La série "Alien" (1979-1997)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Martin Brody
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Re: La série "Alien" (1979-1997)

Post by Martin Brody »

Ender wrote: Bien sûr, the show must go on, c'est sûrement ce qui principalement a motivé cette curieuse péripétie dans le scénario. Je me demande quand même si quelqu'un a un avis là-dessus, des pistes de réflexion, des remarques ?
Juste une remarque: le geste de Ripley ne me paraît pas si gratuit que ça. On a l'impression dans un premier temps qu'elle et la reine s'évaluent, puis décident de s'épargner. C'est ensuite qu'un oeuf s'ouvre, clairement un geste d'attaque de la reine. J'aime d'ailleurs beaucoup le regard que lui jette Ripley à ce moment-là, en inclinant légèrement la tête avant d'"ouvrir le feu. Après, c'est clairement ses nerfs qui reprennent le dessus lorsqu'elle se lance dans la destruction pure et simple de l'antre de la reine. Je ne pense pas qu'elle réfléchisse aux conséquences, d'autant plus qu'on se dit (comme elle) que la reine en tant que pondeuse ne pourra pas bouger.
Ender wrote:Par ailleurs, j'ai toujours autant adoré ce film, absolument formidable !
Mouais. Aliens pour moi est clairement un produit de son époque, et même si j'admire le savoir-faire de Cameron, je trouve qu'on est bien loin de la perfection esthétique et dramatique du premier film.
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Demi-Lune
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Re: Notez les films naphtas - Octobre 2009

Post by Demi-Lune »

Colqhoun wrote:Je découvre ce message et j'y ai décelé une petite erreur.
Demi-Lune wrote:Il en va de même avec Alien 3 de David Fincher : j'ai voulu le découvrir dans sa version allongée, plus proche des volontés du réalisateur, et j'ai été très déçu du résultat. Je n'ai pas aimé. Je lui ai alors redonné sa chance dans sa version cinéma de 1992 et le film a nettement mieux fonctionné, à tel point que je le considère comme un des tous meilleurs Fincher, quoique ce dernier puisse en dire.
La version alternative de Alien 3 n'est en rien un montage approuvé par le réalisateur. Bien au contraire. Fincher s'était barré avant la fin de la production du film, dégoûté d'avoir été utilisé comme un yes-man. Il a rapidement désavoué le film, ne voulant plus être crédité comme réalisateur. Après coup, la production a proposé un 2ème montage, un peu plus long, proposant un début alternatif et quelques séquences supplémentaires, que l'on retrouve donc dans le coffret de l'intégrale Alien. Mais Fincher, s'il a bel et bien tourné ces images, ne s'est pas occupé du montage de cette 2ème version.
D'ailleurs, on pourra constater dans le coffret, qu'à aucun moment Fincher n'apparaît pour commenter son film.
Merci de cet éclaircissement.
Je croyais effectivement que Fincher avait supervisé cette version longue ne serait-ce que de loin. Apparemment, pas du tout donc.
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Re: La série "Alien" (1979-1997)

Post by Ender »

