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Réalisé par Anthony
Mann
Avec Robert Ryan, Aldo Ray, Tina Louise,
Michael Landon, Buddy Hacket, Fay Spain, Vic Morrow, Jack Lord
Scenario : Ben Maddow & Philip
Yordan
Musique : Elmer Bernstein
Photographie : Ernest Haller
Montage : Richard Mayer
Un film United Artists
USA - 117' - 1958
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Zone 2
Format cinéma : 1:85
Format vidéo : 4/3 (sic)
Langues : Anglais / Français
Ss-titres : Français
N&B - Mono d'origine
Menus sonores et animés
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Fermier
sans le sou et plus ou moins illuminé, TyTy Walker
(Robert Ryan) convainc ses deux fils que l'or de son grand-père
est enterré quelque part dans son jardin. Jardin qui
ressemble à un gruyère, parsemé de trous
béants que la petite famille s'évertue à
creuser chaque jour... Conseillé par un apprenti shérif
(et néanmoins ami), Ty Ty kidnappe un albinos de son
voisinage pour l'aider dans son entreprise, persuadé
qu'il est que les albins voient à travers le sol. Dans
le même temps, un violent conflit familial explose entre
le gendre de Ty Ty, Will Thompson (Aldo Ray), sidérurgiste
au chômage et Jim Leslie (Lance Fuller), son propre
fils marié à la splendide Griselda (Tina Louise),
autrefois maitresse de Will. Tout ce petit monde va se débattre
et s'aimer dans un Sud moite et bigaré.
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Etrange
parrallèle... Chroniquer Cote
465 (Men in War)
puis, dans la même semaine, Le Petit Arpent
du Bon Dieu (God's Little Acre)
du même Anthony Mann oblige forcément à
divers rapprochements et comparaisons, mais pas forcément
en faveur du second. A ma gauche, un petit film de guerre
âpre et tendu, véritable chef d'oeuvre du genre.
A ma droite, une oeuvre sympathique mais - avouons-le de
suite - plutôt mineure au regard des plus grandes
réussites du réalisateur de L'Homme
de la Plaine.
Réalisé un an
après Men in War,
Le Petit Arpent du Bon Dieu est l'occasion
pour Mann de retrouver les deux acteurs principaux de son
épopée coréenne - et ce après
une courte infidelité avec Henry Fonda et Anthony
Perkins (Tin Star,1957). Revoici
donc à nouveau réunis à l'écran
Robert Ryan (dans le rôle de Ty Ty) et Aldo Ray (dans
celui de son gendre Will Thompson). Le duel fait place au
duo, tant la violence des rares conflits du Petit
Arpent du bon Dieu semble bien dérisoire
face au drame qui se nouait entre les deux hommes en Corée.
A la fois grave et drôlatique, l'adaptation par Mann
du best seller d'Erskine Caldwell laisse toute latitude
aux deux acteurs pour quelques numéros d'acteurs
bien sentis, bien que frôlant parfois le cabotinage
dans certaines scènes. Il faut voir Robert Ryan jouer
de ses orbites occulaires façon Jack Nicholson pour
le croire... même si, le tempo du film ralentissant,
Ryan s'offre deux ou trois scènes d'une rare émotion,
finissant par camper le personage le plus sympathique et
le plus touchant de cet étange long métrage.
Plus en retenue, malgré une scène de biture
mémorable, Ray se voit offrir un rôle à
la hauteur de son talent. Pas forcément évidente
sur le papier, l'énergie érotique de son personnage
emporte le morceau et tous les personnages féminins
du film avec... Formidable scène nocturne, de loin
la plus belle du film, où le torse nu, il frôle
le corps de son ancienne maitresse dans la moiteur du sud.
Deux êtres qui se frôlent à peine - au
point que même les plans ne se touchent plus, juste
unis l'un à l'autre par de gracieux fondus enchainés
- la sueur qui perle, les mots qui se chuchotent : il a
suffi à Mann, et à Ray qui confirme ici son
imense talent, quatre plans pour dire le désir et
la frustration. Suprême élégance de
deux artistes, pourtant embarqués sur une drôle
de galère...
