Walter Hill

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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AtCloseRange
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Re: Walter Hill

Post by AtCloseRange »

Shin Cyberlapinou wrote:

Rien que cette BA conçu pour la ressortie du film annonce la couleur.
Elle me fait flipper, cette BA. J'ai l'impression de regarder un snuff movie.
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Rockatansky
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Re: Walter Hill

Post by Rockatansky »

Facial recovery for Melanie Griffith
!! :mrgreen:
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AtCloseRange
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Re: Walter Hill

Post by AtCloseRange »

Rockatansky wrote:
Facial recovery for Melanie Griffith
!! :mrgreen:
Effectivement. C'était bien la peine...
Dale Cooper
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Re: Walter Hill

Post by Dale Cooper »

Vous pensez que si je commence un cycle Walter Hill, je devrais commencer par Roar ?
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Carlito Brigante
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Re: Walter Hill

Post by Carlito Brigante »

Dale Cooper wrote:Vous pensez que si je commence un cycle Walter Hill, je devrais commencer par Roar ?
L'avantage de Roar c'est qu'à lui tout seul il fournit l'intégrale Noel Marshall...
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Jeremy Fox
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Re: Walter Hill

Post by Jeremy Fox »

Driver chroniqué par Justin Kwedi à l'occasion de sa sortie en Bluray chez L'atelier d'image et de corporation.
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shubby
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Re: Walter Hill

Post by shubby »

Jeremy Fox wrote:Driver chroniqué par Justin Kwedi à l'occasion de sa sortie en Bluray chez Showshank Films.
"Nicolas Winding Refn tentera d’ailleurs maladroitement (...)"

Non.
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Jeremy Fox
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Re: Walter Hill

Post by Jeremy Fox »

Les Rues de feu par Justin Kwedi. Film sorti en Bluray chez Wild Side.
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Jeremy Fox
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Re: Walter Hill

Post by Jeremy Fox »

Driver - 1978

J'ai beaucoup apprécié l'exercice de style, l'ambiance musicale et photographique, la manière de filmer les rues et les poursuites en voitures nocturnes (d'une redoutable efficacité). Je ne me suis donc pas ennuyé grâce à forme mais en revanche je me suis totalement désintéressé de l'intrigue et des personnages. Je trouve le film formidablement classieux mais sans âme ou en tout cas bien trop glacial pour arriver à me captiver. Dommage.
Shin Cyberlapinou
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Re: Walter Hill

Post by Shin Cyberlapinou »

The Boogeyman wrote:Revenger (Walter Hill) / 1 • DTV, e-cinéma
D'un postulat très très très casse gueule, mais néanmoins original, Walter Hill se vautre complètement. La réalisation, toutes les interprétations, tous les dialogues, le montage, les incrustations bande dessinée... jusqu'aux bruitages des flingues, TOUT sonne toc et TOUT est moche. Michelle Rodriguez est aussi mauvaise dans son jeu grimée en homme qu'en femme. Le maquillage justement est extrêmement grotesque et l'effet totalement antinomique : faire interpréter le rôle d'un homme transformé en femme par une femme déguisée en homme ajoute à l'absurdité générale qui parcourt tout le film.

A partir du même scénario écrit par Hill, l'adaptation dessinée de Matz & Jef est plus convaincante, l'ambiance proposée, de polar crasseux et sexuel, plus ambiguë est bien plus intéressante. L'adaptation cinématographique elle est juste navrante et peut aisément intégrer l'univers "nanarland".
Sans hurler au nanar ce n'est effectivement pas jojo. Le pitch du tueur transsexuel malgré lui pose forcément la question du casting et Michelle Rodriguez était sans doute le moins mauvais choix, malgré un lourd problème de crédibilité durant les 20 premières minutes, même en nous mettant sous le nez une stouquette en latex (au moins Hill n'a pas fait dans la demie mesure).

Mais j'aurais pu excuser ce choix casse-gueule si l'ensemble n'était pas aussi cheap (ces gunfights... ), plombé par des acteurs livrés à eux-mêmes (Sigourney Weaver a sûrement voulu faire plaisir à Hill en souvenir d'Alien), des effets de montage ringards et un récit basique couvert de rustines narratives, un comble pour un cinéaste connu pour son sens de l'économie visuelle et scénaristique.

Autant Du plomb de la tête était malgré ses limites encore digne de son auteur, autant là c'est le naufrage, possiblement dû à une production pas à la hauteur (Saïd Ben Saïd tend souvent la main à des grands noms en fin de carrière, De Palma, Verhoeven, Cronenberg mais le résultat est rarement à la hauteur) ou tout simplement à l'usure. 3.5/10 pour une certaine pulp attitude mais il faut être de bonne humeur.
mannhunter
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Re: Walter Hill

Post by mannhunter »

Shin Cyberlapinou wrote:Autant Du plomb de la tête était malgré ses limites encore digne de son auteur, autant là c'est le naufrage
pas encore vu "Revenger" mais ça promet :? , déjà que j'étais ressorti attristé de ma séance "Du plomb dans la tête"... :cry:
nobody smith wrote:Image