Martin Brody wrote:
Ender wrote: Bien sûr, the show must go on, c'est sûrement ce qui principalement a motivé cette curieuse péripétie dans le scénario. Je me demande quand même si quelqu'un a un avis là-dessus, des pistes de réflexion, des remarques ?
Juste une remarque: le geste de Ripley ne me paraît pas si gratuit que ça. On a l'impression dans un premier temps qu'elle et la reine s'évaluent, puis décident de s'épargner. C'est ensuite qu'un oeuf s'ouvre, clairement un geste d'attaque de la reine. J'aime d'ailleurs beaucoup le regard que lui jette Ripley à ce moment-là, en inclinant légèrement la tête avant d'"ouvrir le feu. Après, c'est clairement ses nerfs qui reprennent le dessus lorsqu'elle se lance dans la destruction pure et simple de l'antre de la reine. Je ne pense pas qu'elle réfléchisse aux conséquences, d'autant plus qu'on se dit (comme elle) que la reine en tant que pondeuse ne pourra pas bouger.
Tu as sans doute raison oui ! Sur le moment je n'avais pas compris l'ouverture de l'oeuf dans le sens d'un mouvement d'échecs de la Reine, plutôt comme un "accident" qui déterminait Ripley.
Martin Brody wrote:
Ender wrote:Par ailleurs, j'ai toujours autant adoré ce film, absolument formidable !
Mouais. Aliens pour moi est clairement un produit de son époque, et même si j'admire le savoir-faire de Cameron, je trouve qu'on est bien loin de la perfection esthétique et dramatique du premier film.
Il y a déjà plusieurs pages d'opinions contradictoires à ce propos parmi les anciens messages du topic... J'ai aussi revu le film de Scott il y a deux jours, je l'ai également beaucoup aimé, je le retiens comme un beau drame horrifique du viol et de la maternité, un vrai film séminal, habité par la très belle musique de Goldsmith. Aliens, si effectivement il est "bien loin" du premier pour moi, ce n'est pas qualitativement, mais dans le sens où il prend soin de s'en démarquer, d'inverser même ses données, tout en continuant ses thématiques (par exemple, à l'intensité organique du premier se substituent tous ces phallus de métal des marines !, rendus d'ailleurs souvent impuissants : la séquence de boucherie où ils ont interdiction de tirer à cause de la proximité de je-ne-sais-déjà-plus quelle installation vitale pour la base ; par ailleurs l'esprit de la "Mother" du Nostromo souffle fort sur ce film !) et surtout, ce film fait de Ripley un personnage magnifique.
A moitié d'accord pour dire que le film est un produit de son époque : après tout, en 2009 Avatar reprend la moitié de ses ingrédients, en fort moins bien (ça serait presque une provocation sachant le nombre d'amateurs par ici !). Mais enfin oui c'était la période des gros films à flingues. Et pour moi ce film en est la plus parfaite réussite, qui fond à merveille le genre dans l'univers d'Alien (j'ai lu ça et là que dans ce film les Aliens sont des créatures interchangeables avec d'autres... je trouve ça archi-faux, étant donné que leur beauté plastique structure l'esthétique du film et que le caractère éminément sexuel de ces bêtes-là est encore au coeur des enjeux), qui contrairement à sa réputation a souvent l'intelligence du hors champ (la séquence où les chargeurs des mitrailleuses automatiques se vident) et est animé de quelques grandes idées de mises en scène, comme le très beau jeu sur les caméras embarquées des marines.
D'un bout à l'autre du film le plaisir est total pour moi, c'est du cinéma d'action au plus haut de ses capacités.
La noirceur ciselée du premier volet est laissée loin, certes, mais tant mieux : le film de Scott se suffisait à lui-même et n'avait nul besoin d'être re-produit.

Les discussions dans ce topic sur le film de Fincher me donnent très envie de le revoir. Mes souvenirs en sont très très maigres. J'ai toujours considéré les deux premiers comme les meilleurs, mais il me semble que j'aimais bien ce troisième volet quand même. A revoir donc.
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Re: La série "Alien" (1979-1997)

Post by Demi-Lune »