Tourné juste après l'assouplissement des régles
de censure Hollywoodiennes, Le Petit Arpent du Bon
Dieu connaitra toutefois quelques mésaventures,
preuve que la toute nouvelle liberté artistique de
la Mecque du cinéma était encore ténue.
Amputé de pas moins de sept minutes, le film que
virent les spectateurs d'alors n'est pas le même que
celui que vous voyez aujourd'hui. Outre une fin alternative
sur laquelle nous reviendrons, manquent à l'appel
quelques plans d'une scène de baignoire dont l'audace
fait aujourd'hui sourire, mais aussi deux plans de décoletés
franchement plongeants : Tina Louise a une très belle
poitrine : les cinéphiles de 1958 ne le savaient
peut-être pas, mais vous ne pourrez pas le manquer
!
Car
Le Petit Aprent du Bon Dieu c'est bien
cela : un mélange hétéroclite et foutraque
de comédie érotique, de drame adultérin,
de tragédie sociale, de poésie lunaire et
de description sans concessions du fin fond du Texas. Adaptation
d'un best-seller (le roman de Caldwell est une institution
de l'enseignement américain au même titre qu'Huckblerry
Finn), Le Petit Arpent du Bon Dieu
sembe ne pas savoir sur quel pied danser. Tantôt plutôt
drôle (les personnages de Ty Ty ou du Sherif Pluto
Swint, campé par le truculent Buddy Hacket - future
star de la télévision) tantôt franchement
dramatique, le film d'Anthony Mann goûte à
tous les genres sans vraiment s'y installer, d'où
un étrange sentiment de détachement par rapport
au film. Si les personnages sont pour la plupart touchants
et leurs aventures agréables, le film ne décolle
jamais et se perd parfois dans ses propres méandres.
Au point que le scénario change du tout selon que
vous regardiez la version courte ou la version longue du
film (toutes deux offertes par Wild Side). La version longue
s'offrant le luxe d'un épilogue joyeux totalement
contraire à la vesrion courte, preuve s'il le fallait
des erements d'un scénario décidément
bien bancal. Même film mais fins différentes
: le sens en est chamboulé, sans que pour autant
l'on sache bien quelle fin aurait préféré
Mann, que l'on sent en fait bien plus concerné par
le soin apporté à la facture de son film qu'à
l'histoire qu'il est censé raconter.
Notre concentration s'évapore alors un peu, papillonant
tantôt du côté des acteurs ("Tiens,
mais cet albinos là, c'est Michael Landon, de Bonanza
!"), tantôt du côté des rares
audaces du film (outre les tentatives d'érotisme,
les quelques tentatives d'humour sur la religion à
travers la bigoterie factice de Ty Ty) ou encore sur la
très belle partition d'Elmer Bernstein. Pour finalement
se reconcentrer sur les quelques belles scènes du
film : la parenthèse nocturne et érotique
évoquée plus haut, Thompson rallumant l'usine,
ou encore la visite de Ty Ty à son fils indigne,
mélange enfin réussi de comédie (la
famille maladroite) et de drame (l'émotion de Ryan
en toute fin de scène, bouleversant). Toujours cet
étrange mélange, pas franchement réussi...
Reste alors Mann.
