Les liens que l’on peut tisser
entre la conception de l’art et de la vie par Peter Watkins
et Edvard Munch sont innombrables. Les deux artistes sont des révoltés
et n’ont de cesse de combattre l’establishment et la société
bourgeoise, mais également une vision artistique modelée
et figée. Tous deux sont sans attache. Munch part vivre à
Berlin et Paris, Watkins tourne aux Etats-Unis, en Norvège
ou encore en France. Quand le cinéaste découvre l’œuvre
du peintre à la fin des années soixante, c’est
une véritable déflagration, une révélation,
et Watkins éprouve un besoin irrépressible de mettre
en image la vie du peintre et son mouvement créateur. Au bout
de quatre années de pourparlers avec la télévision
norvégienne, Watkins parvient à monter le projet. Le
film invoque toutes les recherches formelles et artistiques qu’il
a développées durant près de vingt ans, et c’est
également l’œuvre où il investit le plus
de lui-même et où perce le plus sa colère face
au monde. Sous le portrait du célèbre peintre, affleure
constamment l’autoportrait du cinéaste anglais.
Une voix off (en anglais) décrit la vie à
Kristiana (future Oslo) en cette fin du XIXème siècle.
Un univers puritain, religieux et bourgeois, dont la richesse s’appuie
sur le travail d’un tiers des enfants, travail dont la durée
maximum légale est fixée sur le même plafond que
celui des travaux forcés ! Dès l’ouverture, Watkins
nous plonge dans l’horreur d’une société
policée qui se veut éduquée et raffinée,
mais qui derrière la façade entretient un réseau
de prostituées (organisé par la police), déni
toute forme de culture (aucune salle d’opéra n’existe,
seuls les cabarets font florès), croît sur un ferment
qui est la pauvreté. Une société qui s’abrite
derrière la Bible pour asservir les femmes et étouffer
toute velléité de mettre à bas les masques. Watkins
explique très précisément ce contexte social
car il porte en germe sa propre négation qui est la Bohème,
groupement d’artistes anarchistes qui ruent dans les brancards
et veulent révolutionner l’art et la société.
C’est cette famille que se choisit tout d’abord Munch,
et le réalisateur décrit en profondeur la visée
politique de ces artistes car elle est l’une des composantes
essentielles de l’œuvre du peintre. Le film est l’expression
d’un engagement politique toujours plus fort, véritable
cri de révolte contre le pouvoir, la religion, la censure.
En ponctuant la biographie d’événements qui vont
marquer de manière irrémédiable le XXème
siècle (naissance d’Hitler, de Goëbbels…),
en décrivant minutieusement les composantes du pouvoir politique
et économique, Watkins fait sien Le Cri de Munch. Un cri d’angoisse
qui anticipe les horreurs à venir, le cri de l’homme
qui étouffe dans le carcan familial et social.
Edvard
Munch est conçu comme une poupée gigogne, tout
le processus créatif de Watkins consiste dans le fait que pour
appréhender Munch, il faut comprendre ses relations avec sa
famille, avec son entourage (la Bohème donc). Pour comprendre
cette Bohème il faut saisir ce qu’était Kristiania
à l’époque, au niveau culturel, artistique, politique
et religieux. Pour saisir Kristiania, il faut la replacer dans un
contexte mondial, montrer les grands bouleversements de la fin du
XIXème siècle. Watkins applique la même méthode
lorsqu’il évoque la peinture, il élargit au maximum
sa représentation des choses, montrant par là que tout
est inextricablement lié, que tout est enchaîné.
Le cinéaste nous offre une œuvre inédite à
la forme quasiment unique dans l’audiovisuelle, car filmée
contre : contre la monoforme, contre l’horloge universelle.