Les Rues De Feu… une mauvaise pioche. J’ai bien l’impression que le film est aux adolescents des 80’s, ce que Les Goonies est pour les enfants de la même décennie. Soit un ouvrage culte qui procure un gros panard à ceux qui l’ont vu à l’époque mais pour les autres, ça apparaîtra comme un objet un brin miteux. le film mise tout sur l’ambiance et l’emballage sans se montrer très regardant sur une intrigue (celle-ci tient sur un timbre-poste). Ça aurait bien fonctionné si il avait su rendre pleinement justice à son concept de fable rock’n’roll. C’est que Les Rues de Feu pourrait s’apparenter à une sorte de hardboiled musical. La musique est ici un élément central mais les pas de danse ont été remplacé par des courses poursuites et des bastons. Or le film coince là-dessus à cause d’une mise en scène absolument pas au niveau. Je veux bien émettre des réserves sur mon avis ayant vu le film en version recadrée mais la mise en scène me semble trop pantouflarde. Les chorégraphies sont de même assez insignifiantes. le casting fait mal : Michael Paré a un charisme d’une endive, Willem Dafoe semble s’échapper d’un épisode de Twilight, Bill Paxton a une tête à claque (pas étonnant qu'il se prend un pain sur deux de ses trois apparitions) et Rick Moranis… ben Rick Moranis. Au moins, ça fait ressortir tout le charme de Diane Lane.
D'accord avec ça et notamment en ce qui concerne le casting...j'ai essayé le revoir en Blu Ray récemment mais non ça ne passe toujours pas...j'en reste donc à "Driver" et aux "Guerriers de la nuit".
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Profondo Rosso
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Re: Walter Hill

Post by Profondo Rosso »

Extrême Préjudice (1987)

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Jack Benteen, membre de la Texas Ranger Division, lutte contre le trafic de drogue et l'immigration clandestine dans une petite ville texane frontalière avec le Mexique. Or le chef des trafiquants, Cash Bailey, est un ami d'enfance du Ranger et l'ancien amant de sa femme, Sarita Cisneros, d'origine mexicaine. Pour compliquer la situation, un commando de vétérans de la guerre du Viêt Nam, avec pour chef Paul Hackett, est envoyé par la CIA pour tuer Bailey...

Le premier fait d'armes de Walter Hill fut le scénario qu'il écrivit pour Guet-apens (1972) de Sam Peckinpah d'après Jim Thompson. Par la suite il ne cessera de s'inscrire dans la tradition du réalisateur franc-tireur perpétuée par Peckinpah, revisitant les genres emblématiques du cinéma américain tout en en donnant un contenu encore plus direct. Avec Extrême Préjudice, Hill paie plus explicitement encore son tribut à Peckinpah dans un film qui revisite le mythique La Horde sauvage (1969). Les scènes miroir (le scorpion, le dantesque gunfight final), certaines interactions entre les personnages (l'affrontement entre anciens amis et/ou frères d'armes) et le cadre de la frontière mexicaine figurent parmi les réminiscences les plus visible. Cependant (hormis ses incursions dans les westerns où il est curieusement moins aventureux) lorsque Walter Hill se confronte aux archétypes du cinéma classique c'est toujours pour se les réapproprier à l'aune d'une vision personnelle. Le Bagarreur (1975) brille par une sécheresse au diapason de son héros peu loquace (les actions du personnage tout comme le déroulement limpide de l'intrigue parlent plus que les mots ou les séquences superflues), The Driver est un squelette conceptuel e film noir tandis que Les Guerriers de la nuit (1979) ou Les Rues de feu (1984) enrobent de pures trames de western d'un contexte urbain fantaisiste et pop. Cette confrontation du moderne et du classique est également au cœur d'Extrême Préjudice.

Le Texas Ranger Jack Benteen (Nick Nolte) incarne ainsi la tradition du shérif taciturne et solitaire qui va se confronter à une menace moderne avec ce commando bardé de technologie. Les morceaux de bravoure de pur western (la scène d'ouverture réminiscence de celle de Rio Bravo (1959)) et les dialogues du shérif Hank Pearson (Rip Torn) illustrent ainsi une forme de nostalgie d'un temps où la justice était simple à rendre, les problèmes moins complexes à résoudre. Le vol de bétail ou les conflits de propriétaires terriens ont laissés place au trafic de drogue, le hold-up au centre de l'intrigue relève de motivations complexes et pas pécuniaire, le Mexique fantasme de richesses et d'aventures (La Horde sauvage encore mais aussi Vera Cruz (1954), Aldrich autre modèle franc-tireur de Hill) est perverti par l'ascension du charismatique Cash Bailey (Powers Boothe). Cette souillure du mythe est la plus évidente dans la caractérisation du commando. Hill introduit ses barbouzes de façon truculente tout en soulignant leur background dans la scène d'ouverture où les retrouvailles chaleureuse sont entrecoupées de leurs faits d'armes de mercenaires invisibles. Le professionnalisme sans faille se conjugue ainsi à la franche camaraderie qui nous les rend sympathique dans les préparatifs de leur nébuleuse mission. Hill rejoue donc la carte de l'équipe attachante et efficace en action à la frontière mexicaine sauf qu'au pur appel de l'aventure de classiques reprenant ce postulat (en plus de Peckinpah et Aldrich on peut compléter avec Les Professionnels de Richard Brooks (1966)) les personnages servent (ou en tout cas pensent) l'Etat. Les ordres du plus ambigu chef Paul Hacket (Michael Ironside) sont suivis aveuglément "pour la patrie" malgré les doutes alors que l'appât du gain, l'exaltation du danger et l'amitié guidaient les anciens archétypes dans une destinée individuelle et collective. Walter Hill nous sert ainsi des "héros" au service de l'Amérique du Watergate, de l'interventionnisme douteux et des méthodes discutables dans la guerre contre la drogue - sujet qui occupe tous le film de Richard Brooks d'ailleurs. Il faut attendre le grand final où ils retrouvent leur libre-arbitre pour que le réalisateur leur offre un baroud d'honneur flamboyant répondant à celui de La Horde Sauvage.