Alien, la résurrection (Jean-Pierre Jeunet, 1997)
Je n'avais encore jamais vu ce quatrième épisode, peu aguiché par la réputation qu'il se traîne, et peu tenté de subir une pantalonnade dans une saga que je vénère. La curiosité a quand même été trop forte à l'occasion de ce cycle Alien que je m'improvise, et ça n'a pas manqué, je n'ai pas du tout aimé l'opus de Jeunet (que j'ai voulu regarder en version longue). Dès l'ouverture, avec son insecte numérique hideux et l'incongruité désolante de cette introduction qui voit un type écraser une petite bestiole et s'amuser à la projeter contre la vitre de sa navette, on se dit qu'on est embarqué dans un long et douloureux voyage. Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'ingéniosité du credo artistique qui régit cette saga - un cinéaste et un univers personnel différent à chaque épisode - trouve ici franchement ses limites du fait que le style de Jeunet est, à mon avis, totalement inadapté à l'esprit général de l'univers Alien tel qu'il a été façonné sur trois épisodes. Un univers premier degré, horrible, glaçant, organique, sans échappatoire, visionnaire, poisseux, sexué, monstrueux. Alien la résurrection ne donne absolument pas l'impression d'être sérieux, c'est une comédie noire pas loin d'une BD, et une mauvaise en plus. Cameron et Fincher avaient fait des trahisons respectueuses en ce sens qu'elles approfondissaient, avec leur style propre, un univers futuriste et des idées contenues dans le film de Scott. Avec Jeunet, nous ne sommes plus dans la construction d'un édifice quadripartite global et cohérent, mais dans un opus qui se démarque totalement de l'homogénéité acquise successivement avec les legs de Scott, Cameron et Fincher. Avec son humour consternant et à côté de la plaque, ses cadrages à la Jean-Marie Poiré, sa direction artistique sans aucune imagination, ses "personnages" (peut-on encore employer ce terme ?), son scénario anémique, tout concourt à faire pour moi d'Alien la résurrection un opus indigne. La seule scène éventuellement digne d'intérêt, c'est celle qui est immergée, mais surtout celle qui voit Ripley face à ses clones. Darius Khondji essaie tant bien que mal de s'approcher de l'atmosphère du Fincher, mais c'est peine perdue. Il n'y a aucune oppression, aucune trouille, aucun suspense. Pire encore, le film abolit la suggestion : la créature mythique est maintenant filmée sous toutes les coutures, on est pas loin du photomaton. Même l'incroyable Reine n'y coupe pas. La magnificence macabre de l'alien et de son organisation organique ne semblent pas être comprises par Jeunet, car à chaque fois qu'il s'y confronte, il annihile totalement l'aura patiemment bâtie par ses trois prédécesseurs. Au lieu d'un film d'horreur futuriste, il nous livre un film carnavalesque et hystérique, dont la générosité en gore ne masque en rien la profonde vacuité. Le plus triste, c'est que le film ne manque pas d'idées originales : le clonage de Ripley, son hybridité qui induit celle de sa monstrueuse procréation, les expériences scientifiques, l'intelligence alien. Mais traduites à l'écran, ces idées ne fonctionnent pas. Jeunet tombe même dans le ridicule à pieds joints, avec son pitoyable alien hybride au nez pointu et yeux de cocker qui ne ressemble à rien. Grotesque. On dirait Donald Duck qui aurait baisé l'extraterrestre de Bad Taste. Même Sigourney Weaver semble être en pilotage automatique. Au final, on est plus proche de la SF crétine à la Cinquième Élément que celle initiée en 1979 par Ridley Scott. Pas loin du nanar en ce qui me concerne.
Last edited by Demi-Lune on 5 May 11, 12:52, edited 1 time in total.
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Re: La série "Alien" (1979-1997)

Post by jacques 2 »

Ta réaction peut se comprendre (en plus, la version "longue" n'arrange rien bien au contraire)

Ceci dit, Jeunet reste fidèle à son style : il a voulu faire une comédie noire ...
Etait ce un choix approprié pour l'univers d'Alien : cela se discute mais, en ce qui me concerne, la réponse est clairement "non".

Mais la dégénérescence et l'appauvrissement des mythes cinématographiques au fur et à mesure des nombreuses suites et resucées, ce n'est pas nouveau (voir ce qu'est devenu par exemple le "Dracula" de Fisher lorsqu'il s'est trouvé en fin de parcours à la Hammer : entre "horror of Dracula" et "the satanic rites of Dracula", il y a un monde ... :(
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Re: La série "Alien" (1979-1997)

Post by Nestor Almendros »

ALIEN - version cinéma

J’ai revu pour la énième fois le premier ALIEN début avril. Bien que le connaissant presque par cœur, le film est si réussi qu’il permet encore des surprises, m’amène encore au-delà des attentes par une trame implacable presque réduite à l’épure et une mise en scène hypnotisante.