Sans lutter, sans cette volonté de plier le médium à
sa volonté et sa vision, et non que celle-ci soit formatée
par une forme unique de représentation, Watkins n’aurait
pu réaliser un film d’une telle densité, d’une
telle profondeur, d’une ampleur telle qu’elle parvient
à épouser les contours d’une vie. La vision politique
du réalisateur, sa révolte, influe sur son œuvre
artistique comme la société rigide de Kristiania modelait
en profondeur la peinture de Munch. Le peintre créait sans
s’appuyer sur des méthodes préconçues,
des techniques apprivoisées. C’était sa vie qu’il
mettait dans sa toile, son sang qui en imprégnait la texture.
Cette sauvagerie inouïe ne pouvait que rencontrer l’hostilité
des critiques et des historiens de l’art. En cette fin du XXème
siècle, la donne est la même, et Watkins, autre artiste
insoumis, indompté, a rencontré durant toute sa carrière
le rejet, la censure couverte, s’est heurté à
la norme imposée. Media Crisis (1), paru en France en 2003,
est un ouvrage essentiel pour qui veut comprendre la politique artistique
de Watkins, et surtout un incroyable voyage dans l’univers des
mass media. Watkins s’y interroge sur les raisons de la standardisation
du médium audiovisuel (que ce soit le cinéma ou les
journaux télévisés), qui épousent tous
la même forme, la même durée, le même rythme,
les mêmes règles narratives. Alors que ce médium
offre des capacités infinies de représentation, les
mass media l’enferme dans un moule unique à des fins
évidemment économiques mais également, et c’est
plus pernicieux, politiques. Nous n’irons pas plus loin dans
ce discours passionnant, nous avons un film dont il faut parler et
nous sommes aussi soumis à la monoforme et à l’horloge
universelle, mais la lecture de ce livre admirable est absolument
essentielle et salvatrice.
Dans
la forme Peter Watkins poursuit une méthode amorcée
avec Culloden (1964), faux documentaire se passant
au XVIIIème siècle, filmé dans la plus pure tradition
de la BBC, enchaînant interviews et prises de vue réelles
comme si une caméra avait pu filmer les événements
au moment de leurs déroulements. Une voix off purement britannique
apporte une dernière touche de crédibilité au
projet (2). Le réalisateur franchit un pas supplémentaire
dans son travail sur la forme narrative avec Edvard Munch, en mariant
la structure de Culloden aux expérimentations de La
Bombe (1965) où il mêle les différents
niveaux de narration (3). Dans Munch il explore un
nouveau territoire en jouant sur les strates de temps et la répétition.
Car s’il filmait dans Culloden une célèbre
bataille, ses enjeux et ses drames, ici il filme un homme. Watkins,
au-delà de la simple biographie de l’artiste, veut capter
l’essence même de la vie d’un homme, en saisir toutes
les composantes dans un incroyable kaléidoscope. Pour expliquer
les actes de Munch, qu’ils soient créateurs ou amoureux,
le réalisateur se réfère à son passé,
fait resurgir des souvenirs, exprimant par là les angoisses,
les peurs, les traumatismes qui habitent l’artiste. Produits
du passé, ces actes sont également liés au présent,
aux relations de Munch avec ses pairs, sa famille, la société.
Watkins tisse ainsi un réseau enivrant de causes et d’effets.
Lorsque Munch embrasse Mme Heiberg, les visions de la mort de sa sœur
s’impriment à l’écran, la mort et la vie
étant inextricablement liées pour lui. Quand Munch peint
une toile, les discussions enfiévrées de la Bohème
se superposent à l’acte créateur, car peindre
est pour lui acte de révolte. Plus il avance dans sa toile,
plus le montage s’emballe, plus les plans se succèdent,
plus les sons se brouillent, effervescence d’un artiste qui
met sa vie dans son œuvre. Quand Munch embrasse une jeune fille,
l’image de Mme Heiberg surgit à l’écran,
car il sera marqué à vie par cette rencontre. Si Watkins
suit de manière linéaire la vie de Munch, il ne cesse
de contaminer ce fil par des images ou des sons du passé qui
explicitent, mettent en résonance chaque acte de l’homme.