Nick Nolte en impose sacrément en héros taiseux et fait habilement passer les nuances de son conflit moral à travers l'amitié déçue avec Powers Boothe. On sent la patte de John Milius (auteur de l'histoire le projet datant du début des 70's) dans les savoureux échanges entre les deux personnages, tout en amicalité menaçante et testostérone. Le duel final n'en est que plus intense. Le seul point faible du film est dans son personnage féminin Sarita (María Conchita Alonso), simple objet que se disputent les deux protagonistes. Alors certes ce n'était pas beaucoup mieux dans La Horde sauvage mais au moins Peckinpah assumait son cadre machiste (contredit dans d'autres films comme Un homme nommé Cable Hogue (1970)) et l'on ne se posait pas de question à voir la mexicaine se résumer à la prostituée et la mère de famille. Là Walter Hill amorce un semblant de problématique de couple et de caractérisation intéressante de Sarita puis évacue le tout (en gros Nolte et Boothe sont rivaux sexuels plus qu'amoureux car Boothe a possédé Sarita le premier) pour la réduire à la potiche. Hormis ce souci, Hill signe un de ses meilleurs films notamment dans des morceaux e bravoure au découpage (la scène d'embuscade) et à l'ampleur impressionnante, un pied dans l'ancien (les ralentis à la Peckinpah en moins opératique mais John Woo arrive avec Le Syndicat du Crime (1986) et l'autre dans le moderne de l'actionner viril 80's. 4,5/6
Shin Cyberlapinou
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Re: Walter Hill

Post by Shin Cyberlapinou »

Etonnant quand même que (sauf erreur) Hill n'ait toujours pas eu de bouquin (en anglais ou en français) qui explore son cinéma un peu en profondeur, pourtant il a plus d'un film culte sous le bras. Même Tony Scott (cinéaste qui m'est tout à fait sympathique mais dont l'oeuvre ouvertement pop corn ne se prête -a priori- pas à un décorticage sur 300 pages) commence à avoir des trucs qui lui sont consacrés. Un peu trop vieux pour les cinéphiles dits alternatifs?
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AtCloseRange
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Re: Walter Hill

Post by AtCloseRange »

Shin Cyberlapinou wrote:Etonnant quand même que (sauf erreur) Hill n'ait toujours pas eu de bouquin (en anglais ou en français) qui explore son cinéma un peu en profondeur, pourtant il a plus d'un film culte sous le bras. Même Tony Scott (cinéaste qui m'est tout à fait sympathique mais dont l'oeuvre ouvertement pop corn ne se prête -a priori- pas à un décorticage sur 300 pages) commence à avoir des trucs qui lui sont consacrés. Un peu trop vieux pour les cinéphiles dits alternatifs?
Scott est resté actif et bankable jusqu'au bout. Hill est has been depuis 30 ans.
Shin Cyberlapinou
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Re: Walter Hill

Post by Shin Cyberlapinou »

Pas faux, mais John Carpenter, qui lui aussi a eu du mal à aborder les années 90 et n'a jamais eu à son actif le succès d'un Alien ou d'un 48 heures, jouit d'un immense crédit critique, même Larry Cohen, qui serait le premier à reconnaître qu'il est un "petit" cinéaste a eu 2 ou 3 bouquins le concernant au moins aux USA. J'en viens à penser que c'est une question de positionnement, là où Carpenter a un style reconnaissable (Scope en panavision, travellings coulés, musique au synthé, Kurt Russell à son meilleur, récurrence du desperado cynique...) Walter Hill est perçu comme le chainon manquant entre Sam Peckinpah et mettons un cinéaste "anonyme" à la Richard Donner (à qui au moins un livre a été consacré... ), je m'étonne qu'il n'ait pas été plus décortiqué malgré des hommages à la Cinémathèque et ailleurs. A noter que je suis un défenseur de films moins cultes/marquants tels que Dernier recours, Un seul deviendra invincible (qui a quand même accouché d'une attachante franchise dtv) ou même Du plomb dans la tête.