Une chose qui m’a sauté aux yeux cette fois-ci (je l’avais peut-être oublié avec le temps), c’est la qualité de la photographie. Parfait appui de l’ambiance de peur et de claustrophobie, l’éclairage est soigné, bien intégré au décor, stylisé au point de se permettre des jeux de lumière aussi graphiques que suggestifs (dont certains seront repris dans la suite). Le décor aide beaucoup, entre un réalisme presque quotidien surprenant dans la démarche mais très moderne dans l’audace, offrant ainsi dans sa partie « claire » (blanche) un angle légèrement différent mais tout aussi pertinent que le 2001 de Kubrick. Pour la partie « sombre », on appréciera le jeu des contrepoints lumineux ou des brillances (effet accentué par les décors organiques du vaisseau Alien).
Le talent stylistique de Ridley Scott est tout aussi à l’aise dans l’évocation des guerres du 19e siècle que dans la science-fiction. Son parcours semble alors suivre celui de Kubrick (DUELLISTES rappelle BARRY LYNDON) mais son approche est plus empathique, plus ancrée dans le film de genre et le spectacle. Cette approche crédible qui laisse en même temps la place à l’imagination est un élément qui empêche le film de vieillir. Ne s’abandonnant jamais à quelque mode du moment, ALIEN garde une facture intemporelle qui fait toute sa force, encore aujourd’hui. J’admire énormément ces choix qui montrent clairement une vision (dans un genre où il est très facile de passer de mode, notamment à cause des progrès techniques) et qui rendent l’action encore plus intense.

Car si l’on regarde bien, on peut parfois constater qu’il ne se passe pas forcément grand-chose, que certaines scènes avancent un peu trop facilement, qu’elles se concluent bien vite sur le papier. Pourtant le talent du réalisateur à captiver l’œil et le cerveau sur l’instant ne permettent pas au spectateur de déceler facilités ou faiblesses. La dernière séquence dans la navette ne m’avait jamais parue aussi succinte sur le papier : Ripley s’y enferme, décolle, décompresse, aperçoit la Bête, enfile sa combinaison spatiale, ouvre le sas, éjecte l’Alien. Quand on y pense, même si c’est bien trouvé, si le résultat impressionne, cela se résout aussi très vite, trop facilement peut-être. Un chipotage sur le papier qui est aisément évacué par une ambiance immersive et tendue.

Un petit mot sur la scène qui m'a le plus impressionné cette fois-ci: la mort de Harry Dean Stanton. C'est un pur moment de cinéma avec peut de dialogues, un décor intriguant (les chaînes suspendues, les gouttes d'eau qui tombent), une ambiance étrange (lorsqu'il prend le temps de se rafraîchir sous l'eau, le cliquetis des chaînes), un peur sous-jacente très efficace. Un vrai beau moment.

Une passionnante confirmation. Durablement dans mon TOP 10.


ALIENS, LE RETOUR - édition spéciale

Pas grand-chose à dire sur ce deuxième opus, sinon que James Cameron réussit à prolonger le plaisir du spectateur après un premier épisode parfait. LA bonne idée du projet est de ne pas avoir cherché à suivre les mêmes traces que le film de Ridley Scott : si ALIEN était de la science-fiction en huis clos étouffant, ALIENS est d’abord un film de guerre intégrée à la science-fiction, qui en prend presque la voie opposée. L’approche est différente (il n’y a plus un seul Alien mais tout une portée), plus brute (davantage dans l’action que dans la suggestion), cohérente avec ce que le premier scénario avait établi et cohérente avec le parcours du réalisateur (de TERMINATOR à AVATAR il nous a habitués à l’imagerie militaire et « sévèrement burnée »). ALIENS utilise ainsi au mieux les caractéristiques de la Bête en donnant un aspect de combat dans une jungle à ce huis clos à plus grande échelle. On ajoute aussi une intéressante dimension de malaise avec cette Humanité (personnifiée par cette grande compagnie, déjà pointée du doigt dans le premier film) qui recherche le profit à tout prix sans se soucier des risques pour les autres.
On note que James Cameron est aussi à l’aise dans les scènes de combat que dans les tourments psychologiques de son héroïne ou les nombreux moments de tension, quand le danger est encore invisible. Le personnage de Ripley est encore une fois bien exploité, en continuité par rapport au premier film mais avec l’ajout d’un caractère physique encore plus démonstratif.
L’utilisation du détecteur de mouvement, déjà présent dans ALIEN et certainement surpassé ici, montre de nouveau que chaque détail de l’histoire a été repris puis amélioré. Surtout le scénario est rempli à ras bord de scènes spectaculaires, de suspense : quand on pense avoir du répit ou être arrivé au bout, il y en a encore. C’est pour une fois, malgré quelques incohérences ou facilités bien excusées, un bon exemple de scénario de genre parfaitement construit et exploité. On en a pour notre argent et Cameron ne lâche plus le spectateur pendant plus de 2h30.