Les quintes de toux reviennent tel un leitmotiv, marquant l’omniprésence
de la maladie et de la mort dans la vie du peintre. La bande-son,
aussi travaillée que le montage image, participe à la
structure même du récit avec ses désynchronismes,
ses chevauchements, ses amplifications (la sensualité d’une
caresse, le
crissement
d’une lame grattant la toile) et ses répétitions.
Watkins en véritable génie, semble avoir trouvé
par cette forme inédite la manière la plus pure de s’approcher
au plus près de la pensée humaine. On plonge dans une
vie, une société que l’on n’a pas vécu,
mais que l’on est à même de comprendre. Car Watkins
ne se contente pas bien sûr de dresser un puzzle mental, il
ne désire aucunement brouiller les pistes narratives à
des fins artistiques. Tout ce qui lui importe, c’est que l’on
sache qui était Munch, ou du moins son Munch. Il orchestre
les différents niveaux de narration (interviews, commentaires
journalistique, reconstitutions, « real TV », mais également
des moments purement cinématographiques, la lecture du journal
intime de Munch…) et de temps de telle manière que le
film demeure limpide et surtout que l’importance de chaque élément
constitutif de Munch soit savamment pesé et mis en relation
avec les autres. Tout n’est pas posé sur le même
plan et Watkins nous offre un vrai regard sur la vie de son sujet,
en mettant certains faits en avant à certains moments de la
vie de l’artiste, puis en leur en substituant d’autres,
en jouant sur la répétition d’images obsédantes,
en travaillant sur le rythme et la longueur des segments. On saisit
Munch à plusieurs moments de sa vie. Un homme de vingt ans
n’est pas le même individu qu’à trente, et
c’est l’une des forces de Watkins de nous faire appréhender
cela. La peinture de Munch ne cesse d’évoluer et pour
Watkins comprendre cette évolution ne peut que se faire qu’en
comprenant celle de l’artiste. Le réalisateur donne à
son film une forme en pleine osmose avec son sujet. Par là,
il épouse également la construction du journal intime
du peintre « au style extrêmement complexe et fragmenté.
Il passait, dans la même phrase, du passé au présent,
et de l’usage de la première personne à celui
du nom qu’il se donnait (Karlemann) »(4). L’œuvre
filmique fait corps avec son sujet.
A un moment de sa carrière, Munch se rend
compte que la disposition de ses toiles dans une exposition crée
des rapports inédits. Il décide alors de réaliser
une « frise de la vie », de lier toutes ses toiles pour
percer le mystère de l’existence. Watkins poursuit pleinement
cette voie, et utilise toutes les possibilités de l’outil
le plus spécifique du cinéma, le montage, dont Munch
avait en quelque sorte pressenti le pouvoir en jouant sur l’emplacement
de ses toiles en exposition comme autant de plans d’un film.
De la même manière, alors que le peintre utilise tous
les outils et méthodes à sa disposition (crayons, pastels,
huiles, fusains, le tout simultanément, xylographie, lithographie,
gravure…) Watkins procède de la même manière
en juxtaposant des formes audiovisuelles diverses.
Le
réalisateur nous plonge également dans la fièvre
créatrice et aucun film ne nous fait saisir avec autant de
précision et de vérité l’acte de créer.
La main ne semble être qu’un instrument pour coucher sur
la toile les tourments intérieurs, le maelström des souvenirs,
le flux et reflux de la mémoire. En la filmant, Watkins donne
à la toile une profondeur tactile incroyable. Le crissement
des crayons, la texture, le grain de la toile envahissent l’écran,
nous happent. On saisit chaque coup de pinceau ou de couteau, on entre
dans le mouvement créateur de Munch. Premier expressionniste
à peindre l’émotion, on ressent tous les sentiments
qui jaillissent devant la toile et dont la matière même
porte les marques : reliefs torturés, cicatrices, détails
précis noyés sous d’épaisses couches de
peinture. Tout d’abord ses peintures sont l’expression
de la tension qui monte entre lui et sa famille. Puis elles portent
la marque de ses angoisses, deviennent le réceptacle de son
anxiété face à une mort prochaine (enfant, il
manque de mourir de tuberculose). Quand il peint un ciel, il peint
le ciel qu’il ressent, sanglant, et non celui qu’il voit.
