas, donnant l’impression de mains diaboliques
et inquiétantes qui essaient de l’attraper
(chapitre 15 à 00h58min26s). Une bataille de maestro,
très découpée, dynamisée grâce à l’utilisation
de la caméra épaule en plan moyen ou serré,
et qui contraste remarquablement avec la poursuite sur
les toits tournée en caméra sur pied et en
plan d’ensemble.
A sa sortie, une grande partie de
la critique est dithyrambique, subjuguée par la
qualité narrative, la virtuosité technique
et le travail sur la lumière. Cependant certains
ne voient pas le film du même oeil : "Tout
juste digne du niveau d’un étudiant de cinéma".
Lui reprochant de grosses faiblesses comme, entres autres,
l’utilisation de la voix off (qui ici sert souvent
de raccourci scénaristique), qui me semble pourtant
judicieusement employée par Kubrick pour nous donner
des informations rapides sur la situation ou les personnages
et pour nous recentrer sur le récit. Elle permet également
d’expliquer des agissements ou des changements brusques
d’attitudes des protagonistes. D’autres éléments
comme la faiblesse du décor, de la mise en scène,
etc, lui sont reprochés mais les deux mots les plus
utilisés par la critique sont "grande virtuosité".
Ce
deuxième long-métrage lui a permis de
parfaire ses gammes avant la future reconnaissance, et
l’on peut être surpris à la fin, du
happy-end ; celui-ci, voulu par Kubrick, est là uniquement
pour accrocher Hollywood. Dès son film suivant,
L’Ultime razzia, et par la suite, le happy-end sera
complètement exclu. Malgré ses faiblesses
mais sans oublier ses nombreuses qualités, Le
Baiser du tueur nous prouve déjà qu’il appartient
pleinement à l’œuvre de Stanley Kubrick.
La touche personnelle et unique du futur grand cinéaste
y pointe déjà le bout de son nez.
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Image : Le rendu général des images sur
le DVD connaît malheureusement beaucoup de légères
rayures. Les altérations ne sont pas régulières
mais plus ou moins importantes. Ces divers défauts
ne s’accumulent et ne se superposent pas au point
de gâcher la vision du film. Notons cependant,
qu’à plusieurs reprises des gros points
noirs et des tâches blanches sont présents
sur l’image ; ceux-ci n’apparaissent que
vers la fin du film, mais cela ne dure que peu de temps.
Il faut retenir de ce film au niveau de ses images les
remarquables ambiances créées à l’aide
d’une grosse réflexion autour de la mise
en place de l’éclairage que Kubrick a puisé lors
de son travail de photographe. Le film est bien contrasté de
manière à souligner les différentes
intensités lumineuses et aussi afin de donner
de la force aux plans magnifiés par l’éclairage.
Seul petit bémol qui peut devenir énervant,
cette accumulation de rayures qui doivent appartenir
au master original mais qui ne gâche pas le film.
Son : le film est
proposé avec sa version mono
d’origine. Cette version audio a été restaurée
de manière à apporter une qualité optimale
et un rendu de haute fidélité par rapport
au master de départ. Malgré tout ce travail
de restauration pour nous donner un meilleur rendu aujourd’hui,
la post-synchronisation pendant tout le film donne l’impression
qu’il y a quelque chose d’anormal. Le faible
budget du film attribué à Kubrick, l’a
empêché de faire un gros travail sonore.
Toute la bande son est minimisée, il y a peu de
détails sonore, on parle uniquement "d’ambiances
sonores générales". Le manque d’argent
mais aussi son penchant excessif pour la lumière,
ont mis Kubrick dans l’obligation après
le départ de l’ingénieur du son Nat
Boxer de post-synchroniser le film. Les spectateurs très
attentifs seront régulièrement dérangés
par ce manque de son direct en synchronisme avec l’image.
Cependant, la présence régulière
de la musique souligne assez bien le milieu dans lequel
se déroule l’action, elle est plutôt
bonne à l’écoute et elle revient
souvent pour freiner le minimalisme des détails
sonores. Un rendu sur le DVD pas à la hauteur
des autres films de Kubrick mais qui malgré tous
les soucis connus reste correctement audible.
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Uniquement une bande annonce en
version originale non sous-titrée
de 1min40s de qualité médiocre qui commence étrangement
avec 25 secondes de noir et qui se termine avec 10 secondes
de noir. Elle souligne convenablement le côté noir
du film.
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