Seul bémol de cette Edition Spéciale : Cameron veut trop en montrer et cela nuit parfois à l’imaginaire. Si les scènes ajoutée des sentinelles automatiques sont plutôt bonnes, je préfère certainement la première qui joue beaucoup plus sur la suggestion que la seconde où apparaissent des écrans de contrôle mais dont on ne voit pas grand-chose, par manque de moyens. Plus discutable encore est la courte partie dans la colonie habitée, où l’on voit Newt et ses parents en train de découvrir le vaisseau Alien : c’est un passage obsolète à l’intérêt limité et qui a surtout le désavantage de ne plus appeler l’imaginaire du spectateur, lequel s’imagine très bien tout seul l’horreur que Cameron essaye de suggérer malgré, là aussi, des limites techniques. On retrouve d’ailleurs beaucoup de techniques utilisées par le réalisateur dans ses films, comme les transparences (très bien utilisées) dont certains plans rappellent TERMINATOR (le début, apocalyptique, ressemble un peu aux alentours de la colonie.

Rien à dire sur ces deux masters en blu-ray: beau travail sur le deuxième épisode qui n'avait pas été très restauré jusque-là...
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Re: La série "Alien" (1979-1997)

Post by Jericho »

Comme pour Alien/Blade Runner, pour son dernier film en date Ridley Scott fera un clin d'oeil, via les écrans des vaisseaux:

Prometheus

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Alien

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julien
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Re: La série "Alien" (1979-1997)

Post by julien »

Nestor Almendros wrote:Seul bémol de cette Edition Spéciale : Cameron veut trop en montrer et cela nuit parfois à l’imaginaire. Si les scènes ajoutée des sentinelles automatiques sont plutôt bonnes, je préfère certainement la première qui joue beaucoup plus sur la suggestion que la seconde où apparaissent des écrans de contrôle mais dont on ne voit pas grand-chose, par manque de moyens. Plus discutable encore est la courte partie dans la colonie habitée, où l’on voit Newt et ses parents en train de découvrir le vaisseau Alien : c’est un passage obsolète à l’intérêt limité et qui a surtout le désavantage de ne plus appeler l’imaginaire du spectateur, lequel s’imagine très bien tout seul l’horreur que Cameron essaye de suggérer malgré, là aussi, des limites techniques.
Oui pareil. je trouve la version courte plus satisfaisante. L'ajout de ces scènes cassent un peu le mystère du film. Par contre il y a une scène que j'aurais bien vu en bonus, c'est vers la fin du film, lorsque l'Alien, à la poursuite de Ripley prend l'ascenseur et monte jusqu'à la plateforme où se trouve la navette. J'aurais bien voulu avoir un plan de coupe où on le voit appuyer sur le bouton pour qu'on comprenne comment il a fait pour arriver là haut.
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Re: La série "Alien" (1979-1997)

Post by Wagner »

jacques 2 wrote:Ta réaction peut se comprendre (en plus, la version "longue" n'arrange rien bien au contraire)

Ceci dit, Jeunet reste fidèle à son style : il a voulu faire une comédie noire ...
Etait ce un choix approprié pour l'univers d'Alien : cela se discute mais, en ce qui me concerne, la réponse est clairement "non".