Quand il peint une femme au moment de l’extase amoureuse, elle
a un sourire de cadavre, celui du moment de la conception : «
lorsque la mort sert la main de la vie ». Quand Munch pense
peindre une jeune fille embrassant la nuque de son amant, sa toile
devient contre toute attente Le Vampire. Pour Munch, l’existence
n’est qu’une parade amoureuse entre ces deux amants. Le
film est constamment marqué par les images de sa sœur
mourante, alitée et crachant son sang, par le visage de Munch
enfant tétanisé par la peur, et par la scène
de sa « mort » où il prend la place de sa sœur
dans le lit. Sous son pinceau, ces expériences fondatrices
deviennent L’enfant malade, toile constamment retravaillée
et creusée, dont il reprend le motif avec obsession dans d’autres
œuvres postérieures.
La complexité de l’œuvre de Watkins
(du moins apparente) n’empêche à aucun moment de
nous faire ressentir profondément les sentiments des personnages.
Nous sommes très proches d’eux, de leurs contradictions,
de leur tristesse. En quelques plans de visage, le cinéaste
nous fait comprendre la jalousie qui règne et ronge les membres
du groupe d’artistes de Berlin qui accueille Munch, alors qu’ils
prônent la sexualité libre et l’amour sans entrave.
Jalousie qui anime également Munch tout au long de sa vie,
sentiment que Watkins parvient à saisir avec une vérité
et une crudité unique.
Munch
épie Mme Heiberg, l’attend inlassablement, et cette aspiration
névrotique qui culmine avec sa toile La Jalousie. Watkins nous
fait ressentir le désarroi du père de Munch qui l’aime
profondément, malgré le rejet de son fils pour tout
ce qu’il représente. En une petite phrase glissée
par la sœur d’Edvard où elle décrit la fierté
du père lorsqu’elle lui dit qu’il ressemble de
plus en plus physiquement à son fils, toute la fierté
et l’amour contenus nous sautent aux yeux. De même, les
regards fuyants de Munch à la tablée familiale où
il s’oppose à l’autorité paternelle, expriment
merveilleusement que cet amour a quelque chose de réciproque.
Edvard Munch est un film d’une sensualité à fleur
de peau, où le désir, l’amour, la tendresse, la
peur, l’angoisse, sont ressenties par le spectateur avec une
force qui n’a que peu d’équivalents dans le cinéma
contemporain.
Si Watkins crée son œuvre essentiellement
par le montage et le mixage, il ne délaisse aucunement le moment
du tournage, que ce soit au niveau d’une image constamment réfléchie
ou au jeu des comédiens qui est une composante essentielle
de l’œuvre à venir. Ainsi il privilégie constamment
les gros plans de visages, n’offrant que peu d’ouverture
sur le monde extérieur, résonance de l’agoraphobie
qui tiraille Munch. Seule la rue Karl Johan revient de manière
répétitive, lieu de promenade des bourgeois qui s’affichent
au bras de leurs épouses, épouses qu’une fois
au foyer ils enferment pour aller retrouver leurs maîtresses
d’un soir dans les maisons closes de la ville. Lieu symbolique
que Watkins dépeint avec ironie par l’usage d’une
voix off prenant le contre-pied de cette mascarade, mais lieu également
où se cristallise la jalousie maladive de Munch qui épie
les femmes de sa vie aux bras d’autres hommes. La rue Karl Johan
le soir reprendra en peinture la névrose obsessionnelle de
Munch. Par l’usage de la caméra à l’épaule
et du zoom, le chef opérateur Odd-Geir Sæther (La
Commune) capte les visages des acteurs, lourds de secrets
et de confidences et jamais on n’avait vu des regards caméra
d’une telle intensité, d’une telle vérité.