Le réalisateur aujourd'hui encensé des Affameurs,
dont toutes les oeuvres chroniquées à ce jour
par Dvdclassik ont subjugué et envouté nos
rédacteurs. Mann, qui un an plus tôt, et avec
la même équipe au figurant près (outre
Ray et Ryan : le génial Ernest Haler à la
lumière, Sydney Harmon à la production, Richard
Mayer au montage, Ben Maddow et Philip Yordan au scénario,
Bernstein à la baguette) livrait l'incroyable Men
in War... Alors ce Petit Arpent
: Mann ou pas Mann ? Hé bien... que l'on soit rassuré
: même aux commandes d'un OVNI cinématographique,
Mann reste Mann. Précision du cadre, amplitude et
superbe des mouvements de caméra, photograhie imparable,
appréhension sans équivalent du paysage -
tout ce qui fait le sel d'Anthony Mann n'a pas forcément
disparu corps et biens avec son adaptation hasardeuse de
Caldwell. Il suffit pour s'en convaincre d'admirer le plan
d'introduction du film, magnifique mouvement de grue sur
un décor apocalyptique - que seul le sens de l'espace
du créateur de T-Men
pouvait si bien rendre. Parsemé de trous, ce décor
incroyable permet à Mann de s'en donner à
coeur joie dans les contre-plongées, plongées
et autre contre-jours sur fond d'immense ciel texan - autant
de plans qui font office de piqûre de rappel : oui,
même dans ses petits films, Man peut être grand.
C'est pourquoi, même terne et bancal, Le Petit
Arpent du Bon Dieu est un film attachant. Loin
d'être inoubliable, l'adaptation de Caldwell reste
toutefois une belle occasion d'admirer la science du cadrage
et du montage de son créateur. Empetré dans
un film qui ne semble pas taillé pour lui ni faire
partie de son univers, Anthony Mann n'en oublie pas pour
autant les bons vieux principes élémentaires
de son art. Un homme creusant des dizaines de trous dans
son terrain, une croix errant au mileu de la rivière
la plus proche, un couple s'évadant la nuit sur une
barque, un homme et une femme labourant un champ et embrassés
par une caméra amoureuse : autant de scènes
dont la beauté n'a rien à envier aux plus
beaux moments de la carrière de Mann. Et qui nous
consolent du semi-ratage que constitue ce Petit
Arpent...
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Puisque c'est devenu une habitude chez les gars de Wild
Side, passons rapidement sur les beaux menus, sobres, animés
et sonorisés pour nous pencher sur l'image
de ce DVD. Grâce à un master correct, nous
voilà devant un noir et blanc aux contrastes acceptables
sans être éblouissants. Et si la compression
est soignée, la définition honnête,
regrettons tout de même que, comme pour le Z1, le
film ne soit pas formaté pour les téléviseurs
16/9 : malgré son format large (1.85:1), le zoom
sera obligatoire... Dommage.
Côté son, vous avez le choix entre une
VO mono tout à fait correcte, même si la musique
semble un peu trop laissée en arrière plan
et une VF qui nous fait passer Ty Ty pour une sorte de Capitaine
Hadock survitaminé et Pluto Swint pour un dégénéré
notoire. VO obligatoire donc... A noter des sous-titres
blancs discrets et agréables.
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Entretien avec Jean-Claude
Missiaen (5'58") : Même équipe
que pour les autres Mann Wild Side : Blumenfeld aux questions,
Missiaen à l'analyse. En 6 courtes minutes, le
réalisateur de La Baston évoque rapidement
son scepticisme face au Petit Arpent du Bon Dieu,
qu'il considère - résumons - comme un ratage
intéressant. S'ensuivent quelques considérations
sur Mann et la littérature, Mann et le sexe ou
encore Mann et le Père... Mêmes remarques
que pour les autres DVDs : instructif mais un peu court
!
Galerie photos : 57 photos de tournage
ou d'exploitation.
Deux Bande- annonces lambda faisant la part belle
au livre de Caldwell (qualifié dans la première
BA, tout comme dans le générique même
du film, de livre le plus vendu de l'Histoire !!!)
et rythmées par le beau morceau
chanté God's Little Acre.
Enfin, une affiche du film et deux liens
vers les sites de Wild Side et Bac Films.
Et bien sûr, le film offert en deux versions
: courte ou longue sur deux DVDs différents. Bonus
non négligeable, d'autant que les deux versions
différent sensiblement notamment dans leur tout
dernier plan. Bonne initiative donc !
Merci à Dvdtoile
pour les captures d'écran.
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