Mais la dégénérescence et l'appauvrissement des mythes cinématographiques au fur et à mesure des nombreuses suites et resucées, ce n'est pas nouveau (voir ce qu'est devenu par exemple le "Dracula" de Fisher lorsqu'il s'est trouvé en fin de parcours à la Hammer : entre "horror of Dracula" et "the satanic rites of Dracula", il y a un monde ... :(
Autant j'aime tous les films de la saga, autant je trouve que le film de jeunet est le seul qui "réfléchit" à ce qu'il montre. Le film n'est pas loin d'être aussi fort que la Mouche. Bref, total désaccord avec les critiques sur ce film.
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Demi-Lune
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Re: La série "Alien" (1979-1997)

Post by Demi-Lune »

julien wrote:je trouve la version courte plus satisfaisante. L'ajout de ces scènes cassent un peu le mystère du film.
Il me semble que le débat avait déjà eu lieu (avec Ender je crois), mais pour moi la version longue est capitale dans ce qu'elle permet de comprendre la dimension maternelle de Ripley (maternité que Fincher creusera encore plus dans l'opus suivant puisqu'elle porte le monstre dans son ventre). Avec la scène supplémentaire sur la station Gateway, on apprend que son hibernation lui a volé sa fille qu'elle n'a pas vu grandir. Ainsi, son report affectif sur Newt, et son combat matriarcal contre sa "rivale" la Reine Alien, sont par conséquent investis d'une plus grande puissance allégorique. Toutes deux se battent pour leur progéniture. C'est quelque chose qu'on devine dans la version cinéma, là où dans la version longue, grâce à une simple petite scène en plus, ça devient pratiquement un axe structurant. En tout cas je trouve la symbolique vraiment passionnante et habile.
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Re: La série "Alien" (1979-1997)

Post by julien »

Demi-Lune wrote:Il me semble que le débat avait déjà eu lieu (avec Ender je crois), mais pour moi la version longue est capitale dans ce qu'elle permet de comprendre la dimension maternelle de Ripley (maternité que Fincher creusera encore plus dans l'opus suivant puisqu'elle porte le monstre dans son ventre). Avec la scène supplémentaire sur la station Gateway, on apprend que son hibernation lui a volé sa fille qu'elle n'a pas vu grandir. Ainsi, son report affectif sur Newt, et son combat matriarcal contre sa "rivale" la Reine Alien, sont par conséquent investis d'une plus grande puissance allégorique. Toutes deux se battent pour leur progéniture. C'est quelque chose qu'on devine dans la version cinéma, là où dans la version longue, grâce à une simple petite scène en plus, ça devient pratiquement un axe structurant. En tout cas je trouve la symbolique vraiment passionnante et habile.
Oui pour la symbolique je l'ai bien vu comme ça aussi, mais bon ça c'est bon pour les critiques. Moi je préfère quand même la version courte. Pour moi, moins on en sait sur les personnages et leur destin, plus efficace est le film. L'intérêt d'Alien c'est qu'il fonctionne beaucoup sur le mystère et l'utilisation du hors champ. Enfin surtout le premier. Justement, comme tu le dis, ces scènes là, on peut les deviner. Ça fonctionne à un niveau inconscient. C'est d'ailleurs pour ça que pour moi les deux films suivants sont moins intéressants parce qu'ils en révèlent trop sur l'Alien et apportent trop d'explications sur les personnages.
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Re: La série "Alien" (1979-1997)

Post by BB_Vertigo »

Je trouve également que la version longue d'Aliens donne plus d'ampleur au film et en approfondit la thématique. Il n'y que la scène montrant la vie sur la colonie que je trouve superflue.

D'abord parce qu'elle casse un peu le rythme de la première partie, tout entière centrée autour du personnage de Ripley. Mais aussi parce que la réapparition des parents avec le facehugger accroché au visage du père et la réaction de Newt qui s'ensuit font tout droit sortis d'une série B/Z (c'est sympa de revoir le Derelict, par contre).
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Re: La série "Alien" (1979-1997)

Post by Anorya »

Comme je l'avais dit dans le topic Prometheus, je me suis revu donc récemment 3 des 4 films de la saga Alien. Rare bonheur de fan mais aussi toujours la joie de remarquer les petits détails d'univers qu'on aurait pourtant tendance à connaître sur le bout des doigts. :D


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"Ici Ripley, dernière survivante du Nostromo..."