Il révèlent l’intériorité même
des protagonistes, livrent leurs émois profonds avec une économie
de moyen déconcertante. Ces regards tournés vers le
spectateur sont également une véritable revendication
du cinéaste, une distanciation critique par rapport à
son média, une manière « de faire tomber le prétendu
quatrième mur, cette ligne de démarcation élitiste
entre acteur et spectateur, réalisateur et spectateur »
(5). Watkins a toujours voulu impliquer le spectateur dans son œuvre
filmique et s’est toujours refusé à utiliser les
masques de la fiction pour rendre ses films « acceptables ».
Watkins
travaille énormément la couleur, nimbant son film d’un
bleu qui pour Munch représentait la mort. Le peintre était
obsédé par l’usage de la couleur, jusqu’à
une période artistique plongée dans ce bleu vorace.
Watkins se fait l’écho de cette préoccupation
artistique, il bannit le rouge, use de filtres bleus. La pellicule,
comme la toile du peintre, se plie à la vision esthétique
de Watkins. Il n’éclaire jamais frontalement les sujets,
fait disparaître leurs contours dans l’image à
la manière d’un à-plat. Le film se fait peinture.
Les interprètes, tous des non professionnels, sont d’une
vérité criante. Watkins a d’abord choisi ses acteurs
en fonction de leur ressemblance physique avec les protagonistes de
l’histoire. C’est ensuite collectivement, par leurs échanges
et leurs relations, qu’ils se sont imprégnés de
leurs personnage, de l’histoire et de l’époque.
« Je peindrais des personnes vivantes, qui respirent, qui éprouvent,
qui souffrent, qui aiment » déclare Munch, et une fois
encore Watkins épouse la vision du peintre en appliquant à
sa propre création les visées artistiques de son modèle.
Pour donner vie aux personnages, Watkins pousse ses acteurs à
se les approprier, à les nourrir de leur propre expérience,
de leur propre sentiments. Le résultat est fascinant. Charnel
et tactile, il respire à chaque seconde la vie et les émotions
ne semblent plus jouées ou factices mais vécues en profondeur
par les acteurs. Malgré tous les artifices de la représentation
déroulés sous nos yeux par Watkins, il se produit ce
miracle : on est au XIXème siècle, on voit les événements
tels qu’ils se sont déroulés, on sait que tout
est factice mais on sait également que nous sommes face à
la réalité. Une réalité complètement
subjective que nous acceptons car le film parvient à saisir
ce qui pour tout un chacun est le ferment même de la vie. Edvard
Munch porte bien son sous-titre, La Danse de la vie
(du nom d’un tableau de l’artiste), et cette œuvre
unique, que Bergman salue comme « un travail de génie,
» est le résultat d’une exigence de chaque
instant, d’une vision artistique et politique inextricablement
liées, ou plus simplement le chef-d’œuvre d’un
des cinéastes les plus visionnaires du XXème siècle.
(1) Media Crisis de Peter Watkins, homnisphères (informations
sur honisphères.com)
(2) « J’ai adopté le style des actualités
télévisées diffusées pendant la guerre
du Vietnam pour donner un caractère familier à des scènes
évoquant une bataille du XVIIIème siècle, dans
l’espoir que cet anachronisme contribuerait à saper les
fondements même du genre utilisé » (Media
Crisis)
(3) « Mon deuxième film a été la première
de mes œuvres à mélanger volontairement des formes
filmiques antagoniques (une série d’interviews statiques
avec des personnalités de l’establishment, éclairées
en lumière artificielle, contrastant violemment avec des séquences
saccadées simulant une attaque nucléaire. Pour autant
que cela puisse s’appliquer à l’une ou l’autre
forme, laquelle représentait la réalité ? Les
fausses interviews dans lesquelles des personnes citaient de véritables
déclarations de personnalités publiques, ou les scènes
tournées comme des séquences d’actualités
d’une guerre qui n’avait jamais eu lieu ? »
(Media Crisis)
(4) Cité par Peter Watkins dans le livret du DVD.
(5) Citation tirée du livret du DVD.