Réalisé par George Waggner
Avec John Wayne, Oliver Hardy, Vera Ralston, Marie Windsor
Scénario : George Waggner
Musique : George Antheil
Photographie : Lee Garmes
Un film Republic
Usa – 99 mn - 1949



Edition Atlas / les plus grands westerns John Wayne
99 mn
Zone 2
DVD5
Format cinéma : 1.33
Format vidéo : 4/3
Version colorisée
Langues : Anglais / Français
Sous titres : Français
Mono d’origine
Chapitrage non fixe


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Alabama 1818. John Breen (John Wayne), soldat du deuxième régiment du Kentucky, rencontre Fleurette, fille du général qui a organisé l’installation en Amérique d’un certain nombre d’exilés bonapartistes français. Il en tombe aussitôt amoureux et, pour rester auprès d’elle, décide de s’installer dans la région avec son ami Willie Paine (Oliver Hardy). Bien lui en prendra puisque les émigrés français lui devront leur salut, d’avides gredins dirigés par le soupirant de Fleurette essayant par tous les moyens, y compris les plus violents, de s’emparer de leurs terres. Vous avez deviné que tout se terminera pour le mieux, le mariage arrivant pour conclure ces péripéties.

Second film produit par John Wayne après le très beau L’ange et le mauvais garçon de James Edward Grant, Le bagarreur du Kentucky est malheureusement loin de posséder toutes les qualités de son prédécesseur. Quand en plus, nous savons qu’il se situe, dans la carrière de John Wayne, entre ces deux merveilles que sont Le réveil de la sorcière rouge de Edward Ludwig et La charge héroïque de John Ford, il est difficile de ne pas être désappointé devant ce mélange improbable de film d’aventure, comédie et western, qui hésite sans arrêt entre sérieux historique et humour pas très léger et qui finalement, n’arrive pas à trouver un ton qui permette de nous y attacher. Pourtant l’idée de départ était encore une fois intéressante, abordant une période de l’histoire des Etats-Unis assez peu connue et rarement abordée au cinéma, celle du début du 19ème siècle quand le territoire américain donnait asile aux français exilés après la défaite de Napoléon à Waterloo. Au final, même s’il est possible que les fans de John Wayne (comme moi) y prennent un certain plaisir (comme moi), les autres resteront obligatoirement sur la touche car il n’y a vraiment pas grand chose à se mettre sous la dent, l’intrigue sentimentale prenant souvent le pas sur l’intrigue politique tout de même plus captivante. Mise en scène inexistante, scénario laborieux, humour pataud (John Wayne essayant de jouer du violon, la partie de ‘rugby’ improvisée avec une bonbonne de rhum, la voix off totalement ridicule exprimant les pensées du personnage principal…), interprétation catastrophique de Vera Ralston et Oliver Hardy que nous sommes peinés de retrouver dans un rôle aussi calamiteux, nous n’allons pas nous attarder plus avant sur cette oeuvrette qu’on peut qualifier avec indulgence de ‘très moyenne’.

Heureusement, ce film aura permis à un chef d’œuvre de ne pas naître prématurément au dépens de la qualité qu’il a acquis par la suite. Quand John Wayne vient amener sur un plateau le scénario du bagarreur du Kentucky à Herbert J. Yates, ce dernier accepte immédiatement mais pour des raisons que l’acteur est loin d’imaginer. Les deux hommes sont en désaccord depuis pas mal de temps sur le projet qu’à John Wayne de produire et réaliser lui-même un film qui narrerait l’héroïque résistance des texans à fort Alamo. Yates s’y oppose fortement ne souhaitant pas que l’acteur réalise le film mais ne voulant pas qu’un autre que lui produise cette histoire dont il devine tout le potentiel. Fait assez drôle, dans Le bagarreur du Kentucky, John Wayne endosse quand même un costume de trappeur identique à celui porté par Davy Crockett. L’année où John Wayne rompt son contrat avec le studio, Herbert J Yates prépare immédiatement sa vengeance qui aboutira à la production en 1955 de Quand le clairon sonnera de Frank Lloyd qui raconte le fameux drame s’étant déroulé à Alamo. La meilleure chose qu’il nous soit arrivé est que John Wayne n’a pas baissé les bras pour autant, et donnera ainsi naissance à un chef d’œuvre de lyrisme, de souffle et de maturité (qu’il n’aurait certainement pas eu dix ans avant) : Alamo. En plus de refuser son soutien à l’acteur pour le projet qui lui tient à cœur en acceptant sans broncher le script du Bagarreur du Kentucky, Herbert J. Yates lui impose sa maîtresse Vera Ralston, ancienne championne de patinage artistique, comme partenaire féminine. Comme nous l’avons déjà affirmé plus haut, le choix n’est pas des plus heureux. Tout ceci donne un tournage tendu et abouti à ce fiasco artistique. A ne regarder qu’en connaissance de cause !

Image : "C’est en tout cas une réussite sur le plan visuel grâce à la superbe photo de Lee Garmes" dira Allan Eyles dans son livre sur John Wayne. Il ne reste plus au spectateur d’aujourd’hui qu’à lui faire confiance car ce n’est pas grâce à ce DVD qu’il s’en rendra compte. Premier inédit en DVD à être sorti directement dans la collection western des éditions Atlas, celui-ci laissait présager le pire tellement grande est sa médiocrité. Proposant une copie minablement colorisée dans des tons verdâtres et jaunâtres, la compression n’est pas non plus à la hauteur et tout ceci donne le plus souvent une bouillie visuelle insupportable : aucune définition de l’image, du flou ‘non-artistique’ la plupart du temps, des fourmillements incessants… Pour corser le tout, la copie est constamment sous-exposée, ce qui nous donne des scènes sombres dans lesquelles nous ne distinguons pratiquement rien.

Son : Ce n’est pas le son qui va rattraper quoique ce soit puisque celui ci se révèle très sourd, étouffant tous les bruits d’ambiances, et grésillant. Le souffle n’est pas en reste et a été lui aussi convié à la ‘fête’. A noter cependant un assez beau thème d’amour de George Antheil que l’on entend dès le générique et qui servira de fil conducteur à tous les westerns Atlas qui suivront puisqu'il s'agit de la musique que l’on entend sur la présentation de la collection qui débute chaque DVD.





Une nouvelle fois pas de bonus mais profitons en pour dire que tous les westerns John Wayne de la collection, inédits dans les circuits de distribution normaux, ont été maintenant testés, excepté les films de la Monogram dont la durée est inférieure à 60 minutes et qui n’ont à vrai dire aucun intérêt.


Les inédits Atlas :

La belle de San Francisco
L'ange et le mauvais garçon
L'escadron noir
La ruée sanglante
Sacramento
Le premier rebelle
L'amazone aux yeux verts


Un film chroniqué par Jeremy