Le premier Alien (1979) reste incroyable. La direction artistique est à elle seule une oeuvre d'Art, parfait signe d'un Scott en pleine grâce durant ses premiers films.
33 ans plus tard donc, Alien reste ce classique plus inquiétant qu'effrayant (sauf si vous le voyez pour la première fois de votre vie et là oui, la fameuse scène de naissance de la bête risque de sérieusement vous retourner). Scott joue la carte d'un quasi-perfectionnisme tant dans le visuel (du vaisseau terrien comme du vaisseau extraterrestre qui continue encore aujourd'hui de ne ressembler pratiquement à rien de connu, sans oublier la bête elle-même) que d'un point de vue sonore (le livre de Ian Nathan, Alien : génèse d'un mythe révèle d'ailleurs que sur ce point, Jerry Goldsmith avait crée une première bande originale très travaillée mais relativement classique dans sa forme, ce que Scott, presqu'au point de se brouiller avec son compositeur refusa violemment. Finalement, Goldsmith, excédé, créa très rapidement (*) une composition qui tient plus selon lui de la musique contemporaine et Scott adora. Il est vrai que de nos jours, on a du mal à imaginer une composition classique pour ce volet) ou de pure mise en scène (Scott avait d'ailleurs chronométré patiemment la partie finale, quand Ripley se retrouve à fuir un Nostromo en voie d'auto-destruction).


Là où le film reste encore brillant, c'est en instaurant un climat oppressant, riche, toujours inattendu et à la limite du malsain que ça en devient fascinant. Les allusions sexuelles voulues ou non affluent. Les détails abondent, toujours et toujours à chaque visionnage. Comme Sir Ridley Scott le disait dans une récente interview, le scénario est des plus basiques à la base (tellement basique que David Cronenberg se sentit pillé littéralement par un Dan O'Bannon qui avait dû visiblement voir et comprendre ses 2 premiers long-métrages qu'il était impossible de ne pas y voir effectivement du coup une certaine influence (**)) mais le tout fut adroitement dirigé vers une direction artistique de qualité qui fit nettement la différence.



(*) "ça m'a pris 10 minutes", raconte t-il en soupirant." (Alien, génèse d'un mythe - Ian Nathan, éditions Huginn & Muminn). :uhuh:

(**) Lire le sympathique Entretiens avec David Cronenberg de Serge Grünberg, éditions Cahiers du cinéma.




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"Eh mec, je sais pas si t'as bien regardé le match à la télé mais on vient de se faire torcher le cul."



Au risque d'énoncer une évidence bête et crasse mais là encore le film n'a pratiquement pas vieilli et reste cette monstrueuse bombe sans quasi aucun temps mort (il y a bien des moments de calme mais Cameron fait en sorte de doser habilement le film au montage et tout s'équilibre génialement. D'ailleurs vous en connaissez beaucoup des gens qui s'ennuient sur ce film ?). En dotant ce second volet d'un petit "s" après le mot Alien, James Cameron a tout dit et va multiplier et les créatures, et l'action tout en approfondissant subtilement la saga de deux manières.


Premièrement, en creusant le personnage de Ripley (jusqu'à l'évocation d'une fille que Ripley ne put jamais revoir dans la version longue et ainsi accentuer le côté maternel déjà tracé simplement mais d'une assez belle manière quand même dans la version courte). Deuxièmement, en essayant d'approfondir des questions soulevées par le précédent volet. Si l'on ne sait pas pour l'instant d'où venait le vaisseau ou quel était son but (Prometheus se charge sans doute d'apporter une petite réponse mais chut. A noter que l'épave du Derelict, le vaisseau extraterrestre abandonné ressurgit dans la version longue justement), Cameron se pose judicieusement la question : d'où viennent les oeufs ? Or chaque oeuf a forcément une origine. Et la Reine Alien de devenir la plus belle pierre à l'édifice qu'apporte Cameron à la saga. Et si tout le film est une pure bombe, toute la dernière demi-heure en devient carrément atomique (au propre comme au figuré d'ailleurs).



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"Mettons fin aux rumeurs, voici les faits."



Alien 3 en plus de connaître une génèse assez chaotique, eut une production mouvementée (David Fincher se fit virer avant la fin) et demeura pendant un temps l'épisode mal aimé... Avant qu'Alien Resurrection et bien plus sûrement les bidules Alien vs predator ( :| ) ne le fasse réévaluer. Mais respectivement (il fut mon épisode préféré avec le premier pendant longtemps) on peut comprendre ce qui déplut à une grande partie du public lors de sa sortie. Non seulement la noirceur était plus que totale (les survivants d'Aliens ? Ejectés nets dès le départ, hasta la vista) mais l'absence de happy-end et un aspect quasi-mystique durent en achever certains. Et pourtant, même charcuté, l'oeuvre tient miraculeusement sur ses jambes et s'inscrit dans une suite assez logique : Là où Ripley se révélait mère pour combattre une autre sorte de mère (en partant de la version longue d'aliens évidemment), elle avait cette fois la reine-mère alien en elle. Cette fois le combat s'inscrira dans un renoncement en forme de sacrifice (les plans finaux de ce troisième volet que je trouve assez émouvant au fond). Alien resurrection réintroduira une reine alien, mais qui donnera forme cette fois à un nouveau type d'Alien, Ripley redevant la mère qu'elle aurait pu être sauf que ce n'est plus la même Ripley...


Comme souvent dans la saga, un épisode s'inscrit dans le prolongement d'un autre (et ce même si dans l'ensemble chacun des réalisateurs a pu développer un style et une esthétique qui lui est propre) et apporte de nouvelles questions, de nouvelles surprises et réponses. Ici, l'alien n'attaque pas Ripley, sentant (suggestion d'un lien d'ordre télépathique entre les créatures, ce qui sera approfondi dans le volet suivant) qu'elle est elle-même parasitée de l'intérieur par une volonté plus qu'étrangère. La créature dans son traitement redevient plus bestiale, développant une intelligence qu'elle ne semble n'assumer que dans son individualité (en groupe comme dans Aliens, ils attaquent en masse mais sans spécifiquement se déployer un peu n'importe où même si certains, isolés, piègeaient assez facilement les égarés). Même son crâne redécouvre ce globe étrange occultant son cerveau et ses nerfs que Cameron avait retiré sur les aliens de LV4-26 (sans doute pour des raisons d'adaptation). Enfin, l'Alien s'adaptant le mieux à son environnement (il court sur toutes les parois comme s'il était doté de ventouses hyper puissantes le bougre), Fincher (j'ose penser que c'est lui) à l'ingénieuse idée de nous faire bénéficier de sa "vision" subjective étalée comme en 16/9e pour mieux nous immerger. Enfin esthétiquement, ça reste du bel ouvrage, de la SF soignée même si le réal', assez dégoûté commença à se méfier des gros studios comme la peste, jurant qu'on ne l'y reprendrait plus...

...Avant de mettre tout le monde à genoux avec Se7en l'année d'après. Mais ça, c'est une autre histoire.




Sinon donc, pas vu Alien resurrection, manque de temps et aussi d'envie tout bonnement. :fiou:
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julien
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Re: La série "Alien" (1979-1997)

Post by julien »

Anorya wrote:Le premier Alien (1979) reste incroyable. La direction artistique est à elle seule une œuvre d'Art, parfait signe d'un Scott en pleine grâce durant ses premiers films.
La grande idée du film, c'était d'ailleurs surtout d'avoir fait participer l'artiste Giger. Scott, a su donner vie à ses peintures surréalistes. Le pouvoir de fascination qu'exerce le film, même encore aujourd'hui lui doit beaucoup.
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Anorya
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Re: La série "Alien" (1979-1997)

Post by Anorya »

julien wrote:
Anorya wrote:Le premier Alien (1979) reste incroyable. La direction artistique est à elle seule une œuvre d'Art, parfait signe d'un Scott en pleine grâce durant ses premiers films.
La grande idée du film, c'était d'ailleurs surtout d'avoir fait participer l'artiste Giger. Scott, a su donner vie à ses peintures surréalistes. Le pouvoir de fascination qu'exerce le film, même encore aujourd'hui lui doit beaucoup.
True. Et il est dommage que les collaborations entre Giger et le cinéma ne se soient pas plus multipliées. Si je me revois La Mutante bien souvent, c'est surtout pour ce fabuleux artiste. :)
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